Et la nuit sera calme

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Crédit : Franck Beloncle

Et la nuit sera calme, d’après Les Brigands de Schiller, adaptation de Kevin Keiss, mise en scène d’Amélie Énon.

Les comédiens -mélangés au public mais  on ne les remarquait pas- surgissent du premier rang et enjambent la scène, et, comme s’ils prêtaient serment ou signaient un pacte, se couvrent la tête d’un bas et s’éparpillent dans la forêt.
Le plateau vide est cerné de planches de bois brut, découpées sur toute la longueur de l’arbre, appuyées de sol à plafond (scénographie de Maxime Kurvers) . Ces planches  en demi-cercle  délimitent l’espace plateau, entre le dedans et le dehors comme le feraient des pendrillons, et le dehors reste à vue.
Et l’histoire s’engage, librement adaptée des Brigands, grand texte du romantisme allemand : celle d’un vieux comte, père de Karl et de Frantz, deux frères ennemis, portant ici la fraise de plis et de godrons comme signe de distinction et de pouvoir. Fougueux et cherchant à brûler sa jeunesse, Karl, l’aîné, déserte la famille pour vivre sa vie et délaisse Amalia, qui lui est destinée et qui l’attend. «Il est en voyage», dit-on.
Frantz, le cadet, romantique en apparence mais en fait cynique à souhait, intrigue et discrédite Karl auprès du père, qui, un temps, le renie. Un messager, très kitch, lui annonce même sa mort, entraînant, chez le vieil homme, doutes et remords. « L’espoir me torture », reconnaît-il, troublé par un songe.
Karl, affecté par la rupture d’avec son père, erre dans la forêt à la tête d’une bande de malfrats et fait autorité : «Qui parle quand je commande?» hurle-t-il, alors que s’inventorie le butin. Et Frantz continue à comploter,  vise à abréger la vie de son père et prépare sa sépulture. Le vieil homme pas même refroidi, Franz met  la fraise de plis et de godrons, et se sacre lui-même, approchant Amalia pour la séduire de force, rien moins que par le viol. La scène est savoureuse: la jeune femme prend le dessus, laissant le nouveau couronné, piteux, et lui lance l’anathème : « Mourez, vieux démon ».
Puis, vient pour Karl le temps de la reddition et le serment fait à ses compagnons : « Je ne vous abandonnerai jamais », suivi du retour du fils prodigue: «Père, je m’avance vers toi». Il prend acte alors de sa mort et des manœuvres de Frantz, se dissimule lorsqu’il rencontre Amalia qu’il ne reconnaît pas, et qui s’en trouve éperdument blessée. La pièce se termine dans le sang.
Schiller écrit Les Brigands à vingt-et-un ans,  alors qu’il sort de l’internat en médecine, et qu’il s’apprête à devenir médecin militaire; il est en révolte et exprime sa rebellion par l’écriture. La pièce est une métaphore de la jeunesse et de la révolte, du pouvoir, de la quête de liberté et de la recherche d’un certain idéal : « Tout pour tous, vive la liberté » ! proclame Karl.
Kevin Keiss a travaillé sur plusieurs niveaux de langage, désacralisés, et  parfois crus; il  joue de contrastes qui soufflent le chaud et le froid : « Coupe, espèce de zozo »  lance un acteur à un  technicien et, comme le dit si bien l’un d’entre eux : « Les mots ne veulent plus rien dire ». Amélie Énon reprend ces différents niveaux d’interprétation, croise les histoires et joue du théâtre dans le théâtre. On frôle Shakespeare, on est même dedans, avec la séquence des brigands-comédiens, interprétant une saynète, comme dans Hamlet, pour détourner l’attention de Frantz. On assiste aux préparations, travestissements et maquillages de clowns.
L’écriture scénique se construit avec  les lumières de Manon Lauriol et le son de Vassili Bertrand -notamment ses chœurs- autour de gestes en échos et de certaines correspondances. Ainsi : quelqu’un tue, la pluie tombe ; Amalia dans le fauteuil roulant du comte, témoigne du pouvoir usurpé par Frantz; ce dernier, l’auto-proclamé, reprend la position extravagante du père, sur la chaise. Ces signes de théâtre parlent et aident à structurer un ensemble un peu brouillon.
Il y a des trouvailles, comme le cadavre du père  sur une grande planche posée sur des tréteaux qui barre le plateau, et qui se métamorphose en Paulo ; le portrait d’Amalia, réalisé par Karl, prenant la pose; un vieux pick-up dont sort Le Chant du pirate, interprété par Edith Piaf ; le sol qui se soulève, poussé par les vents, avec effets de vagues et de reliefs ; les robes de carnaval et la berceuse de Karl ; la mise en action, au final, de ces  planches appuyés au sol, quand l’action se resserre. Au-delà de ces signes, on est tout au long du spectacle, ballotté de jeu à hors-jeu, à la recherche d’un degré de lecture et d’une pertinence.
La Compagnie Les Irréguliers est un collectif:  Selin Altiparmak, Jérémie Bergerac, Vassili Bertrand, Hugo Eymard, Julien Geffroy, Maxime Kurvers, Mexianu Medenou, Malvina Morisseau et Charles Zévaco sont les acteurs de cette aventure, complexe à maîtriser, et encore jeune. Il y a dans le jeu, des choses non abouties, un peu trop d’à-peu-près, mais, dans la démarche,  une vraie tentative, celle d’un récit qui se raconte.

