Sors.

 Sors, conception et réalisation de Pedro Pauwels – chorégraphies de Carlotta Ikeda, Josef Nadj, Robyn Orlin, Jérôme Thomas et Mary Wigman.

Sors. sors-yannick-diaz-petit-formatLa Danse de la sorcière, créée en 1914 par Mary Wigman, pionnière de la danse expressionniste allemande, est à la base de la nouvelle pièce que présente Pedro Pauwels, dans le cadre de la dix-septième Biennale de Danse du Val-de-Marne.

Le danseur-chorégraphe a sollicité quatre de ses pairs, de cultures, langages et expériences différentes, Carlotta Ikeda, Josef Nadj, Robyn Orlin et Jérôme Thomas, pour décliner ce mythique solo de Wigmanen une création nouvelle, à partir de leur savoir et savoir-faire. Ils ont relevé le défi, et signent chacun une pièce, donnant leur vision propre, élargie au monde des sorciers et des sorcières, servant ainsi l’un des thèmes de la Biennale: «Bestiaire et fantasmagories, un voyage aux confins de l’imaginaire», l’autre étant intitulé: «Travail», en référence au nouveau lieu, La Briqueterie, attendu depuis des années, et inauguré en mars.

Quelques traces filmées de la Danse de la sorcière – une minute trente – dont Wigman avait donné plusieurs versions déjà, de son vivant, ainsi que quelques photos, ont permis à un notateur de technique Laban, Raphaël Cottin, d’écrire une partition. Wigman avait précisément travaillé avec le théoricien de la danse, Rudolf von Laban, à la mise au point d’un système de notation. Cette partition fut la source du travail, la règle étant que chaque chorégraphe s’isole, au point de départ, sans connaître la démarche de l’autre.

Dans le premier fragment, le danseur marche sur les traces de Marie Wigman et capte son énergie. Comme elle, il porte un masque neutre, est assis en tailleur au centre du plateau, balance ses mains, et ses bras de manière syncopée, comme s’il griffait l’air, férocement. Il s’ancre dans le sol. Une élégante étoffe noire, libre et composée de plis, à la Deleuze, recouvre l’aire de danse, sorte de labyrinthe et territoire de solitude. Syncopes et asymétries, travaillées et précises, sur un son lancinant et répétitif, l’accompagnent. Lorsqu’il s’arrache du sol, les pas lents du danseur à la diagonale, avalent progressivement l’étoffe, devenue sculpture fluide et abandonnée à l’arrière-plan, découvrant un sol blanc. Il y a dans cette pièce quelque chose de taillé au cordeau. «Je comprends qu’on puisse, par la danse, essayer d’approcher un état extrême, presque à la lisière de la mort, pour atteindre cette zone où on passe au-delà, dans l’inconnu». Et Pauwels sait de quoi il parle, pour avoir vu la mort en face : «Pendant ma maladie j’ai vécu des périodes où je sentais mon corps lourd, emprisonné, plombé. Mais dans le coma j’ai aussi traversé des états de légèreté absolue, la sensation d’une énergie totalement libre, comme si j’étais sorti de mon corps. Je me suis efforcé d’oublier cette sensation pour continuer à vivre, et en même temps, je crois que je passe mon temps à essayer de retrouver cet état à travers ma danse».

Le second fragment montre la vision wigmanienne de Josef Nadj, qui fait porter au danseur, sur la tête, une cloche de sept kilos. Le mouvement devient hiératique et le port de tête, princier et lorsqu’il rejoint le sol, la cloche ne le quitte pas et tout est maitrisé. Il y a comme de la magie noire. Le corps ondule sur une musique de John Cage, permettant à l’esprit de s’évader : «Seigneur, c’est aujourd’hui le jour de votre Nom. J’ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion», Cendrars vient à l’esprit, dans ses Pâques à New-York. La pièce est poétique, abstraite, un brin mystique, la sorcière frôle ici la sagesse.

Suit le fragment de Carlotta Ikeda, imprégnée de Butô. Elle emprisonne le danseur dans un kimono de soie claire, qui gonfle comme une voile ou ressemble à l’aile du papillon (création costumes : Joël Viala), il n’en sort qu’un immense cri, muet et de désespoir, comme l’œuvre du même nom, Le cri, signé de Munch, peintre expressionniste s’il en est. La composition sonore de Benat Achiary, sublime vocal plein de reliefs et changements d’altitude, augmente encore l’étrangeté de ce travail sur le concept du féminin.

Avec Robyn Orlin, qui travaille à Berlin, l’art est en prise avec le réel : la trame qu’elle choisit, évoque la collaboration avec le Reich – Wigman a chorégraphié les jeux olympiques de Berlin, en 36 – dans des bribes de texte enregistrées, et elle met dans les mains du danseur, une brosse à dents électrique, instrument singulier avec lequel les juifs devaient effacer les slogans. Pauwels, rouge à lèvres, collant et hauts talons fait figure de « portier de nuit » et obtient d’un spectateur un I phone dont la musique, amplifiée au micro, participe de ce fragment. Ici la théâtralisation prend le dessus et se construit en référence à l’histoire familiale de la chorégraphe.

