Perdus dans l’Île de San Luis/Station mobile 1.5

Perdus dans l’Île de San Luis/Station mobile 1.5, de Verónica Musalem, travail en cours de Lydia Margules

Perdus dans l’Île de San Luis/Station mobile 1.5 postal-estp C’est une mise en espace, un spectacle en devenir, Los perdidos de la Isla de San Luís donné en langue originale (mexicaine) et interprété par quatre comédiens, texte à la main.
La traduction du titre peut elle-même prêter à confusion, perdidos pouvant signifier perdus autant que perdants, les deux pouvant coller au thème, celui de l’émigration. L’équipe artistique, mexicano-française, est dispersée dans plusieurs pays-Mexique, Espagne, France et Allemagne- et quand elle se rencontre, fait évoluer la représentation, notamment en fonction de la singularité des lieux où le travail en cours est présenté.

Pour cette cinquième version, la performance se déroule dans un lieu labyrinthe-les sous-sols de l’Ecole supérieure de travaux publics, de part et d’autre d’un couloir, scénographie toute trouvée pour faire passer la notion de traque aux spectateurs, assis en quinconce et vis-à-vis. Les acteurs vont courir et s’égarer entre couloirs et portes, à la recherche de l’autre, à la recherche d’eux-mêmes.
Le thème ? L’émigration, la solitude, la quête d’amour. « Emigrer c’est disparaître, pour ensuite renaître. Emigrer, c’est renaître, pour ne plus jamais disparaître »dit Sami Naïr.

L’action se passe dans la rue d’une ville indéterminée, hier, aujourd’hui ou demain, les personnages sont à peine esquissés, le texte se répartit comme dans un chœur, et il n’y a pas réellement de rôles.
L’auteur, Verónica Musalem, scénariste,  dramaturge et metteur en scène a fait des études en Littérature dramatique à Mexico, puis en Dramaturgie, à Barcelone. Très connue au Mexique mais éloignée des canons classiques, son œuvre est controversée.  Verónica Musalem fait partie de cette génération d’auteurs coincée entre des aînés au style plus conventionnel et une jeune génération happée par la violence et le social, ce qui, reconnaît la metteur en scène, réduit beaucoup les choses.

C’est la sixième fois que Lydia Margules travaille avec l’auteur. Ce texte est une commande qu’elle lui a passée, lui donnant pour mot-clé : l’émigration et ses conséquences sur la vie intime de l’individu. On y parle de la quête d’amour, du sexe, des autres cultures, de la recherche des origines, de l’identité. Le spectacle repose sur les « petites » histoires de gens ordinaires qui ont émigré, sur des événements, sur la mémoire. Les acteurs ont participé au canevas d’écriture, en racontant leur expérience de l’ailleurs, de leur émigration,  et  en donnant leur témoignage.
Dans la pièce, tout émigre, les mots tournent en boucle, et construisent le sens,  dans une sorte de  puzzle. Le texte, évolue, comme la mise en scène, d’une représentation à l’autre et d’un lieu à l’autre, dans un parti-pris d’instabilité et d’insécurité. La première phase du projet a débuté à Mexico-ville, en novembre dernier, avec une première équipe argentino-mexicaine, suivi d’une seconde étape, qui s’est déroulée à Cadiz en début d’année avec une équipe « nomade », puis à Cachan. La suite se passera au Mexique avec une série de représentations, à l’automne prochain.
Formée d’abord comme comédienne, en France, auprès de Niels Arestup à l’Ecole théâtre du Passage, puis chez Jacques Lecocq au Laboratoire d’études du mouvement où elle a travaillé sur l’espace, Lydia Margules est passionnée d’éclairage et donne des cours en création-lumière, au Mexique. La transmission, pour elle, est aussi passée par son père, Ludwig Margules, grand metteur en scène d’origine juive polonaise, émigré au Mexique dans les années 60, et qui a formé nombre de metteurs en scène et son histoire familiale et personnelle se superpose à l’expérience artistique. De parents émigrés-sa mère est espagnole-elle semble en transit et s’interroge sur le concept d’identité, et comme tout mexicain, sur le  métissage, source d’altérité mais aussi de tension.
La metteur(e) en scène est aussi auteur(e). Elle est actuellement en résidence d’écriture et prépare un second volet sur ce même thème de l’émigration, qu’elle intitule Station ouverte (Estación abierta) et qu’elle annonce plus philosophique et abstrait que le premier. Elle présente actuellement, sous le titre Invitation au silence, l’adaptation qu’elle a faite de textes de Marguerite Duras-dont Agatha-dans les petits lieux indépendants de Mexico et espère prochainement s’affronter à un Calderón de la Barca ou Shakespeare. A suivre…

Brigitte Rémer

Spectacle vu en mars au campus de l’Ecole Supérieure de Travaux Publics de Cachan, (Département d’espagnol/Ana Cecila Hornedo Marín). Prochaines représentations : du 7 au 30 novembre, Espace Lab 13, Mexico ville , et du 7 au 15 décembre, Teatro El Milagro, Guadalajara.