Brigitte Rémer

Théâtre de la Bastille, jusqu’au 13 avril, sauf les 19, 25, 30, 31 mars et les 1er et 8 avril . www.theatre-bastille.com


Archive pour mars, 2013

Jeux de cartes 1: Pique

 

 

Jeux de cartes 1: Pique file_1464_cartes_pique-5

©Erick Labbe

 

Jeux de cartes 1: Pique, textes de  Sylvio Arriola, Carole Faisant, Nuria Garcia, Tony Guilfoyle, Martin Haberstroh, Robert Lepage, Sophie Martin, Roberto Mori, dramaturgie de Peter Bjurman,  en français, anglais et  espagnol surtitrés, mise en scène de  Robert Lepage.

 

Quelques années après qu’il ait  débuté au Québec, sa fameuse pièce La Trilogie des dragons connaît un succès fabuleux un peu partout dans le monde. Robert Lepage est à la fois, le plus souvent, auteur du texte de ses pièces, metteur en scène, acteur mais aussi réalisateur de quelques films. Il a créé,depuis quelque vingt ans qu’on le connait en France, nombre de spectacles qui furent très remarqués comme, entre autres,  Le Polygraphe (87) et Les Plaques tectoniques (88), Les Aiguilles et l’Opium(91) La Face cachée de la lune (2000). Et, en 2008,  pour le 400 ème  anniversaire de Québec où il est né, Robert Lepage créa Le Moulin à images,  fresque audiovisuelle projetée la nuit sur des silos à grains  du port, sur cinq cent mètres  de longueur et trente mètres de hauteur, où il racontait l’histoire de sa ville.
 Chaque fois, Robert Lepage reconstruit son espace  dans les salles modulables qui lui sont proposées. Avec une forte implication dans les nouvelles technologies. Comme le dit son remarquable scénographe Jean Hazel, “Robert est un metteur en scène extrêmement sensible à l’espace. Il adore mettre tous ses collaborateurs sur la corde raide, y compris les scénographes”. Imaginez ici les Ateliers Berthier avec un dispositif essentiellement bi-frontal, quadri-frontal si l’on veut, puisqu’il y a quelques rangées de spectateurs devant chacune des deux tables de régie. Au milieu, un scène ronde absolument plate avec un  parquet, petit bijou scénographique, muni d’une bande tournante à la périphérie « Le jeu de cartes dit Robert Lepage invitait à ce rassemblement autour d’une table en rond.(…) Mais quand nous avons commencé à développer le spectacle, nous avons eu besoin d’un carré au centre d’un rond: le symbole de la civilisation, de l’homme qui s’impose sa mathématique dans un monde plus organique ».
Ce plateau rond comporte donc  un carré central, avec une petit plateau qui descend à la demande, de nombreuses trappes, de petits escaliers, des portes qui se dressent à l’instant précis où l’on en a besoin, et une foule d’accessoires qui surgit des profondeurs du sol, comme par magie, que ce soit un lit deux places, un bar avec ses bouteilles, etc… Au-dessus du plateau, un grill comportant quatre écrans vidéo rétractables en hauteur, et des accessoires comme douze chaises en altuglass transparent. Magique, mais, bien entendu, il n’y a pas, là-dedans, plus de magie que de beurre en broche mais un travail souterrain  de plusieurs excellents   techniciens, qui, munis de casques audio, puisqu’ils ne voient pas grand chose, font, sans doute courbés en deux, un travail de virtuoses pour donner toute sa continuité à un spectacle composé de très courtes séquences.
 Et, comme toujours chez Lepage, le son, la lumière, et les images vidéo  jouent un rôle considérable- on peut imaginer la difficulté et la précision des réglages et des implantations,  pour que l’ensemble puisse fonctionner avec le jeu des acteurs. Il y a toujours eu chez Lepage, une sorte de cosmogonie personnelle proches où on sent le géographe qu’il était tout jeune.
file_1461_cartes_pique-2Et on regarde fasciné ces courtes séquences qui s’enchaînent dans un incessant  ballet d’acteurs et d’accessoires, d’écrans vidéo et de lumières pendant deux heures quarante…qui sont  destinés à produire un espace poétique dont les multiples combinaisons, devraient faire naître un univers poétique d’envergure sur le thème de la guerre. Guerre entre  individus, entre couple,  jeu de cartes sur tapis verts et machines à sous de  Las Vegas/ métaphore de la guerre, et guerre réelle cette fois à Bagdad, avec discours à la nation du sinistre Bush, auto-proclamé défenseur des valeurs de la démocratie américaine.
Jeux de carte 1: Pique obéit à de très fortes contraintes scénographiques-puisque comédiens et régisseurs sont enfermés pendant plus de deux heures dans un espace très peu haut de plafond- ce qui n’est sans  doute pas pour déplaire  à Robert Lepage qui semble s’amuser comme un fou à cette suite de petites scènes parfois muettes, la plupart à deux personnages. (De toute façon, il n’y a que six acteurs pour incarner, le temps de ces très courtes scènes) et on pense inévitablement au fameux Shorts Cuts d’Altman réalisé il  y a vingt ans et  adapté de Raymond Carver avec ses nombreux  personnages et l’entrelacement de différentes plusieurs histoires. Ici, ce sont des soldats, hommes d’affaires, femmes de chambre et groom d’un grand hôtel réunis au tour d’un buffet/dîner pour le personnel, un couple dont le mari est accro au jeu, etc. C’est, servi par des acteurs exemplaires, bluffant de vérité. 
Et cela fonctionne? Oui et non. Oui, par exemple,  dans cette scène très orageuse où un mari qui a tout perdu  au jeu retrouve sa femme sa chambre d’hôtel qui lui apprend qu’elle vient  de passer la nuit à faire l’amour avec un autre et qu’elle va le quitter, ou cette scène très  violente où un homme d’affaires danois qui menace avec un revolver, une très jeune pute en soutien-gorge et porte-jarretelles de cuir noir cloutés. Elle va,  à sa demande va lui lier les mains avec une ceinture de peignoir et  finit par lui enfoncer le revolver dans la bouche et tire, avant de lui subtiliser tout son argent.
Il y a aussi ce viol d’un jeune militaire par ses copains et cet entraînement de soldats danois à la  fouille dans un faux village irakien…  Mais le plus souvent, comme dans ces scènes de bar, qui reviennent plusieurs fois, le texte de ces petits dialogues,  qui manque singulièrement d’unité, semble sorti tout droit d’improvisations et n’a rien de bien  convaincant; bref, ces flashs de scènes de vie quotidienne font souvent long feu….

