Ugzu.

Ugzu. p127987_3Ugzu de et avec Jean-Claude Leguay, Christine Murillo, Grégoire Oestermann.

Ugzu. Qu’est-ce que c’est ? Une tribu des îles Marquises, un oiseau rare, une maladie ? Ne cherchez pas plus loin, c’est tout simplement une «urne dont on ne sait pas quoi faire une fois les cendres dispersées». Un tracas de plus qui frappe nos trois compères et dont il veut mieux rire ensemble. Un rire de connivence car qui n’a pas connu certains de leurs déboires ?
Après Xu(objet bien rangé mais où ?) et Oxu (objet qu’on vient de retrouver et qu’on reperd aussitôt), Christine, Jean-Claude et Grégoire,  poursuivent leur recherche sémantique pour les petits maux qui n’ont pas encore de mots. Cette fois, ils traquent les « petits bonheurs » à baptiser. Mais attention : un petit bonheur c’est un tracas qui se repose.  Par exemple : « Quel est votre dernier pire meilleur souvenir ? « Les réponses fusent : « J’ai avalé la fève pour échapper à la couronne des rois. » Le plaisir a toujours son envers ,ainsi : « une vue splendide qui ne donne rien sur la photo ».

Construit comme une séance de travail, le spectacle se déploie dans un décor de bric et de broc: chaises bricolées  et de toute taille qu’on trimballe,  espèce de loupe géante, qui se déplace tel un travelling, comme pour scruter le monde. Entre une Christine Murillo facétieuse et autoritaire, un Jean-Claude Leguay mi-amer, mi- désabusé et un Grégoire Oestermann rêveur et imprévisible, difficile parfois de se construire un lexique commun et de trouver le diapason…
Bon an mal an, ils parviennent pourtant  à se mettre d’accord. Et tout finira par des chansons! Ceux qui ont suivi l’aventure du trio depuis ses débuts ne retrouveront peut-être pas la légèreté des premiers spectacles, mais on aura plaisir à suivre cette chasse aux mots jubilatoire.

Mireille Davidovici

Théâtre du Rond-Point  jusqu’au 30 juin.  T :  01 44 95 98 21.
www.theatredurondpoint.fr

A lire : Le Baleinié volume 4. Dictionnaire des tracas et des petits bonheurs, éditions Points. Le Baleinié l’intégrale, éditions Points
A voir : le DVD  Xu, éditions Copat


Archive pour mai, 2013

la nouvelle saison du théâtre de la ville

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville.

la nouvelle saison du théâtre de la ville photo-1Rituel du mois de juin: Le Théâtre de la Ville convie ses chers  critiques à sa conférence de presse annuelle. La présidente,  Dominique Alduy souligne la bonne santé du paquebot qui s’est promené cette année à Londres, aux Etats-Unis avec son Rhinocéros Victor ou les enfants au pouvoir ira  ainsi à Lisbonne et en Corée, Rhinocéros un peu partout en France mais aussi en Argentine et au Chili. Mais il est aussi le seul théâtre parisien à  accueillir autant de compagnies et de  spectacles étrangers.
 Emmanuel Demarcy-Motta,  qui va entamer sa cinquième saison  comme directeur, et  à qui on donne toujours vingt cinq ans,  souligne que dans les trois domaines Théâtre/ Danse/ Musique, il a en tout 100 programmes: 26 pour le théâtre et autant pour  la danse; 27 pour les musiques du monde et  13 pour le domaine classique pour une jauge d’environ 300.000 places sur les deux sites et ceux des théâtres partenaires comme le 104, Le Théâtre de la Cité internationale, Le Grand-Parquet, le Monfort et  cette année,  Le Nouveau théâtre de Montreuil. Avec une ouverture de septembre à juillet, y compris pendant les vacances scolaires, ce qui paraît normal mais qui devient presque exceptionnel  dans le paysage théâtral parisien.
 Ce qui, en ce ces périodes de vaches plutôt maigres, implique,  dit Emmanuel Demarcy-Motta,  une vigilance de tous les instants quant aux dépenses.  Et il a insisté sur l’importance d’une rigueur économique dans chaque secteur, s’il veut pouvoir continuer à co-produire autant de créations et programmer autant de tournées. Mais il y aussi, rappelle-t-il- le théâtre a vieilli!- et des travaux importants sont à prévoir , que  soit  pour  le proscenium bien  fatigué  ou  les loges d’artistes… Rançon d’un usage intensif!
 Ce sera aussi  la troisième édition du Parcours enfance et jeunesse,  avec l’aide des théâtre partenaires parisiens, soit neuf spectacles en danse, cinéma, théâtre,  et dès la rentrée 2013, dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs,  le Théâtre de la Ville proposera aussi , entre autres, des ateliers de pratique aux enfants et des séances de découverte des lieux de création.C’est-dit-il- d’une importance capitale de continuer un combat qu’avait initié Vitez à Chaillot puis Olivier Py à l’Odéon, en mettant aussi l’accent sur des spectacles en langue étrangère ,comme ce sera le cas cette saison avec, notamment, Peter Pan mis en scène par Bob Wilson.
Emmanuel Demarcy-Motta a aussi dit la nécessité qu’il y avait à penser l’activité de son théâtre en termes européens et sur la nécessité de faire sonner haut et fort la langue française chez nos voisins les plus proches, à commencer par l’Italie ou le Portugal qui sera cette année,  un partenaire privilégié.
Du côté de la programmation, que du solide!   Avec des metteurs en scène étrangers comme Christoph Marthaler, et surtout  Bob Wilson avec quatre spectacles:Living rooms au Musée du Louvre,   Peter Pan déjà évoqué plus haut, The Old Woman d’après Danill Harms en collaboration avec Mikail Baryshinikov et, enfin  la  reprise du mythique Einstein on the beach  créé il y a presque quarante ans déjà!
Thomas Ostermeier    viendra avec  Mort à Venise d’après Thomas Mann et Un ennemi du peuple de son cher Ibsen que le directeur de la Schaubühne continue à interroger. Et ,à voir absolument parce qu’il y a bien longtemps qu’on ne les avait pas vues: les très fameuses marionnettes du bunraku japonais mise en scène  par le photographe Hiroshi Sugimoto d’après  Double suicide à Sonezaki,  une œuvre de l’immense auteur et théoricien du 17 ème siècle, Chikamatu Monsaemon. Ne les ratez surtout pas!
Chez les Français, on ne  peut tout citer mais il y aura la reprise de Rhinocéros et l’excellent petit Ionesco suite, mise en scène par le patron ( voir le Théâtre du Blog) , ainsi que  Le Faiseur  cette pièce peu connue, et très noire, d’Honoré de Balzac .  La création par Eric Lacascade  d’une  des pièces les plus fortes de Techkov: Oncle Vania, et enfin Le Roi Lear; mise en scène de Christian Schiaretti.
Et enfin deux Corneille peu connues et jamais jouées, La Mort de Pompée et Sophonisbe,  mises en scène de Brigitte Jaques-Wajeman qui a, avec Corneille une vieille complicité et  qu’on pourra découvrir, même si elles ne sont pas de la veine du Cid…

