L’Après-midi d’un faune

L’Après-midi d’un faune chorégraphie de Nijinski, Afternoon of a Faun,  chorégraphie de Jerome Robbins, L’Oiseau de feu chorégraphie de Maurice Béjart, Boléro, chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet sur une scénographie de Marina Abramovic.

L’Après-midi d’un faune  12-13-bol-006« M.  Nijinski, auteur du thème pittoresque de la chorégraphie et titulaire du rôle principal, méritait amplement l’honneur que vient de lui faire l’auteur de l’Après-midi d’un faune. Car, quoique à mon sens fondée sur une erreur de principe (la stylisation de la chorégraphie rejoignant non point le modèle naturel du geste humain, mais l’autre stylisation, des figures inscrites sur les vases grecs ou bien les bas-reliefs), la manière dont M.Nijinski interpréta plastiquement cette pièce m’avait paru riche de promesse et digne de toute sympathie pour ce qu’elle représentait de savoir, de conscience artistique et d’ingéniosité », écrivait un critique inspiré dans la revue Comœdia Illustré en 1913,  suite à la création de ce spectacle en 12,  d’abord au théâtre du Châtelet puis à l’Opéra de Paris de ce spectacle, sur une musique de Debussy,  avec des décors et costumes de Léon Bakst.
Depuis, cette version historique n’a cessé de rencontrer un succès public, et avec raison. En complément,  nous découvrons avec Afternoon of a Faun, la vision de Jerome Robbins, directeur  avec Balanchine du New York City ballet.  Ici le décor mythologique  est un studio de danse,  où on retrouve un très beau duo, empreint  de grâce et de sensualité. Il fait face au public qui représente un miroir virtuel de studio de répétition.
La soirée débute par L’Oiseau de feu,  chorégraphie de Maurice Béjart et musique d’Igor Stravinsky. Béjart  transporte cet autre succès des fameux Ballets russes-créé en 1910 à l’Opéra-dans les années soixante-dix: le mythe de la révolution idéale est symbolisé par le rouge des costumes et  celui du soleil. Béjart  disait: « L’Oiseau de feu est le Phénix qui renaît de ses cendres. Le poète, comme le révolutionnaire,  est un oiseau de feu». Ici, remarquablement dansé par Mathias Heymann.
Le  plus attendu: Le Boléro de Ravel, fruit de la collaboration de  Sidi Larbi Cherkaoui , Damien Jalet et  Marina Abramovic, performeuse et scénographe,  qui a conçu un grand miroir, en fond de scène, dédoublant les silhouettes des danseurs et permettant au public de voir les projections au sol. Les costumes sont de Riccardo Tisci, directeur artistique de Givenchy: des collants aux squelettes stylisés moulant le corps des  interprètes  qui font disparaître les différences physiques entre les deux sexes et qui nous donnent  à voir un bal de spectres envoûtants. Les mouvements circulaires des danseurs-dont Aurélie Dupont et Marie-Agnès Gillot-obéissent à une  cinétique très précise,  remarquable de précision.
Cette création d’une grande beauté a emporté l’enthousiasme des spectateurs et le nôtre.

Jean Couturier

Opéra de Paris, Palais Garnier jusqu’au 3 juin.

 


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