Jérôme Thomas, enfin, dernier fragment présenté, intègre dans sa pratique du jonglage, la danse contemporaine et les techniques du théâtre. Il met le danseur en mouvement, sur une musique de Terry Riley et le fait jouer ici, avec la fluidité d’un voile, non pas de mariée, comme on le croirait au départ, mais de plastique. C’est ludique et gracieux, simple et sophistiqué, compliqué sûrement pour le danseur-manipulateur.

 

Ces cinq fragments, forment l’œuvre imaginée par Pedro Pauwels, qui convoque l’invisible et fréquente les extrêmes (création lumières : Evelyne Rubert). Dans le passage de l’un à l’autre, il y met beaucoup de fluidité, changeant d’univers et de vocabulaire, avec une précision d’horlogerie. La recherche des genres, entre l’homme, la femme et l’animalité comme réponse au thème sorciers/sorcières est servie avec intensité et énergie, (conseillère artistique : Claire Rousier).

Homme des rencontres, Pauwels s’entoure ici de grands chorégraphes comme il l’a fait déjà pour Cygn etc… hymne à l’interprète, demandant à huit chorégraphes de composer pour lui une version du solo de « La Mort du Cygne », qu’il a dansé plus d’une centaine de fois. La recherche d’énergie, puisée au plus profond et l’ouverture aux autres disciplines accompagnent son travail, vital et envoûtant.

Brigitte Rémer

Spectacle vu le 28 mars à l’Espace culturel André Malraux, Le Kremlin Bicêtre, dans le cadre de la 17ème Biennale de Danse du Val-de-Marne (La Briqueterie, CDC du Val-de-Marne, T : 01-56-34-09-75 et www.alabriqueterie.com)

Reprises : les 4 avril, à 20h30, au Théâtre des Bergeries, Noisy-le-Sec – 9 avril, à Tulle, Théâtre des Sept Collines – 11 avril à Limoges, Centres culturels municipaux – 13 avril à Marvejols, Scènes croisées de Lozère. (www.cie-pedropauwels.fr)

Publications : « Repères », cahier de danse n° 30, sur le thème Sorcières.

« J’ai fait le beau au bois dormant », de Pedro Pauwels, édit. du CND/Parcours d’artistes


Archive pour avril, 2013

Mano à Mano 7e rencontre

CARTE BLANCHE AUX ANGES AU PLAFOND Équinoxe de Châteauroux

C’est la 7e rencontre de Mano à Mano, événement consacré au Théâtre d’objets qui a rassemblé nombre de jeunes artistes prometteurs invités par Mireille Silbernagl, conseillère à la programmation. Pour cette édition, François Claude, directeur de l’Équinoxe, a confié une carte blanche aux Anges au Plafond, qu’il accueille pour une résidence de 3 ans. 

 

Les Anges au Plafond, nous les avions découverts voilà une dizaine d’années au Théâtre 71 de Malakoff. Camille Trouvé faisait ses premières armes avec Les Chiffonnières, marionnettistes dans leur jolie roulotte, aujourd’hui dispersées. Avec Brice Berthoud, elle crée « un laboratoire de formes animées » d’une force poétique étrange, aux formes toujours renouvelées. Après la série de La Tragédie des Anges -Au fil d’Œdipe, Une Antigone de papier, Les nuits polaires, et Le cri quotidien-, elle a créé à l’automne dernier Les mains de Camille, bouleversant spectacle sur Camille Claudel (voir theâtre du blog déc 2012).

   Et cette compagnie généreuse a concocté une journée précieuse en invitant 4 compagnies amies, une exposition et un final musical avec une chanteuse Éthiopienne à l’autre bout de la ville jusqu’à l’aube. Tout cela au lieu de reprendre l’intégrale de leur répertoire comme on aurait pu le penser. Il faut dire que les Anges au Plafond ont du mal à répondre aux invitations, avec près de 150 représentations de leur répertoire dans toute la France  pendant la saison en cours.

 

CŒUR DE PATATE, leçon d’épluchage, Compagnie Peplum Cactus, conception Jessy Caillat

avec Marie Girardin et Sylvain Blanchard.

Issue de l’École Internationale de  Marionnettes de Charleville Mézières, Jessy Caillat a fondé sa compagnie , elle monte des spectacles singuliers, notamment Bilan sur la maîtrise du poste vu avec plaisir en 2005. Ce Coeur de patate est une courte ébauche hilarante qui doit être peaufinée pour une durée plus longue. On voit un homme et une femme assis à table, en train d’éplucher rageusement  un énorme tas de pommes de terre, ils se défient, se jettent les épluchures à la figure, tentent de triompher par la vitesse, puis s’abandonnent à un échange de patates marionnettes plantées au bout de leur couteau. Dans la caisse de patates érigée en castelet, il y a un échange sensuel et même un striptease, une projection d’épluchures, des jeux avec le couteau et la râpe des plus drôles.  Pour une fois, on peut rêver d’aller voir la version « longue » de ce spectacle !