Côté danse, notre ami Jean Couturier se prépare avec délectation à aller voir la  reprise de plusieurs spectacles des grandes dames de la danse contemporaine  qui se ont enfuies  il y a trois ans et cette année: Pina Bausch avec le fameux Palermo, Palermo et Trisha Brown avec deux programmes.
Mais il y aura aussi Anne Teresa de Keersmaeker, Jérôme Bel, et nombre de chorégraphes moins connus,  français comme étrangers. Tout se passe comme si l’innovation- même si c’est souvent les mêmes noms qui reviennent là aussi- était quand même plus évidente pour la danse dont les programmes attirent toujours les fans , que pour le théâtre,abonné, lui, aux valeurs sûres, quel que soit le type de création. Mais comment faire autrement si l’on veut équilibrer les finances tout en maintenant des pris de billets raisonnables? Elémentaire,  mon cher Wilson, dont on peut être sûr  que les   billets  hors abonnement pour ses spectacles partiront en quelques heures… Ce qui n’est pas  souvent  le cas  à  Chaillot,  pourtant doté d’une  riche programmation.
Reste, qu’on le veuille ou non, la nette impression que les programmes des institutions parisiennes, voire de banlieue, comme le Théâtre des Amandiers de Nanterre,  ont de plus en plus tendance à se ressembler. Et l’équation de la réussite: metteur en scène des plus connus étrangers ou français et/ou pièce connue ou ,du moins d’auteur connu, avec des comédiens renommés  voire célèbres,   n’ aura  jamais été aussi pratiquée. Mais au moins,  et on le dit pas assez ,Emmanuel Demarcy-Motta  sait s’entourer d’une bande  de  bons acteurs fidèles  qui ressemble de plus en plus à une véritable troupe, les emmener en tournée en France et à l’étranger.  Ce qui donne une véritable solidité à une grande maison…

Côté musique, pourquoi changer une formule qui a fait ses preuves depuis quarante ans avec un savant équilibre entre  de merveilleuses musiques du monde qui ont toujours des inconditionnels et des concerts de musique classique.
Bref, Emmanuel Demarcy-Motta a  raison de ne pas avoir trop d’inquiétudes:i l sait visiblement anticiper et le paquebot, doté d’une  équipe efficace, suit sa route… Il a rappelé la phrase que Jean-Louis Barrault  avait emprunté à Paul Valéry: « Barboter dans ce que l’on ignore au moyen de ce que l’on sait, c’est divin ».

Philippe du Vignal

L’Après-midi d’un faune

L’Après-midi d’un faune chorégraphie de Nijinski, Afternoon of a Faun,  chorégraphie de Jerome Robbins, L’Oiseau de feu chorégraphie de Maurice Béjart, Boléro, chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet sur une scénographie de Marina Abramovic.

