Adieu Ginz

Adieu Ginz…

Adieu Ginz andre-ginsburgerJe ne prendrai plus l’ascenseur du 47 rue de Richelieu, à Paris,  porte à gauche, 7 ème étage.  André Ginsburger aura  eu une vie  extraordinairement remplie:  de la Comédie de l’Est après la guerre, au Théâtre de l’Alliance française à la direction du festival de Sarrebrück . Mais, comme agent  surtout, il aura  accompagné, excusez du peu: Le Royal de Luxe, Jérôme Savary et son Magic Circus, Dominique Houdart, Le Living théâtre, la compagnie russe du Licedei, et tant d’autres…  Toujours avec une perspicacité et une intelligence remarquables. Il avait des antennes et des correspondants dans le monde entier,  et nous lui devons, nous Théâtre de l’Unité,  dix ans de tournées internationales.
Son catalogue était une référence, et quand il ne croyait pas trop à un spectacle,  il le  déconseillait.Il suivait  tout avec une attention et un discernement remarquables. Dès 73, il avait  senti que le théâtre de rue et le nouveau cirque allaient être les pics innovants de l’histoire du théâtre de cette  fin du XX ème siècle.
Je lui avais   demandé une fois  pourquoi une chape d’ennui  avait  recouvert le théâtre académique dans les années 80. Et  il  m’avait répondu  que  c’est Vitez qui avait désincarné le théâtre, ou quelque chose comme ça, mais que, lui,  se considérait  plus ou moins responsable de sa nomination  comme professeur au Conservatoire National  parce qu’il l’avait recommandé au directeur de l’époque, Pierre-Aimé Touchard.
Nous  perdons vraiment un homme de grande culture. J’étais allé le voir il y a trois semaines; son estomac était fermé à toute nourriture, il avait maigri, mais l’œil et la pensée restaient vives. Il me rappelait sans arrêt que nous avions compté pour lui, et je lui disais que c’était réciproque… Seul, son chat était le témoin de notre conversation.
Quand on meurt à 88 ans, ce n’est pas vraiment triste, mais ce sera pour ses proches et pour ceux qui l’ont connu une immense absence. J’avais vraiment envie de lui parler, je venais de lui envoyer le dossier de presse de notre Macbeth en forêt, mais il n’aura pas pu me faire de commentaire. Sa mort aura fait tout de même un heureux, celui qui avait acheté son appartement en viager…
Nous serons au Père Lachaise le 19 juin, ce serait si bien qu’il puisse assister à l’hommage que nous allons tous lui faire…

Jacques Livchine


Archive pour 15 juin, 2013

Adieu Ginz

Adieu Ginz…

Adieu Ginz andre-ginsburgerJe ne prendrai plus l’ascenseur du 47 rue de Richelieu, à Paris,  porte à gauche, 7 ème étage.  André Ginsburger aura  eu une vie  extraordinairement remplie:  de la Comédie de l’Est après la guerre, au Théâtre de l’Alliance française à la direction du festival de Sarrebrück . Mais, comme agent  surtout, il aura  accompagné, excusez du peu: Le Royal de Luxe, Jérôme Savary et son Magic Circus, Dominique Houdart, Le Living théâtre, la compagnie russe du Licedei, et tant d’autres…  Toujours avec une perspicacité et une intelligence remarquables. Il avait des antennes et des correspondants dans le monde entier,  et nous lui devons, nous Théâtre de l’Unité,  dix ans de tournées internationales.
Son catalogue était une référence, et quand il ne croyait pas trop à un spectacle,  il le  déconseillait.Il suivait  tout avec une attention et un discernement remarquables. Dès 73, il avait  senti que le théâtre de rue et le nouveau cirque allaient être les pics innovants de l’histoire du théâtre de cette  fin du XX ème siècle.
Je lui avais   demandé une fois  pourquoi une chape d’ennui  avait  recouvert le théâtre académique dans les années 80. Et  il  m’avait répondu  que  c’est Vitez qui avait désincarné le théâtre, ou quelque chose comme ça, mais que, lui,  se considérait  plus ou moins responsable de sa nomination  comme professeur au Conservatoire National  parce qu’il l’avait recommandé au directeur de l’époque, Pierre-Aimé Touchard.
Nous  perdons vraiment un homme de grande culture. J’étais allé le voir il y a trois semaines; son estomac était fermé à toute nourriture, il avait maigri, mais l’œil et la pensée restaient vives. Il me rappelait sans arrêt que nous avions compté pour lui, et je lui disais que c’était réciproque… Seul, son chat était le témoin de notre conversation.
Quand on meurt à 88 ans, ce n’est pas vraiment triste, mais ce sera pour ses proches et pour ceux qui l’ont connu une immense absence. J’avais vraiment envie de lui parler, je venais de lui envoyer le dossier de presse de notre Macbeth en forêt, mais il n’aura pas pu me faire de commentaire. Sa mort aura fait tout de même un heureux, celui qui avait acheté son appartement en viager…
Nous serons au Père Lachaise le 19 juin, ce serait si bien qu’il puisse assister à l’hommage que nous allons tous lui faire…

Jacques Livchine

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