Sobre la Cuerda Floja

 

Sobre la Cuerda Floja par le Teatro Milagros.

 

Sobre la Cuerda Floja photo1-300x248En 2009, lors de sa résidence à Santiago-du-Chili pour sa dernière création   avant sa disparition,  Pina Bausch avait  rencontré le Teatro Milagros. Impressionnée par le travail de ce théâtre de marionnettes, elle l’invita ensuite au festival de Wüppertal.
Le spectacle-ici en version française-pose une question délicate: comment parler de la mort aux enfants. Ici, un grand-père raconte à Ismé, sa petite-fille que son épouse, (qui vient de décéder) partie en voyage, est devenue acrobate dans un cirque.  « Elle avait l’air d’une femme ordinaire mais,  à l’intérieur, battait le cœur d’une équilibriste ». Dans un film d’animation alternant avec des scènes jouées, l’on suit le déroulement de la semaine d’Ismé chez son grand-père.
Les manipulateurs à vue, (trois pour le grand-père et deux pour la petite fille), en combinaison noire, font jouer des  marionnettes très réalistes (de quarante cms environ) dans des décors à l’échelle (cuisine, chambre et plage).
La précision et la délicatesse de la manipulation est impressionnante et réveille aisément l’animisme qui est en nous. Le public suit ce récit de cinquante minutes entre gaieté et tristesse avec une grande attention. Seul bémol: le théâtre des Abbesses est sans doute un peu vaste, et une jauge de cent spectateurs  aurait permis d’avoir un suivi plus intime du jeu.

Jean Couturier

Théâtre des Abbesses jusqu’au 18 Mai


Archive pour 15 mai, 2013

Une nouvelle saison théâtrale à Bruxelles

Une nouvelle saison théâtrale à Bruxelles…

 Une nouvelle saison théâtrale à Bruxelles tnb-300x280C’est le mois de mai, nous découvrons enfin le soleil et comme à Paris, les nouveaux programmes: nous pourrons à nouveau nous enfermer dans nos théâtres préférés dès l’automne  et y hiverner jusqu’à l’été.
Que nous propose-t-on?  ? C’est toujours avec beaucoup de fébrilité que nous attendons les trouvailles de nos gentils programmateurs. Je me suis donc rendue, en courant-enfin, pas tout à fait!-à la présentation de saison d’un  » fameux » théâtre bruxellois.
Cela faisait même des années que j’en avais perdu le chemin. Comme des vieux amants, nous nous étions quittés: salles à moitié vides,  mises en scènes étranges. …Parfois,  l’on n’a plus rien à se dire.
Le beau soleil a cependant réveillé  mon  appétit de découvertes. Je file vers
le théâtre, sur une des grandes artères de Bruxelles, toujours aussi imposant et  lumineux… Derrière un long comptoir, trois nymphes s’affairent derrière leur ordinateur. En fait, une seule s’occupe d’une cliente devant moi. C’est elle qui, aujourd’hui, possède le don de parole. Les autres nymphes somnolent. « Oui, Médéme « (en Belgique, pays  ô combien gentil et accueillant, la syllabe « ma »  devient souvent « mé »!Et Madame  devient donc  Médéme). « Médéme, il y a une liste d’attente pour le spectacle de la grande salle, revenez vers vingt heures ! »
« Bonjour, je viens assister à la présentation de saison. - »Prenez l’escalier, c’est  au deuxième étage. Vous êtes invitée à consommer quelques nectars avant que notre Dieu-Directeur ne vous dispense sa parole. » Je remercie notre douce cerbère..