L’Après-midi d’un faune  12-13-bol-006« M.  Nijinski, auteur du thème pittoresque de la chorégraphie et titulaire du rôle principal, méritait amplement l’honneur que vient de lui faire l’auteur de l’Après-midi d’un faune. Car, quoique à mon sens fondée sur une erreur de principe (la stylisation de la chorégraphie rejoignant non point le modèle naturel du geste humain, mais l’autre stylisation, des figures inscrites sur les vases grecs ou bien les bas-reliefs), la manière dont M.Nijinski interpréta plastiquement cette pièce m’avait paru riche de promesse et digne de toute sympathie pour ce qu’elle représentait de savoir, de conscience artistique et d’ingéniosité », écrivait un critique inspiré dans la revue Comœdia Illustré en 1913,  suite à la création de ce spectacle en 12,  d’abord au théâtre du Châtelet puis à l’Opéra de Paris de ce spectacle, sur une musique de Debussy,  avec des décors et costumes de Léon Bakst.
Depuis, cette version historique n’a cessé de rencontrer un succès public, et avec raison. En complément,  nous découvrons avec Afternoon of a Faun, la vision de Jerome Robbins, directeur  avec Balanchine du New York City ballet.  Ici le décor mythologique  est un studio de danse,  où on retrouve un très beau duo, empreint  de grâce et de sensualité. Il fait face au public qui représente un miroir virtuel de studio de répétition.
La soirée débute par L’Oiseau de feu,  chorégraphie de Maurice Béjart et musique d’Igor Stravinsky. Béjart  transporte cet autre succès des fameux Ballets russes-créé en 1910 à l’Opéra-dans les années soixante-dix: le mythe de la révolution idéale est symbolisé par le rouge des costumes et  celui du soleil. Béjart  disait: « L’Oiseau de feu est le Phénix qui renaît de ses cendres. Le poète, comme le révolutionnaire,  est un oiseau de feu». Ici, remarquablement dansé par Mathias Heymann.
Le  plus attendu: Le Boléro de Ravel, fruit de la collaboration de  Sidi Larbi Cherkaoui , Damien Jalet et  Marina Abramovic, performeuse et scénographe,  qui a conçu un grand miroir, en fond de scène, dédoublant les silhouettes des danseurs et permettant au public de voir les projections au sol. Les costumes sont de Riccardo Tisci, directeur artistique de Givenchy: des collants aux squelettes stylisés moulant le corps des  interprètes  qui font disparaître les différences physiques entre les deux sexes et qui nous donnent  à voir un bal de spectres envoûtants. Les mouvements circulaires des danseurs-dont Aurélie Dupont et Marie-Agnès Gillot-obéissent à une  cinétique très précise,  remarquable de précision.
Cette création d’une grande beauté a emporté l’enthousiasme des spectateurs et le nôtre.

Jean Couturier

Opéra de Paris, Palais Garnier jusqu’au 3 juin.

l’odeur des planches de Samira Sédira

L’Odeur des Planches de Samira Sédira.

l'odeur des planches de Samira Sédira dans analyse de livre 31tou1tydsl._sl160_  Formée  à l’école de Saint-Étienne, elle a joué au Théâtre de la Colline, au T.N.P. de Villeurbanne, au Théâtre National de Strasbourg, etc… mais   puis peu à peu, les contrats se sont arrêtés… Et, comme il faut bien vivre, Samira Sédira fait des ménages, vit la fatigue et l’humiliation de devoir pénétrer  chez des inconnus, de nettoyer leurs toilettes, de ramasser leur linge sale.
Dans son livre,  elle met en parallèle son
histoire, celle de ses parents avec sa rencontre avec le théâtre et son besoin de créer. Grâce à une amie, elle avait découvert  le théâtre à l’université;  ses premiers mots sur scènes sont ceux du Roi Lear : »Je ne sais plus quels étaient ces mots, mais je reste à jamais marquée par le silence de mes partenaires, leur incroyable écoute, si dense. Une émotion fiévreuse avait jailli de moi, comme si je n’avais pas parlé depuis des années (…) Alors sous les regards médusés et l’éclairage artificiel que j’absorbais par tous les pores de ma peau, j’ai laissé venir les larmes, la douce, la profonde montée des larmes, des sanglots longs qui venaient de loin.
« J’étais devenue lumière, je me sentais riche, enfin, et cette richesse me servirait tout au long de ma vie. J’avais le pouvoir »
Ses parents n’ont pas tout de suite compris quel était ce métier, cette voie qu’elle choisissait mais ils l’ont soutenue et tout se passait bien dans ce qu’elle croyait être « la grande famille du théâtre ». Quand elle n’a  plus de  travail, elle se renferme, ne sort plus et reste discrète sur son travail. « S’il m’arrive de croiser quelqu’un que je connais, je préfère dire que je ne fais rien pour l’instant, plutôt que d’avouer que je fais des ménages. Ou alors,  je mens, je m’invente des projets, je dis que je donne des cours de théâtre, à des enfants, dans les écoles, je raconte n’importe quoi »
Avec les Tchehkov, elle dit souvent qu’elle « a mal à Platonov », des mots qu’elle comprend parfaitement dans sa situation, quand il devient difficile de s’apprécier et  de vivre avec soi. Mais Samira Sédira se dit qu’elle doit faire quelque chose, elle a cette qualité qu’ont les créateurs, la capacité d’utiliser les arts pour éviter un trop plein, pour partager aussi. Ce qu’elle fait dans ce livre, qui n’est absolument pas porteur de ressentiment, et n’est pas là pour  montrer son c.v. et retrouver des contrats.
C’est simplement une confession courageuse, douce et sincère, crue quand il le faut. Et il n’est pas question que de théâtre: sa vie familiale s’imbrique au fur et à mesure du récit. Elle crée des rapprochements avec sa mère, fil rouge de cette histoire, cette mère, qui a fait un  mariage arrangé avec  son père, sans amour.  Samira Sédira, elle, est consciente de la chance de ne pas avoir eu à subir tout ça, ni le déracinement qu’a vécu sa mère…
Un récit bouleversant où il est question de théâtre et de création, une belle démonstration de courage et d’opiniâtreté. On a beaucoup de plaisir à la lire, et on espère  revoir très vite Samira Sédira sur une scène. Si le théâtre, provisoirement, ne l’aime plus, elle prouve ici son besoin de vivre au théâtre.