Mais, comme il se passe toujours quelque chose sur le plateau et que l’on est fasciné, comme des enfants, par cette incessante transformation du décor, que les acteurs sont immédiatement crédibles et ont une grande présence, on ne s’ennuie pas tout à fait, sauf dans la dernière heure, où on a l’impression de faire du sur-place et où cela devient  vraiment longuet, surtout à la fin qui semble  se perdre dans un tourbillon de fumée rouge aspirée vers le haut …Et cela se termine sans que cela finisse vraiment! Cette dernière scène est très réussie sur le plan esthétique mais inutile,  et l’on peine à en trouver le véritable sens.
Au final, un spectacle d’une grande beauté esthétique mais, côté texte, Lepage nous avait habitué à mieux! Mais quelle mise en scène-parfaitement maîtrisée jusqu’au bout-et quelle direction d’acteurs! Sylvio Arriola, Nuria Garcia, Tony Guilfoyle, Martin Haberstroh, Sophie Martin, Roberto Mori sont tout à fait remarquables. Et quelles lumières (Louis-Xavier Gagnon-Lebrun), quelle conception sonore (Jean-Sébastien Côté) ! Mais dommage, cela tourne un peu à vide. D’habitude, un  Robert Lepage, cela vaut toujours le coup d’y aller voir mais, cette fois, on est déçu et le compte n’y est pas. Mais, comme ce Jeu de cartes:1 Pique est le premier volet d’une série de quatre,  (suivront Cœur, Carreau, et Trèfle),  on peut encore avoir de l’espoir…Robert Lepage, avez-vous du cœur? On verra bien…

Philippe du Vignal

Ateliers Berthier/Odéon, jusqu’au 14 avril.

L’immédiat

 

L’immédiat conception de  Camille Boitel.