Archive pour 8 mai, 2013

Perdus dans l’Île de San Luis/Station mobile 1.5

Perdus dans l’Île de San Luis/Station mobile 1.5, de Verónica Musalem, travail en cours de Lydia Margules

Perdus dans l’Île de San Luis/Station mobile 1.5 postal-estp C’est une mise en espace, un spectacle en devenir, Los perdidos de la Isla de San Luís donné en langue originale (mexicaine) et interprété par quatre comédiens, texte à la main.
La traduction du titre peut elle-même prêter à confusion, perdidos pouvant signifier perdus autant que perdants, les deux pouvant coller au thème, celui de l’émigration. L’équipe artistique, mexicano-française, est dispersée dans plusieurs pays-Mexique, Espagne, France et Allemagne- et quand elle se rencontre, fait évoluer la représentation, notamment en fonction de la singularité des lieux où le travail en cours est présenté.

Pour cette cinquième version, la performance se déroule dans un lieu labyrinthe-les sous-sols de l’Ecole supérieure de travaux publics, de part et d’autre d’un couloir, scénographie toute trouvée pour faire passer la notion de traque aux spectateurs, assis en quinconce et vis-à-vis. Les acteurs vont courir et s’égarer entre couloirs et portes, à la recherche de l’autre, à la recherche d’eux-mêmes.
Le thème ? L’émigration, la solitude, la quête d’amour. « Emigrer c’est disparaître, pour ensuite renaître. Emigrer, c’est renaître, pour ne plus jamais disparaître »dit Sami Naïr.

L’action se passe dans la rue d’une ville indéterminée, hier, aujourd’hui ou demain, les personnages sont à peine esquissés, le texte se répartit comme dans un chœur, et il n’y a pas réellement de rôles.
L’auteur, Verónica Musalem, scénariste,  dramaturge et metteur en scène a fait des études en Littérature dramatique à Mexico, puis en Dramaturgie, à Barcelone. Très connue au Mexique mais éloignée des canons classiques, son œuvre est controversée.  Verónica Musalem fait partie de cette génération d’auteurs coincée entre des aînés au style plus conventionnel et une jeune génération happée par la violence et le social, ce qui, reconnaît la metteur en scène, réduit beaucoup les choses.

C’est la sixième fois que Lydia Margules travaille avec l’auteur. Ce texte est une commande qu’elle lui a passée, lui donnant pour mot-clé : l’émigration et ses conséquences sur la vie intime de l’individu. On y parle de la quête d’amour, du sexe, des autres cultures, de la recherche des origines, de l’identité. Le spectacle repose sur les « petites » histoires de gens ordinaires qui ont émigré, sur des événements, sur la mémoire. Les acteurs ont participé au canevas d’écriture, en racontant leur expérience de l’ailleurs, de leur émigration,  et  en donnant leur témoignage.
Dans la pièce, tout émigre, les mots tournent en boucle, et construisent le sens,  dans une sorte de  puzzle. Le texte, évolue, comme la mise en scène, d’une représentation à l’autre et d’un lieu à l’autre, dans un parti-pris d’instabilité et d’insécurité. La première phase du projet a débuté à Mexico-ville, en novembre dernier, avec une première équipe argentino-mexicaine, suivi d’une seconde étape, qui s’est déroulée à Cadiz en début d’année avec une équipe « nomade », puis à Cachan. La suite se passera au Mexique avec une série de représentations, à l’automne prochain.
Formée d’abord comme comédienne, en France, auprès de Niels Arestup à l’Ecole théâtre du Passage, puis chez Jacques Lecocq au Laboratoire d’études du mouvement où elle a travaillé sur l’espace, Lydia Margules est passionnée d’éclairage et donne des cours en création-lumière, au Mexique. La transmission, pour elle, est aussi passée par son père, Ludwig Margules, grand metteur en scène d’origine juive polonaise, émigré au Mexique dans les années 60, et qui a formé nombre de metteurs en scène et son histoire familiale et personnelle se superpose à l’expérience artistique. De parents émigrés-sa mère est espagnole-elle semble en transit et s’interroge sur le concept d’identité, et comme tout mexicain, sur le  métissage, source d’altérité mais aussi de tension.
La metteur(e) en scène est aussi auteur(e). Elle est actuellement en résidence d’écriture et prépare un second volet sur ce même thème de l’émigration, qu’elle intitule Station ouverte (Estación abierta) et qu’elle annonce plus philosophique et abstrait que le premier. Elle présente actuellement, sous le titre Invitation au silence, l’adaptation qu’elle a faite de textes de Marguerite Duras-dont Agatha-dans les petits lieux indépendants de Mexico et espère prochainement s’affronter à un Calderón de la Barca ou Shakespeare. A suivre…

Brigitte Rémer

Spectacle vu en mars au campus de l’Ecole Supérieure de Travaux Publics de Cachan, (Département d’espagnol/Ana Cecila Hornedo Marín). Prochaines représentations : du 7 au 30 novembre, Espace Lab 13, Mexico ville , et du 7 au 15 décembre, Teatro El Milagro, Guadalajara.

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