Julien Barsan

Editions La Brune au Rouergue 16€


p3230549 dans analyse de livre

2013 comme possible

2013 comme possible, des adolescents se racontent, mise en scène de Didier Ruiz

 

2013 comme possible visuel-2013-comme-possible

Emilia Stefani-Law

Libérer la parole, telle fut la démarche de Didier Ruiz et du chorégraphe Toméo Vergès pendant huit mois de travail avec des adolescents de Saint-Ouen, Clichy-la-Garenne et du 17  ème arrondissement de Paris.
2013 comme possible est le résultat de ce parcours, des plus sensibles,  où l’on perçoit leur univers.
Quatorze chaises face public, quatorze adolescents qui nous regardent. Chacun se raconte, devant les autres, avec pudeur mais sans tabou, sur leur intimité.
A la question, qu’est-ce que l’adolescence(?)  ils répondent : c’est une découverte, c’est apprendre à se protéger comme un papillon qui cherche à voler ; c’est perdre ses illusions ; c’est s’enterrer dans la terre et donner une forme au monde ; c’est décider ; c’est choisir entre le bien:les études, et le mal: la drogue, les filles, la boisson;  c’est une odeur, différente selon les saisons, jamais la même ; c’est la prise de responsabilités.
« Qui êtes-vous ( ?) » provoque  leur réflexion sur l’identité et le métissage, dont ils affirment que c’est un plus, une chance, même s’il y a parfois des tiraillements : ma mère est marocaine, mon père est tunisien, je suis français; ma mère, là-bas, est de nulle part mais, ici, elle est arabe ; je suis cent pour cent comorien ; je suis de mère algérienne et de père marocain, personne ne me croit quand je dis que  je m’appelle Isabelle, pas Sabrina ni Fatima ; je suis cent pour cent tunisien, cent pour cent français ; je m’appelle Siam, c’est mon prénom, de nationalité algérienne ; je m’appelle Epiphanie, tout le monde m’appelle galette des rois, mais j’aime mon prénom ; je suis africain, né en Guinée, j’ai un continent, des valeurs, une langue, mon père m’a dit…

La famille qui reconnaît mal que l’on grandit : mon père crie tout le temps et ma mère veut toujours que je lui dise que je l’aime ; je joue avec mon petit frère, je joue tout le temps même quand il ne faut pas, c’est bon pour l’imaginaire ; je joue avec ma petite sœur ; ma grand-mère et moi… dit-elle,  en tendant la photo à la salle, regardez…L’aspect physique, ce tsunami qui les transforme, un long temps de mutation ; celle qui n’a pas de poitrine mais qui porte un soutien gorge ; les règles ; les boutons et la crème ; les poils sur le pubis et l’inquiétude face aux potes ; ma taille…
La mort: quelles réactions, quelle interprétation ? Entre disparaître et vivre ; l’inconnu ; la mort de ceux que j’aime, je me demande ce que je deviendrai ; à mon enterrement, je veux tout le monde en jaune fluo ; le suicide, je pense à quelle méthode j’emploierai, médicaments, se tirer une balle, se défenestrer, j’en ai pas envie ; je ne sais s’il y a quelque chose d’autre après, s’il y a un enfer et un paradis, une réincarnation ; dormir, mourir :parfois je ne veux pas dormir par peur de ne pas me réveiller ; on revit dans un autre ; je ne serai pas triste ; je ne réfléchis pas à comment ça finit, on peut aussi se demander comment ça a commencé…