«Il semble que l’homme est un tissage de défaillances, d’accidents et de déséquilibres… Nous nous levons… la chute nous guette …partout l’immense croche-patte du monde ». Pour Camille Boitel, l’ordre de choses ne va pas de soi : tout nous échappe, et nous-mêmes nous glissons, nous tombons. Le tout est de se relever. Et, c’est avec jubilation,  que nous assistons à un exercice d’équilibriste déséquilibré, à un joyeux désastre.
Dans un grand capharnaüm d’objets qui se démantibulent, tombent du ciel, oscillent,  comme animés d’une vie indépendante, les corps de  circassiens, hommes et femmes confondus, luttent contre le bris des choses, la pesanteur, l’apesanteur, pantins mus par des forces centrifuges. Ils apparaissent et disparaissent dans un ballet de pendrillons baladeurs, d’armoires à double fond, et de divers engins à roue.
Et ça ne s’arrête jamais. Ils ont beau, avec de grands balais, déblayer les amoncellements de chaises, armoires, déchets… le désordre revient toujours: le monde est de guingois, jusqu’au théâtre lui-même qui bruit et s’agite de partout, des cintres aux couloirs. Et, au final, l’homme sera englouti sous un amas de détritus d’objets manufacturés. Mais ce n’est pas grave, il s’en remettra, paraît -il.
Acrobate, danseur, comédien, musicien, formé à l’école d’Annie Fratellini, Camille Boitel aux commandes de la compagnie Lamèreboitel, fait surgir des figures plutôt que des personnages à l’instar de cet Homme de Hus qui lui valut le prix Jeunes talents du cirque en 2002. Sous sa conduite, les acrobates sont comme les rouages d’une énorme mécanique infernale.

Il utilise en effet le cirque pour évoquer en filigrane la surconsommation et  la place de l’individu dans la société
mais  L’immédiat n’a rien de démonstratif. Y président la malice, la cocasserie, et surtout un « humour désastreux et désastré ». Un spectacle salvateur qui donne à rire de nos petits ou grands malheurs !

Mireille Davidovici

Nouveau théâtre de Montreuil jusqu’au  4 avril. T : 01-48-70-48-90

 

L’immédiat

© Cauvet


 

La Mort de Marguerite Duras

La Mort de Marguerite Duras  d’Eduardo Pavlovsky, traduction de Françoise Thanas , mise en scène de Bertrand Marcos.

 La Mort de Marguerite Duras  sermadiras-300x200Eduardo Pavlovsky , psychiatre argentin, (79 ans) est  aussi acteur, et  a écrit quelque vingt pièces,  régulièrement jouées en Amérique latine et en Espagne mais très peu connues  chez nous, à part  Potestad et La Mort de Marguerite Duras qui ont été traduites en français. Le  théâtre de Pavlovsky est teinté d‘absurde  et marqué par une réflexion sur la violence institutionnelle de groupes paramilitaires  et des officiers  qui avaient pris  le pouvoir dans son pays en 76.
On retrouve ici ce même sentiment d’absurde  dans la vie de ce vieux  boxeur qui médite sur la condition humaine et la mort, en regardant l’agonie d’une mouche qu’il va appeler Marguerite Duras. Après la disparition de Wladsilaw Znorko et de Jérôme Savary il y a quinze jours, cela fait une occasion de plus de nous rappeler que nous sommes tous mortels …Le vieil homme à la barbe blanche, pieds nus en grand manteau noir ,nous parle de moments de sa vie passée: d’abord ses débuts  dans la boxe, puis un séjour à l’hôpital mais aussi  ses amours, à l’érotisme violent, avec une très jeune fille, et du cauchemar de la dictature.
Dans un beau décor-imaginé par Jean-Luc Chanonat:  sept panneaux gris qui laissent passer  des raies de lumière-il y a un seul comédien, Jean Paul Sermadiras  qui dit, avec beaucoup de pudeur et  une heure durant,  les angoisse du vieil homme face à la mort. La voix est parfois off et il y a juste  un dialogue-très juste et très poignant- avec la voix enregistrée de sa femme jouée par Anouk Grinberg.
Ce n’est peut-être pas un immense texte mais on découvre un auteur à l’humour parfois cinglant, et on se laisse prendre au jeu précis et sensible de Jean-Paul Sermadiras, bien dirigé par Bertrand Marcos, jeune metteur en scène.
Bon voilà! Cela peut faire quelques raisons de monter, un dimanche soir, jusqu’à ce petit théâtre, calme et propice aux confidences de ce genre.

Philippe du Vignal

Manufacture des Abbesses 7, rue Véron 75018 Paris M° Abbesses  au 24 avril 2013. Les dimanches, lundis, mardis , mercredis à 21h T: 01.42.33.42.03

Attifa

Attifa de Yambolé, conception et écriture de Valérie Véril, mise en scène de Philipe Nicolle.

Attifa 332516_2654729808476_1262756120_33141368_1947434132_o-960x721Dans la tradition des contes africains,  Valérie Véril a écrit ce solo qu’elle joue, en grand pagne et,  avec juste,  un petit siège en bois et une table couverte d’une nappe en patchwork où elle a disposé quelques  percussions dont elle se servira au cours de son récit.
C’est l’histoire,  si l’on veut,  d’une petite fille  qui “cherche à se délivrer du grand chagrin qui pèse sur son cœur: celui de n’avoir pas donné à sa mère un dernier baiser, le jour où dans la grand forêt, elle disparut à tout jamais”.

