Kontakthof

Kontakthof, une pièce de Pina Bausch par le Tanztheater de Wuppertal

Kontakthof j-couturier-autorise-pat-la-ciePourra-t-on un jour se passer du Tanztheater au théâtre de la Ville et ailleurs ? Nous sommes des milliers de spectateurs à nous poser la question !
Le manque risque d’être grand, même si resteront de nombreux livres, des photos, des affiches ou des vidéos. Irremplaçables comme celles de Tadeusz Kantor, Merce Cunningham ou Giorgio Strehler , les images de la chorégraphe resteront dans les mémoires collectives et individuelles. Ce qui pousse un public passionné à se presser dès l’ouverture des abonnements ou au guichet de ce théâtre même quand il ne reste que 288 places…vendues en moins de deux heures.
Kontakhof est donc repris avec la troupe de Wuppertal, et ce spectacle sans doute un des plus marquant pour le public est entouré de nombreux superlatifs. Une pièce sur laquelle on a le plus écrit, jouée dans le monde entier,  qui a connu plusieurs générations de danseurs et dont il y a une version pour les adolescents et une autre pour des danseurs et des danseuses de plus de soixante-cinq  ans.
La pièce a donné lieu à deux films émouvants pour chacune de ces deux versions, et  a suscité l’écriture de livres. Elle aura marqué définitivement tout amoureux de la danse et du théâtre. Dans un décor de salle de bal conçu par Rolf Borzik, des femmes et des hommes tentent d’entrer en contact sur des musiques, en particulier celles de Juan Llossas et Jean Sibelius.
Il n ‘est pas utile de décrire ici en détail ce qui se passe sur scène. Il faut le vivre tout simplement et donner la parole à Pina Bausch quand elle dit dans le livre consacré à la version des personnes âgées, « Kontakhof est un lieu où l’on se rencontre pour chercher contact, se montrer, se défendre. Avec angoisse. Avec désir… Déceptions. Désespoirs. Premières expériences. Premiers essais. La tendresse, et ce qui peut de là surgir, était un thème de travail important. Le cirque, par exemple, en était un autre. Montrer quelque chose de soi, se surmonter ».
Heureux spectateurs qui pourront entrer en contact d’une certaine manière avec les danseurs tous profondément attachés à l’âme de cette pièce, sous le regard tendre de Dominique Mercy et Lutz Föster qui a été nommé en avril directeur artistique. La transmission de cette œuvre qui a connu plusieurs versions à différentes époques n’a réussi à se faire que parce qu’il a toujours existé un lieu permanent et une troupe, chose rare dans le contexte de la scène aujourd’hui.
Cette pièce traversant le temps a rencontré chaque fois un nouveau public très ému à chaque final. Il y a de l’émotion dans ce spectacle mais aussi de la légèreté aussi, laissons donc parler un des personnages quand il est assis en avant scène et nous prend à témoin, « Les plus belles nuits, ce sont les nuits d’été étoilées. Et alors quand on rentre avec son amie, on lui montre les étoiles. Et les grandes étoiles, ce sont les gros, beaux, et longs baisers. Eh! bien sur les constellations, ce sont les petits baisers que l’on donne, et alors bien sûr…le chemin peut bien être long, il semble toujours plus court quand on va de constellation en constellation et hop ! on est à la maison » ».
Kontakhof, c’est la vie tout simplement.

 

Jean Couturier

Théâtre de la Ville jusqu’au 21 juin.

 


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