A la question:  vous a-t-on dit: je t’aime, l’avez-vous déjà dit ?, les réponses sont : c’est le regard des filles ; c’est grandir ; je déteste, (je t’m en texto) déjà le mot est court ; moment intense, quand le souffle de l’autre… on sait qu’on a grandi ; l’amour, c’est pas dans le cœur, c’est dans le cerveau ; j’aime ma mère, mon père, je dis : je t’aime à mon chat ; faire le tour du monde sur un voilier, avec mon amoureux, mon rêve ; je l’ai dit, mais je ne le pensais pas ; le mot est malade, trop souvent dit, banalisé ; je le ressens pas… trop dit ; sans, on meurt…
Les potes, la musique, les sorties, la cité Sortir avec les potes, c’est aussi oublier le quotidien et tout ce qu’il y a à faire à la maison, c’est changer d’air ; j’habite rue des Boute-en-train, une cité, on a un problème, on n’a pas de quartier; ceux de Garibaldi,  ils ont le quartier Garibaldi; ceux de Saint-Ouen,  ils ont leur quartier mais, nous, on n’a pas de quartier.
  C’est signé: Aliane Abdou, Epiphanie Aman, Quentin Aprile Mandillon, Erwan Atif, Clémentine Billy, Siham Boukhenaïssi, Isabelle Bousmah, Colline Charli, Clara Chebili, Naim Gharaïani, Myriam Lair, Maria Sabbah, Théo Sigognault et Toumany Traoré,  qui ont travaillé   avec Didier Ruiz, accompagnés par l’Odéon-Théâtre de l’Europe dans le cadre d’Adolescence & Territoire(s), l’Espace 1789 de Saint-Ouen, où le metteur en scène est en résidence, et le Théâtre Ruteboeuf de Clichy-la-Garenne, trois lieux, trois représentations.
Ils déplacent les chaises  en fond de scène, toujours face public. Deux adolescents se parlent entre les figures avec leur ballon de basket. Et quatorze, qui nous regardent  encore. Le spectacle est ponctué d’une  chorégraphie avec  un ou plusieurs d’entre eux, qui revient comme une chanson, avec jeux de mains, subtilement, jusqu’à ce qu’une musique mette en action tout le groupe : une musique qui me ressemble, dit l’un d’eux, qui m’aide à aller à l’école, une musique qui me donne la patate.
Non, les ados ne sont pas que… Ils sont aussi tout ça, et,  ici, chacun est son propre auteur.

Brigitte Rémer

 

Vu le 18 mai à l’Espace 1789 de Saint-Ouen. Prochaine et dernière représentation: le 8 juin, au Théâtre Rutebœuf de Clichy-la-Garenne, 18, allée Léon Gambetta. T : 01-47-15-98 -50

http://www.dailymotion.com/video/xziegs

 

 

 

 

 

Mouvement [capturé] – Biennale nationale de photographie de danse

Mouvement [capturé] - Biennale nationale de photographie de danse  120x176_cdl_pedropauwells-hors-limoges.1

Mouvement [capturé]-Biennale nationale de photographie de danse.