 

PETITE  CONVERSATION SUR LES ARTS DE LA MARIONNETTE…

Mireille Silbernagl échange avec Brice Berthoud des propos  sur la myriade de fils qui relient les marionnettes dont l’histoire est subversive. Elle cite un proverbe africain « Si l’on ne sait pas où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ! » Les marionnettes étaient des objets sacrés qu’on a retrouvés dans les tombes des pharaons, dans les statues des églises que les prêtres faisaient bouger pour impressionner les fidèles. Marionnette viendrait de petite Marie. Les marionnettes ont été jetées hors de l’église pour se retrouver dans les foires avec les personnages de la commedia dell’arte qu’on retrouve dans toute l’Europe. Pulcinella qui se révolte contre toutes les formes d’autorité, devient Punch en Angleterre, Karagheuz en Grèce et en Turquie. Giovanni Briocci arracheur de dents sur le Pont Neuf conquiert la gloire avec ses marionnettes à gaines, Guignol s’impose à Lyon avec Mourguet…Devant le succès populaire des marionnettes à la Foire Saint Germain, la Comédie Française fait interdire les marionnettistes de parole. Qu’importe ! Les bateleurs continuent à parler avec une lamelle en fer qui transforme leurs voix.

 On a tenté de reléguer au seul jeune public la marionnette devenue dénaturée, mais heureusement, elle continue de vivre à travers le monde en conservant sa force….

 

JE BRASSE DE L’AIR Exposition de et par Magali Rousseau

Magali Rousseau nous guide à travers un chemin initiatique, celui de son exposition de bouts de fil de fer et d’étranges machines métalliques qu’elle manipule. C’est son parcours de vie, un parcours politique à travers une vingtaine d’oeuvres, certaines miniatures, d’autres plus volumineuses, un travail sur l’air,  l’équilibre sur des mécanismes aléatoires et fragiles, une déclinaison des ailes sous toutes leurs formes. D’abord le reflet inversé d’une phrase écrite sur un fil de fer qu’elle relève : »je pédale dans la semoule ». Ensuite elle hisse au sommet d’un petit téléférique de petites feuilles blanches de tilleul, « grimper le plus haut possible (…), ne pas tomber avant l’heure de gloire ». Des ballons aéronefs qui tournent, un mot ne convient pas mieux qu’un autre…Il faut voir ce brassage étonnant difficile à décrire !

 

LA VIEILLE ET LA BÊTE , Théâtre Meschugge de et par Ilka Schönbein, musique Alexandra Lupidi

Ilka Schönbein promène depuis près de 20 ans les douleurs d’un monde morbide dans des solos déchirants. Nous l’avions découverte en 1998 au Centre d’Art et de Plaisanterie de Montbéliard dans Métamorphoses, il y eut ensuite Le Roi Grenouille et Pourquoi l’Enfant cuisait dans la Polenta et d’autres…

Pour La Vieille et la Bête, elle est accompagnée d’une étonnante musicienne chanteuse grimée en homme,  qui donne une résonance émouvante et parfois drôle à ce personnage  de vieille squelettique et desséchée, dont le corps se tord et se transforme en personnages de Jérôme Bosch. Ilka pèle une pomme, la pose devant elle de ses mains noueuses. Elle porte un masque hideux, se plie et fait surgir de son corps des formes étranges : »Il était une fois une petite fille, elle voulait devenir ballerine, la petite ballerine est devenue une vieille ruine (…) Est-ce qu’il y a une vie après la danse ? » On entend des accents de Purcell, un âne surgit étrangement mêlé au corps d’Ilka. L’âne chante, il est tombé à l’eau et le spectacle aussi. « Qu’est ce que tu veux à la fin, mourir, vieillir ? »

Nous sortons bouleversés de ce voyage autobiographique, Ilka Schönbein avait commencé son initiation en Allemagne comme danseuse auprès de Rüdolf Steiner. C’est une très grande actrice qui a choisi de vivre dans une pauvreté essentielle.

On pourra revoir Ilka Schönbein au Grand Parquet, où elle a présenté récemment Faim de Loup.

 

Mano à Mano 7e rencontre mano-a-mano-rehabilite-l-art-de-la-marionnette_image_article_largeLE VIEUX DE LA MONTAGNE, Compagnie les Antliaclastes, mise en scène Patrick Sims

avec Joséphine Biereye, Orial Vilalomiu, Richard Penny, Zana Goodal, Ilan Katin

Patrick Sims nous accueille en ouverture de la journée  auprès de son gigantesque flipper, décor de son spectacle pour évoquer son itinéraire. Né en Amérique, il a fait une thèse sur la pataphysique de la marionnette, Alfred Jarry et l’interprète inhumain. Il a exploré les marionnettes dans le monde, notamment à Java. Il s’est installé près d’Hérisson pour fonder et diriger Butchingers’Booot Marionnettes pendant 5 ans. Les Antliaclastes en sont issus.