Les hommes et les femmes, leurs  noms et prénoms, comme  les paysages,  sont africains mais  c’est, en fait,  un conte sur le racisme ordinaire,  avec une  caricature féroce de touriste-une Marie-Chantal européenne découvrant une autre civilisation-du genre :“ L’Afrique est un pays cruel”. “ Il ne faut pas les juger, il sont différents”. “Ils n’ont pas les mêmes critères de beauté que chez nous”. “Il n’y avait pas de vin au menu, mais de la bière comme en Allemagne. “Les salutations à l’africaine, c’est spécial et cela dure très longtemps”.  “Ils se ressemblent tous beaucoup”.  Avec une généralisation systématique à partir de faits réels et une mise au pluriel  des sentiments (“ils”) qui frise un début de bon racisme.
Il y a aussi l’évocation de  séjours centrés sur l’humanitaire,  où la Marie-Chantal de service qui se pose plein de questions concernant sa présence en Afrique, fait remarquer “que cela doit tout de même rester des vacances”. et “qu’une partie des dépenses est déductible des impôts”.C’est souvent drôle, et rappelle bien des choses surtout quand on a vécu au Bénin,  et cela fourmille de remarques aussi stupides que vulgaires, au second degré bien entendu : “Nafisssatou, comme celle de DSK , sauf que je l’avais écrit avant lui”.
Un cocktail de culpabilité (nos anciennes colonies), de léger mépris et d‘incompréhension  mais aussi de naïveté mêlée de bêtise, copieusement parfumé à l’ethnocentrisme: “J’ai voulu créer un spectacle sur les préjugés et les stéréotypes raciaux incrustés dans l’inconscient collectif” dit Valérie  Véril. Et c’est souvent assez bien vu dans son jeu décalé et  dans la  direction d’acteurs de Philippe Nicolle, le directeur de la compagnie des 26.000 couverts.
De là , « à nous interpeller sur notre propre vécu »! Là, cela  fonctionne moins bien, surtout quand Valérie Véril essaye de faire chanter et mimer le public, d’autant que le spectacle est quand même un peu long pour le conte qu’il prétend être. Et Nicolle aurait pu  nous épargner  un début pénible où, dans  la ligne du théâtre dans le théâtre des 26.000 couverts, la comédienne nous  avertit que le spectacle,  suite à une erreur dans le texte de présentation et à une mauvaise coordination entre la compagnie et le Grand Parquet, le spectacle est en fait destiné à un public non en-dessous mais au-dessus de quatorze ans!

Alors à voir?  Ces soixante-dix minutes passent assez vite mais le texte-un peu bavard-nous laisse  quand même  sur notre faim , et le spectacle aurait  beaucoup  gagné à être resserré… Donc à vous de voir.

Philippe du Vignal

Le Grand Parquet, 35 rue d’Aubervilliers 75018 Paris Métro Stalingrad, jusqu’au 31 mars.

Le 20 novembre

Le 20 novembre de Lars Norén, traduction de Katrin Ahlgren,  adaptation  et mise en scène de Brigitte Haentjens.

 