C’est une première édition, imaginée et réalisée par le danseur et chorégraphe Pedro Pauwels, qui fait se croiser  l’art photographique et l’art de la danse,  à  Limoges où sa compagnie est en résidence depuis trois ans.
La proposition est multiple: expositions,    tables rondes  et  performances dansées, dans différentes rues et vitrines. Invité  à exposer son travail, Laurent Paillier présentait ainsi au Pavillon du Verdurier,  Belles de danse, une trentaine de grands formats , où il  donne sa vision de l’interprète soliste, au féminin:  Azusa Seyama, dans Rought cut de Pina Bausch, montrant,  comme une peinture, la danseuse de dos et torse nu, bras croisés pour cacher sa poitrine, geste suggéré par la position de ses mains, cheveux noués en chignon dégageant la nuque, drapée d’une jupe de soie rouge fermée par un grand  nœud donnant du mouvement à l’étoffe, et hauts talons laissant entrevoir la cheville.
Germaine Acogny, dans Songook Yaakaar, dont le visage de trois-quarts, au regard concentré à l’extrême, quasi théâtral, le bras tendu et la main expressive comme une branche tordue, lui conférant un pouvoir magique.  Kaori Ito où dans  The Island of no memories, un saut ouvert  la propulse  en l’air comme une mouette, robe et cheveux envolés. Et les interprètes de Cunningham, Diverrès, Duato, Forsythe, Preljocaj…  Laurent Paillier n’en est pas à son coup d’essai: il fixe la danse  en un temps et un instant décisif.
La seconde étape est liée à la transmission,  avec les travaux  des étudiants de l’Ecole d’art de Limoges,  suite à un atelier mené par Laurent Paillier et Pedro Pauwels: clichés,  séries  et réflexions, à partir de photos, dessins et  encres..
Ils ont mis en perspective les enchaînements des postures et dissociations des gestes, que  leur suggérait le mouvement dansé: Capture de mouvements à partir d’un son, cinq clichés de Li Zhu ; Aisthanestai, une série de trois clichés, mouvement d’encre diluée, d’Hélène Parveau  ; Cinq secondes de pesanteur, performance sur mousse à mémoire de forme de Lucie Berthon ; Le flou, outil pour capturer le mouvement, série de cinq clichés de Laurent Furelaud et Gaëlle Pradignec.
La troisième étape: Thierry Laporte et Mathieu Roth le Gentil exposaient  dans les  vitrines des Galeries Lafayette, Krys, Nicolas, Maroquinerie de Paris… des clichés grand format  sur le thème A la découverte de la photographie de danse régionale. Accompagnant ces photos, des performances dansées étaient présentées dans les rues du centre ville et dans des vitrines,  ainsi que sur  un plancher de danse, installé  Place de la Motte.
Ces différents moments improvisés ont permis aux danseurs de la compagnie Pedro Pauwels et à ceux du groupe Présence’s  de partager avec les habitants leurs mouvements musicaux et chorégraphiques.
A la galerie du Jardin d’Hiver, lieu magique de la Bibliothèque Francophone Multimédia, étaient exposés des clichés d’habitants du Limousin, sur le thème : La danse autour de moi, accompagnés de quelques mots racontant leur rencontre avec la danse. Regards et sensibilités hétérogènes, du bal populaire au flamenco, en passant par le « balai » de la ménagère, jeu de mots et jeux de mains avec ballet, ont créé une belle dynamique , réunissant toutes les générations. Le vernissage s’est fêté avec une performance dansée, qui donnait tout son sens à la démarche.
Trois tables rondes  sur les rapports entre photo et danse sont aussi progammées.1) Photographier le mouvement dansé : entre technique et intuition. Philippe Verrièle, critique de danse,  a donné quelques précieuses pistes de réflexion. Ainsi, la définition de Lois Greenfield: »La danse est un paysage, le mouvement son interprétation », ou cette remarque d’Auguste Rodin : « La photographie est menteuse ». Des questions, et peu de réponses, à travers ce parcours historique et ces interactions entre peinture et photo, ont montré  la complexité du sujet : photographier la danse, ce n’est ni le mouvement, ni la danse, serait-ce l’œuvre ? Comment capter l’énergie chorégraphique et montrer les qualités de la danse : air, eau et feu? La photo, démarche scientifique ou artistique ? Est-elle soumise à la danse ? Quelle est l’origine de cette interaction ?

2) De la photographie de danse, objet documentaire ou artistique ? animée par Daniel Barroy, chef de la mission de la photo au ministère de la Culture. Pour lui, la photo, sous-tendue par une intention, n’est  pas une image. Et, si elle est un mode d’expression autonome, sa fonction documentaire transcende l’insuffisance de l’écrit, et sa fonction mémorielle, permet de garder les instants fugitifs d’un spectacle. On a aussi parlé  de Muybridge et de ses décompositions du mouvement, de l’orientalisme  puis des danses de salon, jusqu’à la  numérisation des fonds, et des droits d’auteur,  en sachant, selon Kundera, que « la mémoire est photographique ».
3) Animée par Philippe Verrièle, elle  avait pour thème  La photographie de danse, outil pour le patrimoine chorégraphique ? Certains ont un corpus, comme Pina Bausch, d’autres, comme Odile Duboc, n’en ont pas et chacun cherche sa marque de fabrique. Le photographe se doit de trouver un équilibre entre son goût et le travail du chorégraphe, et si la photo de danse a bien une valeur documentaire, elle contribue aussi à l’existence de l’œuvre. Le Directeur Régional des Affaires culturelles, Philippe Geffra, lui, évoqué « l’éloge de l’éphémère » et défini la photo de danse, comme  « une suspension dans le temps ». Le  Conseil Général et d’autres partenaires publics et privés ont soutenu cette   première édition et ont  joué gagnant, en termes de proposition et d’organisation ,  comme  de rencontres avec les habitants.
« Photographier la danse est impossible (…) L’intéressant dans la démarche, c’est la rencontre des deux arts: la photographie -la danse- le mouvement, son vertige et sa mort éternisée. Alors la photo s’envole et devient autre chose que reportage, elle est code, formule magique, jeu du je » ! disait Maurice Béjart à la photographe Colette Masson…

Brigitte Rémer

Pavillon du Verdurier, Bibliothèque francophone multimédia, vitrines du centre ville, Limoges, du 10 au 12 mai.
Compagnie Pauwels : www.cie-pedropauwels.fr
Laurent Paillier : www.photosdedanse.com -

Trio 2013

Trio 2013 d’après Boguslaw Schaeffer, mise en scène d’Urszula Mikos.

