Les Mystères de Paris

Les Mystères de Paris d’Eugène Sue, adaptation de Charlotte Escamez, mise en scène de William Mesguich.

Les Mystères de Paris les-mysteres-de-parisLes Mystères de Paris, roman-fleuve d’Eugène Sue, publié en feuilleton dans Le Journal des Débats, entre juin 1842 et octobre 43, fut un événement littéraire qui a tenu « mystérieusement »le public en haleine. l
L’œuvre correspond à l’émergence d’une conscience sociale, et s’attache non pas à décrire la bonne société mais le peuple dans tous ses états.  Succès immédiat: chacun prend plaisir à suivre Rodolphe, aristocrate déguisé en ouvrier, dans les bas-fonds de la misère et l’hypocrisie âpre de la bourgeoisie.
Charlotte Escamez et William Mesguich comparent ce Paris du XIX ème siècle aux entrailles d’une ville gargantuesque où fourmillent brigands, meurtriers et prostituées.
Les Mystères de Paris est un roman  qui  renvoie forcément à la grande ville nocturne d’aujourd’hui, troublée par ses promeneurs libres ou errants, voleurs, suiveurs, corrupteurs qui achètent les corps et les âmes, source sulfureuse de fantasmes éternels.
Le destin des laissés-pour-compte à la plus ou moins bonne âme, et que la pauvreté fait déchoir, n’a pas laissé indifférent le metteur en scène à l’écoute des protestations sociales du temps. Pour relier les épisodes majeurs entre eux, les comédiens revêtent à tour de rôle ,sous les lumières clignotantes d’une scène en fête, la panoplie d’un Monsieur ou d’une Madame Loyal, micro, cape et chapeau d’apparat, qui raconte la logique incroyable des événements.
Le metteur en scène incarne avec prestance Rodolphe, personnage qui a des rencontres insolites, représentatives de l’exclusion sociale: un Chourineur (surineur, en auvergnat) joué par Romain Francisco, svelte et malicieux, gavroche et  assassin repenti et généreux ; l’acteur  est aussi Morel, un ouvrier honnête et opprimé par la misère et bien d’autres personnages hauts en couleur.
Jacques Courtès interprète le notaire Ferrand, bourgeois véreux et dépravé, abuseur des jeunes filles à son service. Il est aussi le maître d’école qui compose avec Zazie Delem, la Chouette, un couple infernal et profondément mauvais à la façon des Thénardier, maltraitant leur Cosette, ici Fleur de Marie, jouée avec panache et élégance par Sterenn Guirriec, crédible en fille des rues comme en religieuse inspirée. Marie Frémont est tour à tour Rigolette, une joyeuse  prostituée, ou la comtesse maléfique Sarah…
Répertorier la galerie miroitante de ces personnages, anges et diables à la fois, serait vain. Mais la danse-parfois un peu trop macabre-des comédiens mène bon train sur le plateau nu, plongé alternativement dans une nuit brumeuse et incertaine, ou bien pleinement lunaire avec un  jeu subtil d’étoiles hugoliennes parsemées dans le firmament (lumières de Mathieu Courtaillier).
À l’inverse, les figures du mal, à tête animale , révèlent une bestialité humaine éloquente d’effroi. Le spectacle pèche par une  désinvolture  et un côté un peu chaotique: il n’est pas facile de restituer l’intrigue fourmillante de ce roman. Mais la mise au scène sert avec une fougue juvénile la passion pour la compréhension politique, sociale du monde et entière, à travers une  foi en l’homme et un art joyeusement coloré du théâtre.

Véronique Hotte

Théâtre de La Tempête, jusqu’au 16 juin. T : 01-43-28-36-36.


Archive pour 19 mai, 2013

Les Mystères de Paris

Les Mystères de Paris d’Eugène Sue, adaptation de Charlotte Escamez, mise en scène de William Mesguich.

Les Mystères de Paris les-mysteres-de-parisLes Mystères de Paris, roman-fleuve d’Eugène Sue, publié en feuilleton dans Le Journal des Débats, entre juin 1842 et octobre 43, fut un événement littéraire qui a tenu « mystérieusement »le public en haleine. l
L’œuvre correspond à l’émergence d’une conscience sociale, et s’attache non pas à décrire la bonne société mais le peuple dans tous ses états.  Succès immédiat: chacun prend plaisir à suivre Rodolphe, aristocrate déguisé en ouvrier, dans les bas-fonds de la misère et l’hypocrisie âpre de la bourgeoisie.
Charlotte Escamez et William Mesguich comparent ce Paris du XIX ème siècle aux entrailles d’une ville gargantuesque où fourmillent brigands, meurtriers et prostituées.
Les Mystères de Paris est un roman  qui  renvoie forcément à la grande ville nocturne d’aujourd’hui, troublée par ses promeneurs libres ou errants, voleurs, suiveurs, corrupteurs qui achètent les corps et les âmes, source sulfureuse de fantasmes éternels.
Le destin des laissés-pour-compte à la plus ou moins bonne âme, et que la pauvreté fait déchoir, n’a pas laissé indifférent le metteur en scène à l’écoute des protestations sociales du temps. Pour relier les épisodes majeurs entre eux, les comédiens revêtent à tour de rôle ,sous les lumières clignotantes d’une scène en fête, la panoplie d’un Monsieur ou d’une Madame Loyal, micro, cape et chapeau d’apparat, qui raconte la logique incroyable des événements.
Le metteur en scène incarne avec prestance Rodolphe, personnage qui a des rencontres insolites, représentatives de l’exclusion sociale: un Chourineur (surineur, en auvergnat) joué par Romain Francisco, svelte et malicieux, gavroche et  assassin repenti et généreux ; l’acteur  est aussi Morel, un ouvrier honnête et opprimé par la misère et bien d’autres personnages hauts en couleur.
Jacques Courtès interprète le notaire Ferrand, bourgeois véreux et dépravé, abuseur des jeunes filles à son service. Il est aussi le maître d’école qui compose avec Zazie Delem, la Chouette, un couple infernal et profondément mauvais à la façon des Thénardier, maltraitant leur Cosette, ici Fleur de Marie, jouée avec panache et élégance par Sterenn Guirriec, crédible en fille des rues comme en religieuse inspirée. Marie Frémont est tour à tour Rigolette, une joyeuse  prostituée, ou la comtesse maléfique Sarah…
Répertorier la galerie miroitante de ces personnages, anges et diables à la fois, serait vain. Mais la danse-parfois un peu trop macabre-des comédiens mène bon train sur le plateau nu, plongé alternativement dans une nuit brumeuse et incertaine, ou bien pleinement lunaire avec un  jeu subtil d’étoiles hugoliennes parsemées dans le firmament (lumières de Mathieu Courtaillier).
À l’inverse, les figures du mal, à tête animale , révèlent une bestialité humaine éloquente d’effroi. Le spectacle pèche par une  désinvolture  et un côté un peu chaotique: il n’est pas facile de restituer l’intrigue fourmillante de ce roman. Mais la mise au scène sert avec une fougue juvénile la passion pour la compréhension politique, sociale du monde et entière, à travers une  foi en l’homme et un art joyeusement coloré du théâtre.

Véronique Hotte

Théâtre de La Tempête, jusqu’au 16 juin. T : 01-43-28-36-36.

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