Le 20 novembre  novembre20securedownloadCréé en français en 2007 quand  Norén, auteur suédois bien connu, avait  dirigé Anne Tismer au festival de Liège, ce monologue  a vu le jour à Montréal en 2011. C’est l’histoire d’un jeune Allemand, (Christian Lapointe), qui nous lance froidement un défi.Le regard glacial,  un gros sac bourré de tout le nécessaire pour mettre fin aux jours d’une petite communauté d’élèves,  il est là devant nous, nerveux, tendu, inquiet,  avec le regard d’un  fauve, tout à fait  dans le sillage de ces autres êtres profondément troublés (Ingeborg Bachmann et  Sylvia Plath), et dont la vie tragique avait déjà attiré l’attention de la  metteuse en scène montréalaise.
La pièce est inspirée des notes et d’un film postés sur YouTube par  ce  jeune  de 18 ans, peu avant de tuer  élèves et professeurs de son ancienne école. La matière est donc authentique mais Norén explore le  comportement du jeune homme  et essaye de comprendre les causes de cette mise à mort collective qui a choqué le pays tout entier. Le monologue de Norén devient une rencontre en temps réel, entre le public et le jeune homme, une heure avant son geste meurtrier.
Le voici, avec son fusil, gesticulant, hurlant ou parlant plus doucement, quand il affirme : « Il n’y a plus de retour  » « Je ne peux plus vivre parmi vous ». Il estime avoir le droit de  se venger  de cette société bourgeoise qu’il déteste, puisque, selon lui, elle l’a blessé et brûlé. Les explications de sa révolte seraient presque banales. Mais,  grâce à Christian Lapointe, la manière qu’il a de livrer des déclarations confuses met en évidence notre impuissance. Dès que l’acteur  disparait brusquement, c’est la fin, mais le public  ne bouge pas. On ne sait pas s’il faut applaudir ou  s’en aller discrètement.
Il y a, en fait,  dans ce spectacle, une  certaine confusion esthétique. D’abord, la présence  de l’acteur a quelque chose de tellement fort que l’effet de réel est presque parfait, du moins pour ceux qui n‘ont jamais  vu une pièce de Lars Norén, ni  Christian Lapointe. Les spectateurs étaient sidérés par ses envolées délirantes, ses plaintes , sa rage contre un système qui n’a pas permis à un jeune de vivre sa vie librement. Sébastian est un écorché vif qui porte tous les maux de sa génération. Il insiste souvent: « Je ne suis pas nazi « . Mais le poids de l’histoire allemande semble  trop lourd à porter pour cette jeunesse, même après tant d’années.
Curieusement, dans le même souffle, il  développe en effet  un discours xénophobe et raciste,  inspiré de celui des skinheads, pour se réapproprier un passé dont on ne parle plus, pour défier les bien-pensants qui ne veulent pas le voir. Les contradictions sont flagrantes et suffisent à faire comprendre la confusion qui règne dans cette tête,  brûlante de haine,  contre les professeurs, les parents, le système….
Pour le prouver, il menace le public : « Vous allez voir « ,  » Vous allez payer « ,   » Cela suffit maintenant « . Son regard est pénétrant, terrifiant. Il nous fixe des yeux et nous empêche de regarder ailleurs. Sa vengeance a déjà commencé et nous  n’avons pas la possibilité de nous enfuir. Mais le jeu  de Christian Lapointe finit par  tomber dans  une vision  hyperthéâtrale qui neutralise l’effet de réel et change radicalement nos rapports avec cette figure inquiétante. L’horreur de la situation ne nous bouleverse plus et il est évident que l’acteur fait alors semblant.
Sebastian a une  voix d’ange exterminateur :  » Je ne serai pas le dernier », et le voilà visionnaire qui annonce les autres victimes qui suivront. La colère et le délire s’installent. Il saute comme un animal, lèche l’eau dans une assiette comme un chien. Il ouvre la bouche mais sa voix se bloque. Avec un ton de menace à peine voilée,  il invite  des spectateurs à parler: « Vous avez quoi comme voiture?  » Pour qu’ils étalent leurs habitudes de consommation au grand jour, question de leur faire honte et de les punir! Le public est invité à parler mais  on le lui refuse!  Aucun échange en effet entre l’artiste et le public n’est prévu dans le texte: la dictature des institutions  enlève la liberté de parole … Tout n’est que paraître et on  ne peut  plus avancer….
Nous connaissons en effet la suite de l’affaire; nous comprenons les mobiles de son choix de vie. Il n’y a donc plus rien à découvrir et nous avons déjà tout compris. Les gestes du jeune homme, comme ses paroles, deviennent alors  répétitifs,  et le spectacle s’essouffle. Le 20 novembre  commence bien, soutenu par un comédien très solide mais  perd de sa vitalité,  quand il plonge dans un spectaculaire qui s’essouffle.  Captivés  au départ, nous  refusons de nous  laisser prendre à un jeu qui, à la fin,  tourne à vide.
Ce monologue de Norén est  si délicat et fragile qu’il est difficile de prévoir les retombées de la modulation d’un ton de voix, d’un geste, d’un regard, ou d’un effet scénique. Le 20 novembre nécessite une écoute  attentive comme pour Calme de ce  même auteur, que Jean-Louis Martinelli a mis récemment mis en scène au Théâtre Nanterre- Amandiers (voir Le Théâtre du Blog).
Mais Le 20 novembre est  une œuvre forte, et d’une  actualité qui devrait nous faire réfléchir.Norén, négligé au Canada,  devrait y être mieux connu.

Alvina Ruprecht

Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa. du 12 au 16 mars.

Jack l’Eventreur

Jack l’Eventreur de Robert Desnos, adaptation et mise en scène de Vincent Poirier.