Trio 2013 samedi-soir-blog-copie-1Trois chaises, un papier peint  années  cinquante , autrement dit hors du temps, trois hommes en costume sombre et cravate, autrement dit n’importe qui, qui vont faire devant nous n’importe quoi, à commencer par une surréaliste acrobatie. Boguslaw Shaeffer, encore peu connu en France, est un compositeur et auteur dramatique polonais auquel Urszula Mikos revient régulièrement, d’où le titre Trio 2013, après Trio 2000 et Quartette 1993, toujours avec des comédiens virtuoses et d’une totale générosité. Il le faut, pour jouer à la fois la partition musicale écrite-rythmes, souffles, polyphonies- et les plages d’improvisation laissées en blanc par l’auteur.
Cette fois, ce sont Régis Ivanov, Michel Quidu et Olivier Werner qui s’emparent de cette matière et la fabriquent à vue. Trois fortes personnalités, trois présences étonnantes, apparemment infatigables. De quoi ça parle ? De tout et de rien, des rapports entre les êtres humains, , d’être ou ne pas être, du temps qui passe et de ce qui ne passe pas, qu’on n’arrive pas à avaler.
Parfois, ça ne parle pas : juste la présence ironique des acteurs dans ce lieu qui fait penser, on ne sait pourquoi, aux romans de Raymond Queneau. Ou plutôt si, on sait pourquoi : l’écriture est très oulipienne, très marabout-d’-ficelle. Il y a parfois des moments où l’on attend qu’il se passe quelque chose, mais on n’aura pas attendu pour rien : il se passe quelque chose.
Rendons hommage aux comédiens qui mènent tout cela à corps perdu–mais jamais perdu, toujours incroyablement contrôlé-même quand ça paraît impossible-. Peut-être  faudrait-il que l’aspect musical de la chose  soit souligné pour que nous entrions dans tous les instants de l’affaire. Mais telle qu’elle est,  nous en sommes éblouis, enchantés. De quoi ça parle ? De l’infini du langage et du théâtre.
Ça se passe dans le joli petit théâtre créé rue Bara, à Montreuil par Olivier Cohen et Urszula Mikos. Allez voir, vite.

Christine Friedel

Jusqu’au 28 mai. 01 74 21 74 22

La Fabrique rue Bara 93100 Montreuil Métro: Robespierre.

Mon amour

Mon amour  de Thomas Ferrand. 

 Mon amour monamour-hd01_m-delahayeUn papier peint à fleurs, sur le sol et les murs, donne la profondeur de champ, coiffé de lanières rouges qui forment comme une voûte. L’immobilité de l’acteur qui nous regarde entrer (Laurent Frattale), portant un splendide bouquet blanc de lys et de fleurs sophistiquées, est  trompeuse; c’est  un parfait Dom Juan qui, sitôt après, se démasquera en se déchaînant, crescendo.
Et il aura une bonne cible:  Elvire, Charlotte ou Mathurine(Sandra Devaux ou Virginie Vaillant) qu’il tabasse à coups de bouquet, jusqu’à déplumer ces belles marguerites et transformer le paysage intérieur en véritable champ de bataille.
La célèbre réplique d’Elvire « Me ferez-vous la grâce… » se dit ici comme une action de grâce annonée, à toute vitesse, ou comme le catéchisme appris par cœur sans en comprendre le moindre mot, cela n’est pas très important. Et l’on remet sur le métier maintes fois l’ouvrage, comme l’aiguille du vieux pick-up sur le 33 tours, qu’on passe en 45 puis en 78, au moment le plus aigu de la scène de ménage. Bis répétita… ça gratte et le disque est rayé.

Ici, ni valet ni maître, un boxeur entre deux rounds, un look à la Johnny et une princesse déchue mi-sainte vierge mi-allumeuse. Des bombes de farces et attrapes envoient leurs étoiles bien filantes sur les spectateurs. Un livre brûle, est-ce Molière qu’on assassine ? Oublions le mythe, le commandeur est en coulisses et M. Dimanche pas prêt de revoir son  argent !
Nous sommes dans une brume verte (scénographie et lumières de Sallahdyn Khatir), rêvassant au sifflement d’un oiseau; la musique, de temps à autre, permet l’éloignement de ce pavillon des agités où l’on se désintègre tranquillement, pour cinquante-cinq minutes qui valent bien cinq actes et vingt-sept scènes.

Brigitte Rémer

Théâtre de la Cité Internationale, 17, Boulevard Jourdain. 75014. Paris,  jusqu’au 1er juin, tous les jours à 21h, le jeudi à 19h30, relâche mercredi et dimanche. www.theatredelacite.com, Tél : 01-43-13-50-50

Judith (Le Corps séparé)

Judith (Le Corps séparé) patrick-berger-artcomart-2

Judith (Le Corps séparé) d’ Howard Barker, mise en scène de Chantal de La Coste

À l’origine du mythe, Judith est l’héroïne d’un récit biblique qui raconte comment dans la ville de Béthulie, assiégée par les Assyriens, une jeune et belle veuve-Judith- pieuse et fortunée, s’engage à se rendre au camp du général ennemi Holopherne, par compassion pour son peuple, réduit au manque d’eau et dont les concitoyens s’apprêtent à livrer la ville par lâcheté. Après avoir passé une nuit sous la tente du chef sanguinaire en évitant déshonneur et viol, Judith le décapitera.