Le vieux de la montagne s’inspire d’un texte de William Burroughs, ainsi que d’une fable perse de Hassan Sabbah du 12e siècle, c’est une poésie aléatoire, on peut rentrer dans l’histoire n’importe quand. 

La première partie se passe à l’intérieur du flipper, on peut y voir les mécanismes du paradis, le diable manipule le flipper qui est un modèle du rebelle underground…

Cette première partie fait surgir des visions terrifiantes surgies de l’enfer, des robots, des monstres à tête de chien, des squelettes, un cul de jatte,  un diable rouge, un brontosaure mangeant des glaces, des visions d’enfer parfois comiques, tout un capharnaüm poétique de marionnettes à fil manipulées par des artistes masqués qui semblent des géants inquiétants. La deuxième partie après l’entracte laisse le flipper à découvert manipulé par un acteur coiffé d’une grosse tête de président qu’on assassine.

Edith Rappoport

 

Théâtre Monfort du 16 au 27 avril, tél 01 56 08 33 88

http://www.antliaclastes.com

Edith Rappoport

La Maison d’os

La Maison d’os

De Roland Dubillard

Mise en scène Anne-Laure Liègeois

La Maison d’os p127984_7Tandis que la maison s’écroule, n’est que failles, fuites et décombres, ils gravitent autour du Maître dans un ballet incessant, répondant à ses désirs, ses foucades, en but à ses réprimandes et ses sanctions. Les valets V1, V2, V3, etc…ne correspondent pas à un personnage en particulier, mais sont nommés d’après leur ordre d’entrée en scène. Ils sont une quarantaine dans la pièce, ici quatre comédiens se déploient en tous sens, émergent de l’ombre qui bientôt les engloutit, endossant livrées et autres costumes. Ils se battent pour savoir par quel bout prendre l’aspirateur, comment cirer une cascade de chaussures, commentent et papotes ou ils se métamorphosent en prêtre ou en médecin.

En haut de l’escalier monumental qui occupe la scène, le vieil homme, tel un dieu moribond apparaît enfin ; il râle, se désespère ou s’anime pour mieux sombrer. Sait qu’à l’horloge de sa vie «le premier coup sonnait déjà la douzaine». Veut cependant posséder sa maison dont «les murs sont faits de regards pétrifiés». Souhaite la connaître à la fois du dehors et du dedans, comme il souhaite désespérément capturer un corps et une mémoire défaillants, à l’image de sa demeure.

Créée en 1962 au théâtre de Lutèce à Paris, éditée en 1966, composée de quatre-vingt une séquences plus ou moins longues, juxtaposées de manière aléatoire, la Maison d’os est un défi pour le metteur en scène. « Ce n’est pas à l’auteur de décider, d’imposer, de savoir ce qu’il faut faire. C’est à l’œuvre de trouver son sujet et ses lois », précise Dubillard. Pour lui, « les scènes se succèdent ici dans un ordre que l’auteur n’impose pas au metteur en scène » et il préconise le moins de comédiens possible pour jouer les domestiques. Aucune mise en scène depuis sa création ne compte le même nombre de scènes, le même ordre, ni le même nombre de comédiens, avec l’accord de Dubillard, qui a joué le Maître dans les deux premières versions avec une dizaine de comédiens (celle de Arlette Reinerg en 1962 et celle de Jacques Seiler en 1972 au Studio des Champs-Elysées)

A son tour, Anne-Laure Liégeois use de la liberté qui lui est accordée pour explorer cette pièce foisonnante qui tente de tout englober et toujours se dérobe. Elle en profite pour fouiller la demeure aux recoins obscurs, métaphore de l’œuvre théâtrale dont l’auteur serait le Maitre. Elle transforme en cabinet de curiosités cette maison insolite bruissant de sons évocateurs, finement orchestrés par François Leymarie,parfois surgissent des objets hétéroclites : horloges, autel de la Vierge, buche, animaux empaillés, crâne et ossements … à l’image des vanités.

D’emblée on est séduit par le langage de Dubillard : les dialogues brillants et la langue qui s’embrouille tant elle essaye de saisir l’insaisissable avec des calembours du genre : «Faut pas vous en faire tout un dromadaire » et aussi des réflexions plus amères telles que : «On n’a pas besoin d’un médecin pour mourir.» ou « La tête s’en va. Pour aller où ? » Les domestiques (Sharif Andoura, Sébastien Bravard, Olivier Dutilloy et Agnès Pontier) sont d’une rare efficacité tandis que Pierre Richard campe un maître plus évanescent que tyrannique. Comme désincarné déjà, il joue dans un tout autre registre. Sa voix enregistrée renforce l’irréalité de sa présence et, dans ce temps suspendu, le spectacle n’y gagne pas de l’épaisseur : il perd en teneur et en rythme. Tirant la pièce vers une joyeuse amertume que souligne la fanfare finale en forme de danse macabre, la metteure en scène a peut être un peu négligé le fait que l’art de Dubillard c’est surtout la rapidité et la fulgurance. La pièce est de toutes façons à découvrir sous l’éclairage de la mélancolie.