Jack l’Eventreur  jack-leventreurRobert Desnos, cet immense poète, qui était né en 1900, mourut  de typhus dans un camp de concentration en 45 au camp nazi de Theresientstadt en Tchecoslovaquie, s’inspira d’un fait-divers survenu en 1928: la découverte d’une femme retrouvée en morceaux dans les bois de Marly . Et il  publia la même année, dans Paris Matinal, une série d’articles autour du célèbre Jack l’éventreur. Il y évoqua les meurtres en série et souvent les véritables dissections que ce triste sire-mais fort élégant personnage-exécuta  sur de pauvres filles qui faisaient le trottoir dans le quartier misérable de White Chapel à Londres. Provoquant une panique généralisée dès que la nuit tombait et  très habile, il ne fut  jamais identifié , avant de passer à la postérité comme un véritable mythe des noirceurs de l’âme humaine.
Possédant de réelles connaissance en anatomie, il tuait puis découpait ses victimes au couteau avec beaucoup de soin. Robert Desnos raconte cela, crime après crime, en insistant sur les modalités de chacune de ces exécutions, sans que cela soit bien passionnant, quand ces évocations, mises bout à bout,  se succèdent de façon  répétitive.
Sur scène, un violoncelliste présent à l’entrée du public, qui accompagne certaines scènes  et au centre, une sorte de cadre de bois vertical, et au sol un peu plus loin,une lampe-torche et deux flûtes dont le violoncelliste fera sortir des notes stridentes. Le récitant/acteur s’empare du texte d’une voix monocorde dans une pénombre qui ne va pas tarder à devenir un noir absolu, de plus en plus souvent accompagné d’une danseuse, dont le visage est couvert par un masque insolite et tout à fait étonnant, celui d’une adolescente au visage poupin encadré de longues nattes qui jouera les différents victimes de Jack l’éventreur.
L’acteur n’en finit pas de détailler les circonstances de chaque meurtre mais c’est mission impossible: très vite, un ennui pesant tombe sur le public composé ce soir-là de jeunes lycéens qui trouvaient plutôt drôle cette litanie dans l’obscurité ou la demi-obscurité, et en riaient, parlaient entre eux en se moquant de cette chose à la fois aussi vaine que prétentieuse… et qui n’arrivait jamais  à faire théâtre.
La professeur qui les avait traîné là avait-elle vu le spectacle avant? On peut en douter ! En tout cas, elle a perdu une belle occasion de faire aimer le théâtre à ses élèves qui n’étaient pas dupes de l’extrême médiocrité du projet. Mais que l’on ne vienne surtout  pas nous dire que c’était la faute à ce public d’élèves. ne confondons pas cause et conséquence! Cinquante-cinq minutes après, la chose s’est arrêtée soudain,  comme en panne, et le comédien, visiblement furieux, le violoncelliste et la danseuse ont salué, avec quelques tout petits applaudissements, puis ont vite disparu…
Que sauver de cette soirée perdue que l’on oubliera très vite? Rien qu’un beau masque, et à la toute fin, l’ombre d’une ombre, comme aurait dit Desnos, d’un frémissement de sens… Mais on se demande encore  bien pourquoi Le Lucernaire a cru bon d’accueillir cette démonstration ennuyeuse !

Philippe du Vignal

Théâtre du Lucernaire jusqu’au 16 mars.

Le sucre du printemps

Le Sucre du Printemps conception de Rachel Garcia et Marion Muzac, musique d’Igor Stravinsky.

Le sucre du printemps lesucreComment parler d’un spectacle de danse sur la musique du Sacre du Printemps, fruit d’une année de travail d’atelier pour des jeunes de dix à vingt ans et présenté dans la programmation officielle du Théâtre National de Chaillot ! Même si l’entreprise est audacieuse et la démarche sympathique, ce spectacle de cinquante minutes dont quinze minutes de vidéo, déçoit assez vite.
L’énergie sur le plateau est réelle mais ce qui s’y passe est brouillon. Quelques personnalités individuelles se détachent et permettent à notre regard de ne pas tutoyer les cintres par ennui. Nous reconnaissons un certains nombres de références chorégraphiques, comme, par exemple, les postures bras croisés de la chorégraphie de Nijinski à la création du Sacre pour la référence la plus ancienne, ou la ronde des danseurs de Thierry Thieû Niang dans Du Printemps pour celle plus récente présentée au théâtre de la Ville.
Deux points positifs à souligner: l’adaptation pour piano à quatre mains du Sacre dans la belle interprétation de Fazil Say et la présence de très jeunes spectateurs, en empathie avec leurs camarades sur scène, qui peuvent découvrir ce grand théâtre et prendre goût à la force et à la magie du spectacle vivant plutôt qu’aux plaisirs des jeux virtuels chers aux adolescents.
Paul-Louis Mignon soulignait déjà en 78, dans Le théâtre au XXe siècle, l’importance d’un nouveau public : “Ce qu’il faut, c’est provoquer ces contacts au temps où l’être humain se forme, où ses habitudes se créent, où son goût se façonne au temps de l’enfance et de la jeunesse”. La danse parvient depuis plusieurs années à attirer un public neuf et jeune, ce qui n’est pas toujours le cas avec celui du théâtre, de plus en plus… vieillissant. Cette expérience de danse avec des amateurs doit nous inciter à voir ou à revoir l’excellent documentaire, Les rêves dansant sur les pas de Pina Bausch qui retraçait le travail de la chorégraphe et de ses assistantes avec des adolescents pour la reprise de Kontakthof.

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot   les 6 et 7 mars.

Le Joueur d’échecs

Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig, adaptation d’André Salzet, mise en scène d’Yves Kerboul.