Cette fiction a rendu courage au peuple juif aux moments les plus tragiques de son histoire. Le récit est un conte noir merveilleux, où le plus faible-une jolie et digne femme-réduit le plus fort à sa merci. Judith simule une soumission admirative face au dangereux stratège afin de le séduire : la démarche est un  succès  grâce à sa foi.

Les dramaturges ont été nombreux au cours des siècles à s’emparer du mythe sous l’éclairage de l’Histoire : combat pour la liberté, sacrifice pour le peuple, démocratie face au nazisme. Howard Barker s’est saisi du mythe initial pour le revisiter à sa façon: subversive, amorale etpolitically incorrect. Judith, dans la traduction de Jean-Michel Déprats, privilégie une écriture existentielle grâce à l’économie des mots, à la netteté vive des sentiments ambigus, l’inconfort du soupçon de mensonge, la justesse et la subtilité d’une parole troublante. La composition littéraire confère au dialogue intense des deux figures le halo poétique d’une langue à la fois nue et mystérieuse.

Un troisième personnage, la servante, que Barker voit comme l’idéologue de sa maîtresse, la véritable instigatrice de l’acte et le reflet de l’opinion, assiste, de l’extérieur à l’entretien, moqueuse et pragmatique. Judith ne supporte pas de la voir rire au moment où Holopherne se met à découvert : ” C’est la vraie putasserie quand une femme se moque de la pudeur d’un homme”. L’homme et la femme se révèlent les partenaires d’une force identique dans la conscience maîtrisée d’un “être-là” au monde, rivalisant de joutes philosophiques ou bien de provocations sensuelles, naviguant entre désir et contrôle de soi.

La mise en scène raffinée de Chantal de la Coste œuvre dans le sens de ce jeu d’amour et de répudiation, de vie et de mort. Holopherne souhaite s’entretenir de la fatalité tragique en cette dernière nuit avant la bataille. Sur un sol recouvert d’un beau sable blond, la tente protège la couche du tyran et guerrier, non loin de l’armée qu’on sait prête à se lever. Métaphore militaire, sont déposés sur la plage des casques de fer que l’éclairage d’un mirador, de temps à autre, fait scintiller, rappel régulier de la sentinelle pour le massacre, dès la levée du jour.

“ Si la victoire est l’objet de la bataille, la mort en est le sujet”, dit Holopherne qui dit ne pouvoir être aimé, car partagé entre cruauté, absence de compassion et sensibilité. Judith se déclare malheureuse comme son interlocuteur, avec  ”le privilège d’afficher un visage mélancolique”.

Les impossibles amants ont l’intention respective de réprouver comme d’embrasser, de tuer l’autre et de l’aimer, en même temps. Le duel est à armes égales, entre pensée et abandon. Sophie Rodrigues en suivante instinctive, pratique avec plaisir une diction naturelle. Hervé Briaux, stature imposante et fragilité sourde, apporte à Holopherne réserve et panache. Anne Alvaro, grande actrice tragique, tendue et lumineuse, fait entendre des cris sublimes de bête meurtrie, des hurlements profondément humains de victime traquée. C’est un magnifique  non désespéré, un refus de l’horreur qui n’en finit pas de se répandre par-delà le temps.

Véronique Hotte

Jusqu’au 9 juin, MC93 Bobigny. T: 01 41 60 72 72

Chaillot Nomade – Keith Haring-The political line.

Performance dansée d’Alban Richard au sein de l’exposition Keith Haring-The political line au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Chaillot Nomade - Keith Haring-The political line. khKeith Haring figure du street Art dans la lignée d’Andy Warhol avait toutes les composantes pour devenir une icône artistique après sa mort, carrière  riche et fulgurante,  homosexualité encore tabou à l’époque, et décès suite au Sida.
C’est devant une grande peinture vinylique sur bâche  de 1983 située juste à la sortie de l’exposition de l’artiste mort prématurément à l’âge de 32 ans que le chorégraphe s’est produit.
L’exposition en collaboration avec le 104, (une vingtaine de toiles grand format), regroupe 220 œuvres de Keith Haring depuis ses créations de jeunesse jusqu’à son émouvante toile inachevée  de 1989. Le visiteur découvre les thèmes récurrents abordés, le capitalisme, la religion, le racisme et bien sur le sexe, le sida et la mort.
La performance dansée de trente minutes des deux danseurs dont Alban Richard  sur une musique de guitare électrique et un texte lu de Keith Haring, allège ainsi la tonalité sombre, malgré les couleurs fluo du contenu de l’exposition. Les deux danseurs en tenue de sport et bas résille ! semblent directement issus de la toile derrière eux. Le public  qui vient à peine de terminer sa visite est surpris. Cette initiative de Chaillot Nomade permettent d’aborder les œuvres d’un  créateur avec un autre regard.

Jean Couturier

Présenté dans le cadre de la programmation du théâtre National de Chaillot

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