Mireille Davidovici

29 mars- 11 mai

Théâtre du Rond Point : 01 44 95 98 21

14 et 15 mai 2013

Scène Nationale de Cavaillon : 04 90 78 64 64

17 et 18 mai 2013

Théâtre Communautaire d’Antibes

21 – 23 mai 2013

Nouveau Théâtre d’Angers / CDN des Pays de la Loire : 02 44 01 22 44

25 mai 2013

Le Carré, Scène nationale / Château-Gontier : 02 43 09 21 50

28 et 29 mai 2013

La Comète / Scène nationale de Châlons-en-Champagne : 03 26 69 50 80

8 – 19 juin 2013

Théâtre des Célestins / Lyon : 04 72 77 40 00

Eden Palace

Eden Palace, écriture et mise en scène de  Denis Chabroullet.

Assister à un spectacle du Théâtre de la Mezzanine, (compagnie en résidence dans les anciennes serres d’un Jardiland dans une  zone industrielle Seine-et-Marnaise), c’est toujours une expérience un peu particulière. Même quand il monte Didon et Énée, Denis Chabroullet perche les chanteurs et musiciens au sommet d’une structure métallique…ou les pieds dans l’eau.

Pour cet Eden Palace,  nous nous retrouvons devant le  fronton d’un cinéma décrépi comme il en existe tant. Trois chanteuses  lyriques  sont accompagnées par l’excellente guitare de Martial Bort et par un batteur et le répertoire va des chansons de  Johnny aux standards du rock dans une ambiance plutôt bon enfant de bal populaire. Le spectacle s’organise en rotations de groupes d’une vingtaine de personnes, et en attendant son tour,  on voit le groupe précédent sortir par les grandes portes battantes de l’Eden Palace. Puis on est appelé par un caissier patibulaire, clope au bec qui tamponne notre ticket et nous fait  pénétrer dans cet Eden Palace, glauque et enfumé…

  On ne dévoilera pas, bien entendu,  le contenu des salles que le public va traverser, puisque le spectacle repose  surtout  sur la surprise;  on peut simplement dire qu’on y verra une superbe cantatrice japonaise, de la boue et de la pluie, des poilus chantants, un peu de Rwanda, un Zorro et des marionnettes coquines et d’autres princières … On est saisi et ému quand on découvre des saynètes qui sont autant de tableaux très différents. C’est un théâtre de l’image, de l’instantané et du ressenti, et il ne faut pas chercher nécessairement du liant, de la narration entre toutes ces petites scènes, si ce n’est une critique de notre monde et de ses travers. A la sortie, il ne reste pas grand chose! Mais il faut vivre cet Eden Palace comme une performance. L’univers désespéré et chaotique auquel nous a habitué Denis Chabroullet,  est ici un peu atténué par une dose d’humour et par la musique qui rendent  le spectacle un peu moins plombant qu’à l’habitude… Même si le public est parfois mis  en situation de voyeur.

Julien Barsan

Du 20 au 28 septembre 2013 à partir de 19H (relâche le 24 septembre) au festival de Charleville.

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Yukonstyle

Yukonstyle de Sarah Berthiaume mise en scène de Célie Pauthe.

 