Là, une autre cerbère me renifle mais m’invite à  entrer. Me voilà chez les dieux. On y  retrouve  quelques demi-dieux, directeurs de ci, présidents de ça. Les héros sont aussi là, accoudés au bar, rappelant leurs récents exploits à des oreilles avides. On en reconnait certains, accompagnés de leur cour d’apprentis, dont le visage éclatant de soleil se marie à merveille avec la couleur des boissons.
Soudain,  notre Dieu-Directeur arrive. La foule s’écarte… Une groupie se jette à son cou, et reçoit, en remerciement, un hommage baveux: elle a de la chance ! Qu’il est beau et séduisant notre Dieu-Directeur ! Quelle forme ! Mais quel âge a-t-il déjà ? Bref, les vestales du premier rang sont près de la pâmoison. Quand le beau Dieu-Directeur va-t-il parler ? Justement,  il s’exprime. Micro en main, une cuisse  en appui sur un haut tabouret, il nous charme: « Merci d’être venu si nombreux au théâtre. Vous avez tous reçu le catalogue de la programmation construite sur l’idée de faire revenir nos anciens amants au théâtre. Beaucoup me disent non, le théâtre, je n’y vais plus, c’est chiant, on n’y comprend rien ! et puis on y dort mal !.. »
Le premier rang glousse….! Oh! oui, dis-moi ce que je souhaite entendre: des salles pleines, des mises en scènes captivantes, des scénographies innovantes…. Mais ces mots grossiers: budget, fréquentation en baisse ? Notre Dieu-Directeur serait-il un homme de chair et de sang ?  C’est à cela que l’on reconnait les grands Dieux : ils peuvent saigner comme des humains. Lui, il a su leur  imposer le respect. Malgré les baisses de subventions, il maintient  à flot son grand théâtre et va nous faire rêver pendant tout une saison. Le premier rang est en lévitation. Moi aussi… Nous salivons.
Il nous avait déjà parlé des spectacles à venir mais ouvre le programme qu’il a en mains dans un geste auguste…. et le lit pendant vingt bonnes minutes, jetant parfois un œil au public. Logorrhée des vieux amants aux petites heures du matin ! « Ce spectacle est bien… je l’ai vu, y a truc, dedans…. euh, il est bien ! venez ! vous verrez ! Euh… C’est un peu comme le spectacle du mois de février où y a machin !… Machin ? Mais, c’est le frère de Truc ! Il joue bien ! c’est une belle histoire…. » Notre Dieu-Directeur aurait il une baisse de forme ?
Et ça n’en finit pas. : « Le spectacle A… ouvre la saison parce qu’il faut bien ouvrir la saison ! Y a untel dedans ! J’ai entendu parler de son spectacle !… »
On est quand même surpris qu’un directeur nous lise aussi mal sa liste de courses, avec comme seul argument : « C’est bien ! ».
Et vingt minutes plus tard, il passe la parole à sa grande prêtresse. Je la reconnais, c’est notre cerbère : « Merci Dieu-Directeur, je tenais à attirer votre attention sur le spectacle de Truc… Ah, tu en as parlé ? Euh, j’ai bu un peu de vin ! Et celui de Machin, tu en as aussi parlé ? Hi, hi hi : Le vin était vraiment bon ! J’en ai un peu abusé… »
Ouf! Cette  présentation bâclée est enfin achevée! Nous sommes alors invités à assister à une pièce d’une heure vingt !!! Quelques visages connus et  quelques héros de la culture. Sur la grande scène plongée dans une demi-obscurité, deux hommes : l’un est armé d’une guitare et l’autre manipule des caisses en bois. Face public, il nous décrit à toute vitesse un monde imaginaire: son monde… Il parle, parle…sans respirer et parle encore. Son histoire est aussi sombre que le plateau! Je traduis: nous sommes des cons pour vivre dans une société qui nous asphyxie mais que nous aimons. Et il parle, et ne respire toujours pas.
Dans la salle, ni rire, ni applaudissements.  Un courageux quitte la salle… Je l’envie ! L’autre acteur parle toujours sans nous regarder  et toujours  sans respirer. Le metteur en scène a sans doute voulu nous dire que nos conditions de vie sont minables, et que nous sommes bien cons de les accepter…
Je regarde encore ma montre. A ma droite, on dort. Mais pourquoi ce type parle t-il si vite ? On ne comprend rien. Pourquoi ne bouge t-il pas ? Rhumatismes ? Pourquoi ne nous regarde -t-il jamais. Cécité ? Pourquoi  regarde-t-il un point fixe depuis douze minutes, en essayant sans doute de comprendre pourquoi il est entouré de caisses de bois (symbolisant sans doute le consumérisme?
Toujours aucune réaction dans la salle. Je vais m’endormir!  Mais, coincée au milieu de la rangée, impossible de sortir… Tiens, c’est fini. Le clan des Héros du dernier rang se lève et applaudit. Devant, ça applaudit, très mollement! Le bavard et l’homme guitariste muet, au physique de mafieux,  saluent trois fois! Ils ont l’air content. Ils font de grands gestes vers la droite, puis vers la gauche. Ouf, leurs bras fonctionnent! On est soulagé ! Mais pourquoi n’ont-ils pas réussi à se déplacer avant ? Sans doute encore une belle idée du metteur en scène pour montrer l’oppression?
Conclusion: ne  jamais  chercher à revoir nos vieux amoureux. Quand ils ont quitté nos vies, c’est souvent pour de bonnes raisons. Ai-je besoin de deux trucs bâclés  pour comprendre que j’ai le droit de ne pas tout accepter, même au nom de la culture belge? Maintenant, c’est gravé dans le marbre: ne plus jamais revenir dans ce pompeux théâtre officiel que tout le monde aura reconnu.
A la sortie, des jeunes filles distribuent des tracts : il a donc bien d’autres théâtres  à Bruxelles. Merci les Dieux !

Sylvie Suzor

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