Le Joueur d’échecs  img_1470L’œuvre de Stefan Zweig est maintenant bien connue en France. Cet écrivain, juif autrichien né en 1881, s’était suicidé par désespoir avec son épouse au Brésil en 1942 : « Le monde de mon langage a disparu pour moi et ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même mais, à soixante ans passés, il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance « .
On connaît ses nouvelles  comme Amok, La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme et ce Joueur d’échecs qui est comme  la métaphore de cette descente aux enfers d’un homme désespéré qui avait retrouvé une certaine paix dans un Brésil accueillant  où il écrivit cette nouvelle sublime d’intelligence.

Cela se passe sur un transatlantique où un joueur inconnu essaye de se confronter à un champion  mondial d’échecs. L’écriture de Zweig est magistrale et on ne se lasse pas d’entendre André Salzet, seul en scène, qui dit ce récit très humblement,  et qui interprète les personnages principaux avec une grande efficacité.
Avec aucun autre accessoire qu’une chaise, le comédien a un jeu resté précis et juste ,malgré plusieurs centaines de représentations de ce spectacle créé en Avignon il y a  douze ans, dans une mise en scène d’Yves Kerboul, aujourd’hui disparu.

La diction et la force de conviction de Salzet sont toujours aussi impeccables et, en une heure, il réussit vite et bien, à capter l’attention du public. Mais la mise en scène a perdu ses boulons en route,  pour prendre l’expression du cher Bernard Dort; les déplacements et la gestuelle du comédien, comme les éclairages qui ne sont pas du bois dont on fait les flûtes, exigeraient une sérieuse révision.
Et, même si la scène et la salle-pas très propre-sont du genre approximatif, même si la neige, le verglas sur les trottoirs, le froid, le manque de bus, les retards du métro sont au rendez-vous,  il y a quand même du monde!

Philippe du Vignal

Comédie Saint-Michel 95 boulevard Saint-Michel 75005 Paris jusqu’au 24 avril. T : 01-55-42-92-97.

Inconnu à cette adresse

Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor, mise en scène de  Delphine de Malherbe 

 

San Francisco, 12 novembre 1932 : Max Eisenstein, 50 ans, juif américain, écrit à son associé et ami allemand, Martin Schulse, 49 ans, rentré à Münich avec sa famille.
Il lui donne des nouvelles et les comptes de la galerie Schulse-Eisenstein, une affaire prospère de commerce de tableaux. Il s’inquiète cependant de l’avènement d’Hitler.
Martin lui répond avec la même bonhomie mais s’avoue séduit par le dictateur : « Franchement, Max, je crois qu’à nombre d’égards, Hitler est bon pour l’Allemagne (…) Mais je m’interroge : est-il complètement sain d’esprit ? « . Quelques lettres plus tard, il écrira :
« Ici en Allemagne, un de ces hommes d’action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui ». La correspondance entre ces deux amis va se poursuivre jusqu’en mars 1934. Au fil du temps, la trahison de l’un déclenchera la vengeance de l’autre…

La mise en scène sobre et dépouillée permet aux comédiens de  consacrer toute leur énergie au texte. On n’est pas loin d’une lecture mais la tension soutenue qu’ils lui insufflent redonne du suspens à cette histoire, écrite outre-Atlantique en 38, préfigurant avec justesse le devenir tragique de l’Allemagne. Jean Benguigui interprète un Max débonnaire et chaleureux qui, nuançant son jeu au millimètre, se durcit progressivement et qui ne tombe jamais  dans le mélo de la situation. Martin Lamotte donne un Martin plus frontal et monolithique. Une histoire intime d’amour et de vengeance en une heure,  qui résonne , grâce aux acteurs,  dans toute son humanité et sa cruauté, avec la grande Histoire
.
Étrange destin que celui de la nouvelle de Kathrine Kressman-Taylor, publiée dans une revue américaine en 1938 puis adaptée au cinéma en 44 dans une réalisation de William Cameron Menzies…En 95, l’auteur a 92 ans quand Story Press réédite Inconnu à cette adresse pour fêter le 50e anniversaire de la libération des camps de concentration. La nouvelle est  alors traduite en vingt langues et publiée  en France, aux éditions Autrement en 99, elle se vend à plus de 600.000 exemplaires.
Depuis plus d’un an, l’adaptation  de cette nouvelle est à l’affiche du Théâtre Antoine. Ce sont des comédiens de toute génération et venus de tous  les horizons qui se succèdent  pour incarner Max et Martin: Jean Benguigui et Martin Lamotte ont été précédés de Richard Berry et Franck Dubosc ; Stéphane Guillon et Gaspard Proust ; Jean-Paul Rouve et Elie Semoun ; Michel Boujenah et Charles Berling ; Gérard Darmon et Dominique Pinon, avant de céder la place à François Rollin et Ariel Wizman en avril. Il faut voir, et/ou lire cet Inconnu à cette adresse.

Mireille Davidovici

 

Théâtre Antoine jusqu’au 27 avril.  T: 01-42-08-77-71.

Le livre est édité chez Flammarion jeunesse

 

 

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