Yukonstyle yukonstyle-image1“Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver » : pour paraphraser les paroles de Gilles Vigneault. Nous voici, un demi-siècle plus tard, embarqués par Sarah Berthiaume aux confins de l’Alaska, dans le Grand nord canadien, à suivre, le temps d’un hiver, les destins croisés de quatre personnages échoués là, grignotés par l’hiver, perdus dans l’immensité du paysage.
Quatre solitudes qui finiront par se tenir chaud. D’entrée de jeu, Kate, adolescente en fugue (Flore Babled), mignonne poupée transie dans sa courte robe de dentelle, trouve refuge chez Yuko, une exilée japonaise (Cathy Min Jung) et son écorché vif de colocataire Garin (Dan Arthus), métis amérindien de mère inconnue qui a été élevé par Dad’s (Jean-Louis Coulloc’h).
Célie Pauthe a choisi de faire coexister les différents espaces scéniques : on passe ainsi de l’appartement de Garin et Yuko au restaurant où ils travaillent,puis du parking devant le débit de boisson où tapinent des prostituées amérindiennes, et enfin  à la chambre d’hôpital où Dad’s agonise après avoir révélé à son fils le secret de sa naissance. La scénographie inscrit ces espaces géographiquement circonscrits dans l’espace plus vaste du Yukon, territoire « larger than life« , symbolisé par le fleuve éponyme qui coule, projeté discrètement en fond de scène.
Un parti pris qui colle à une écriture qui  procède par glissements entre des scènes dialoguées réalistes et des suspens où  les personnages monologuent, comme transportés dans l’univers de l’autre, rêvant les événements à venir ; récits prémonitoires ou transes chamaniques en prise avec la mythologie de ces contrées où règne l’esprit du Corbeau, le créateur du monde selon les Amérindiens du Nord-Ouest.
Le québécois des dialogues emprunte son rythme et ses sonorités à l’anglais mais  les passages narratifs en français sont autant de coulées lyriques qui  s’opposent à la rudesse et à la pauvreté de la langue des personnages. Il a fallu sans doute aux comédiens un long apprentissage pour s’ approprier ces parlers.
Célie Pauthe les a dirigés avec finesse, entrant de plein pied dans cette saga des terres lointaines et oubliées, livrées aux chercheurs d’or et dont l’histoire s’est forgée sur la spoliation des aborigènes. Goldie,  la mère amérindienne de Garin ,surgie du récit de Dad’s dans son agonie, en est le symbole poignant : déracinée, acculturée, arrachée de son village natal à l’âge de six ans pour être éduquée dans un pensionnat catholique, elle n’a d’autre ressource que la prostitution, comme nombre de ses congénères. Garin est d’ailleurs persuadé qu’elle a été victime de Robert Pickton, un tueur en série qui a tué 49 prostituées en vingt ans, pour la plupart amérindiennes, avant d’être inquiété par le justice.
Il y aurait encore beaucoup à écrire sur Yukonstyle de cette auteure québécoise, et sur ses personnages et sa symbolique complexes… dont on a parfois du mal à suivre les méandres. On aimerait trouver quelquefois un peu moins de pathos dans le texte, mais l’invitation au voyage est à saisir, ne serait-ce que pour la vivacité de ce français polaire et pour  la jubilation des comédiens à s’en emparer.

Mireille Davidovici

Théâtre de la Colline jusqu’au 27 avril. T: 01 44 62 52 52. Théâtre Vidy-Lausanne du 8 au 26 mai. T: +41 21 619 45 45 et MC2 Grenoble du 3 au 14 décembre. T: 04 76 00 79 79

Le texte est publié aux éditions théâtrales

Solness le constructeur

Solness le constructeur, d’Henrik Ibsen, texte français de Michel Vittoz, mise en scène d’Alain Françon

Solness le constructeur 02-01so507  La pièce débute dans un cabinet d’architecture où sont affairés trois employés : à l’avant, Kaja Fosli, élégante jeune femme, concentrée dans les chiffres de son livre de comptes, (Agathe L’Huillier) ; plus à l’arrière, dans une pièce fermée où l’on peut voir, par la porte et la fenêtre ouvertes, un vieil homme mal en point, Knut Brovik, ancien grand architecte indépendant aujourd’hui au service d’Halvard Solness (Michel Robin), et son fils, Ragnar Brovik (Adrien Gamba-Gontard), penchés sur leurs planches à dessin. Knut, sentant sa mort prochaine, vise à la reconnaissance professionnelle de son fils et à son mariage avec Kaja, mais Solness ne les y aide guère.

 Lorsque l’architecte arrive au cabinet, plein d’arrogance, (Wladimir Yordanoff), il renvoie les deux hommes chez eux et s’arrange pour être en tête-à-tête avec la jeune femme. Aimantée par Solness, Kaja se dévoile et lui déclare vouloir rester près de lui, tout en l’informant de son mariage programmé avec Ragnar. Solness n’est pas sur la même ligne et l’encourage dans ses projets, son calcul étant de garder le jeune architecte sous le coude, dans la crainte qu’il ne lui fasse un jour de l’ombre. Il demande à Kaja de lui apporter les plans qu’il a dessinés.

De l’appartement attenant côté cour, par une porte discrète, paraît Aline Solness, épouse d’Halvard, comme arrêtée dans le temps (Dominique Valadié), suivie de son médecin, le docteur Herdal, sorte d’ange gardien (Gérard Chaillou).

Les deux hommes ont une conversation qui révèle la fragilité de l’architecte : son attitude à l’égard des femmes et la dette morale que Solness dit avoir à l’égard d’Aline ; au plan professionnel, sa crainte de perdre le monopole conquis, d’où sa stratégie pour barrer la route à Ragnar, reconnaissant ainsi, en creux, son talent.

 Entre alors une femme jeune et fraîche, Hilde Wangel, (Adeline D’Hermy), sac au dos et canne de montagne, identifiée par le médecin pour l’avoir rencontrée dans un chalet, l’été passé. Elle semble avoir fait une longue marche, connaît les Solness, même si Halvard, dans un premier temps, ne la reconnaît pas, et demande l’hospitalité. Son arrivée bouleverse le paysage. C’est la fin de l’été.

Belle, directe et offensive, piquante à souhait, elle met à l’épreuve la mémoire de l’architecte. Un pacte en effet les lie et elle se charge de lui rafraîchir la mémoire : dix ans auparavant, la jeune fille de treize ans qu’elle était, avait été éblouie par Solness venu inaugurer la nouvelle tour de l’église, construite dans son village, à Lysanger. Une soirée les avait rapprochés, un baiser échangé et Solness avait promis de revenir la chercher, dans un délai de dix ans, tout au plus.

Le délai écoulé, la «Princesse Hilde» vient demander son dû, de manière effrontée et charmeuse : «recevoir mon royaume, le temps est venu», elle y reviendra, tout au long de la pièce. Entre Hilde et Solness, au fil du jeu de la vérité, se tissent d’étranges liens : elle est sa mauvaise conscience, son désir, la beauté et l’enfance : «Vous êtes semblable à l’aurore ; quand je vous regarde, je vois le soleil sortir de la nuit», lui dit-il, ébloui.

Aline accueille Hilde et enfouit sa souffrance dans une prison nommée «devoir», qu’elle remplit. On apprend, au cours d’un difficile dialogue avec son époux, l’incendie de la maison familiale, puis, comme conséquence indirecte, la mort de leurs deux jumeaux, ayant contracté la fièvre de lait, alors qu’Aline les nourrissait.

Plus tard, dans un échange avec Hilde, elle racontera à son tour le drame, et les choses prendront une autre tournure : Aline mettra en avant, tout ce qui est parti en fumée, les dentelles, portraits de famille et bijoux et pleurera ses neuf poupées merveilleuses, dont elle parle comme d’enfants : «Elles étaient vivantes. Je les portais en moi. Comme des enfants à naître». L’ambiguïté est à son comble.

Solness, qui n’a plus construit d’église depuis le drame, raconte cette douloureuse histoire à Hilde, et la met en balance avec son ascension professionnelle : «Ecoutez. Tout ce que je suis arrivé à construire, à créer de grand, de solide, de beau… Il m’a fallu le payer. Pas avec de l’argent. Avec du bonheur. Pas seulement le mien. Le bonheur des autres. Voilà le prix que m’a coûté ma réussite. Et chaque jour je le comprends mieux».

Il réfléchit sur la culpabilité de sa réussite et ne trouve pas de paix. Hilde l’humanise et le convainc de reconnaître le talent de Ragnar Brovik, ce qu’il finit par faire, tardivement, alors que Knut, le père, vient de mourir, Ragnar en gardera une certaine agressivité.

La boucle sera bouclée quand Hilde, qui continue à échafauder «des chateaux de nuages» fous, avec Solness, le convainc de monter lui-même poser la couronne, en haut de la tour qu’il inaugure, comme il l’a fait, dix ans auparavant : «Je vous retrouve comme il y a dix ans, avec cette musique que j’étais seule à entendre». Il monte, elle le suit du regard, hypnotisée, il réussit, il tombe.

Ibsen écrit la pièce en 1892, dans la dernière étape de sa vie. Le texte français de Michel Vittoz, – collaborateur déjà pour Hedda Gabler et Petit Eyolf qu’Alain Françon a mis en scène – est de poésie. Le metteur en scène, grand professionnel et homme des sensibles, s’entoure magnifiquement : la scénographie de Jacques Gabel est hiératique et belle et nous conduit, en trois actes, du cabinet d’architecture à l’intérieur de la maison, avec vue sur la terrasse par une grande verrière, terrasse sur laquelle nous nous trouvons ensuite, au troisième acte. Les lumières de Joël Hourbeigt, entre le clair et l’obscur, participent de ce climat chargé, entre lever et coucher du soleil.

Point de fioriture, tous les signes du plateau nourrissent l’introspection, la réalisation de soi, le doute et l’accomplissement artistique, en même temps que la légèreté de la métaphore amoureuse. La folle grâce de Hilde et sa force de vie, merveilleusement portées par l’actrice, sont le contrepoint de l’effacement d’Aline et de son renoncement, tout aussi bien habités, face à un Solness gai et taciturne, plein de désinvolture autant que de responsabilité questionnée.

C’est un spectacle de grand charme et de finesse, une force d’intelligence, un plaisir de théâtre où la dimension tragique côtoie les questionnements du quotidien et ceux de la création.

 

Brigitte Rémer

 

 

Théâtre National de la Colline, 15 rue Malte-Brun. 75020. Du 23 mars au 25 avril – Site : www.colline.fr – T : 01-44-62-52-52

 

Solness le constructeur d’Henrik Ibsen , texte français de Michel Vittoz, mise en scène d’Alain Françon.

545672_0202632119101_webC’est, après son retour de Rome où Ibsen (1828-1906) vécut une grande partie de sa vie, qu’il écrivit cette pièce, créée à Berlin en 93 puis par Lugné-Poé en 1894 à Paris. Halvard Solness est un architecte professionnel mais il préfère qu’on l’appelle  « constructeur ». C’est un homme, à la fin d’une carrière  professionnelle bien remplie, qui a un cabinet, secondé de jeunes architectes, comme Ragnar, le fils de son vieil assistant Brovik, qui se verraient bien kalifes à la place du kalife. Mais qu’il essaye d’écarter.
 Halvard  a beaucoup construit, notamment des églises mais une tragédie s’est abattue sur sa famille: un incendie a emporté ses deux enfants jumeaux, tragédie dont Solness comme Aline, sa femme  ne se sont jamais remis. Et il préfère construire maintenant des maison individuelles. Aline, assez amère, est  devenue d’une jalousie féroce, d’autant plus que Solness n’est pas insensible au charme de jeunes et belles plantes comme entre autres, sa secrétaire,Kaja Fosli,la nièce de Brovik .
Mais Hilde Wangel, la fille d’un ami, débarque un soir et lui rappelle la promesse qu’il lui avait faite quand elle avait douze ans, à savoir lui construire un château de princesse. Hilde est bien décidée à vivre quelque temps chez lui; Aline dit rien et tente même d’en faire son amie et Hilde logera dans unes des trois chambres d’enfants… Comme Ibsen platoniquement amoureux à soixante et un ans,  d’Emilie Bardach, dix-huit ans qu’il rencontra un été, au Tyrol…
Mais Solness est bien décidé à mener à bien la construction d’une nouvelle maison pour son épouse de façon à exorciser l’incendie de leur maison. Et décidera, comme autrefois, malgré les prières  de sa femme, quand il inaugurera sa nouvelle maison, de monter en haut de la tour qui la domine, pour y accrocher une couronne, symbolisant la fin des travaux. Mais Solness, n’est plus jeune, et  pris de vertige, y fera une chute mortelle. Les personnages de Solness semblent,  comme l’écrit Michel Vinaver, éviter de rechercher « quelque chose qu’ils répugnent à saisir, qui leur est totalement intolérable, et en même temps qui exerce sur eux une attirance plus forte que tout et qui dément toute psychologie, une attirance irrépressible vers quelques chose qui est… la vérité ». Trois femmes dans la vie de Solness: Aline, Kaja, et surtout Hilde, sent qu’il est à un tournant de sa vie. Débarassée de Kaja qu’il a licenciée, plus jamais avec Aline mais jamais sans elle, il lui, l’architecte vieillissant, incapable de céder la direction de son cabinet à plus jeune que lui,  et fasciné par la jeune Hilde qui arrive comme l’ange…exterminateur
Sans doute Solness n’est pas la plus forte des pièces d’Ibsen et n’es pas des plus faciles à mettre en scène, est alourdie de symboles notamment autour du chiffre trois, a parfois un côté préci-précha freudien un peu fatiguant, des ficelles de scénario grosses comme des câbles  et une fin téléphonée de mauvais feuilleton. Hans-Peter Clos qui l’avait montée  à Hébertot, il y a deux ans avec Jacques Weber, Mélanie Doutey, Edith Scob et Thibault Lacroix avait bien mal réussi son coup.
 Mais Alain Françon, avec beaucoup plus de subtilité, l’a  mise  en scène  avec une distribution solide: surtout Michel Robin, toujours aussi fabuleux, dans le rôle du vieux Knut, Wladimir Yordanoff ( Halvard Solness) et surtout Adeline d’Hermy ( Hilde). Quand elle apparait avec sa jeunesse dans ce monde clos, la pièce avait tendance  faire un peu du sur-place, et  c’est un souffle de fraîcheur acidulée qu’elle apporte,  avec une intelligence du rôle tout premier ordre. C’est une sorte de tsunami d’énergie, de séduction et de …danger pour Solness immédiatement perceptibles pris au piège et fasciné. Diction et gestuelle impeccable- elle a fait des étude de danse et cela se voit- la nouvelle recrue de la Comédie-Française, que l’on avait déjà remarqué dans Peer Gynt et La Trilogie de la Villégiature, à vingt six ans, prend possession du plateau avec beaucoup d’aisance,  et un charme indéniable.
 Le dispositif scénographique de Jacques Gabel, même bien éclairé par Joël Hourbeigt, avec d’abord,un  bureau d’architecte puis cette grande véranda côté intérieur d’abord qui tourne ensuite vers  l’extérieur,  semble un peu isolé et artificiel  sur ce grand plateau. A cette réserve près, c’est un bon spectacle, un peu sage trop peut-être mais ces deux heures vingt passent très vite, et encore une fois, grâce surtout à la présence lumineuse d’Adeline d’Hermy.

Philippe du Vignal

Théâtre de la Colline, Paris (XXe). Jusqu’au 25 avril.

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