Que faire? Le retour

Que faire ( Le Retour)  de Jean-Charles Massera, mise en scène de Benoît Lambert.

Que faire? Le retour que-faire-615_vincent-arbeletLe Théâtre de la Colline vient heureusement de reprendre dans la grande salle ce spectacle décapant, vu en 2011, interprété avec brio par  François Chattot et Martine Schambacher, un couple de  grands acteurs qui ont fait les beaux jours d’Hérisson et du Théâtre de Bourgogne avec la bande de Jean-Paul Wenzel, Jean-Louis Hourdin et Olivier Perrier.
Une cuisine au jardin bordée par de grandes piles de livres aux belles reliures, entassés sur sur de grands plateaux. L’homme est attablé à bricoler, sa femme chargée de courses vide frénétiquement son cabas, sert la soupe, s’attable. Elle est en train de lire et cite une des Méditations de Descartes  : « Maintenant que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m’appliquerai sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions ».
Le couple se met à ranger les livres comme  entre autres le célèbre De la démocratie en Amérique d’Alexis de Tocqueville. Le mari  dit:  » La propriété c’est le vol, mais la propriété c’est la liberté ! En théorie,  ça peut être juste, mais en pratique, ça ne vaut rien ! » Et au fil des rangements, ils passent en revue le totalitarisme:  « Les droits de l’homme, ça existe pas, il y a des hommes. Puis mai 68:  « on fait quoi avec ? (…) un phénomène collectif de voyance qui a engendré les impasses de la crise actuelle en France, chaque fois le possible a été refermé ! »
Ce voyage de Français moyens dans nos bibliothèques pose l’interrogation suprême que nous sommes en train de vivre: « Comment en est-on arrivé à cette furie économique, à nous livrer à la fornication dans les harems de la frigidité affective ? L’argent a tout, il n’est rien ! »
La deuxième partie se veut plus théâtrale:  la femme se travestit en Nina Hagen, et son mari chante avec une belle prestance; ils finiront tous les deux par démonter leur cuisine, aligner les bouteilles, se masquer avec des assiettes en carton et sur la chanson Boum de Charles Trenet: « La pendule fait tic tac tic tac. Les oiseaux du lac font pic pic pic pic. Glou glou glou font tous les dindons. Et la jolie cloche ding din don ».
Benoît Lambert qui avait déjà monté plusieurs spectacles passionnants avec Jean-Charles Massera comme We are la France  et We are l’Europe, vient-et c’est heureux-de succéder à François Chattot à la tête du Théâtre Dijon-Bourgogne.

Edith Rappoport

Théâtre de la Colline jusqu’au 22 juin, du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30, dimanche à 15 h 30, Tél 01-44-62-52-52 http://www.colline.fr


Archive pour 18 juin, 2013

La culture comme promesse d’une métropole citoyenne

 

La culture comme promesse d’une métropole citoyenne, rencontre des directeurs des affaires culturelles d’Île-de-France.

La culture comme promesse d’une métropole citoyenne 62a87f3882

A l’invitation de l’association des directeurs des affaires culturelles en Île-de-France, et de la Fédération nationale,  Véronique Balbo-Bonneval, directrice générale adjointe à  la communauté d’agglomération de Saint -Quentin-en-Yvelines a organisé cette rencontre et en a assuré la présidence.
Elus et professionnels de l’Etat et des collectivités territoriales, artistes, opérateurs culturels, chercheurs, acteurs économiques, urbanistes et aménageurs, se sont réunis pour partager leurs réflexions sur le thème du Grand Paris-Plaine commune.
Ils ont échangé leurs points de vue sur le nouvel enjeu culturel comme clé du développement local et global, et sur l’articulation entre créativité et héritage de la démocratisation culturelle, au cours de quatre tables rondes. « Il n’y a pas de ville , s’il n’y a pas de représentation mentale de la ville »,  rappelle l’un d’eux, citant Julien Gracq.
1) Dans la société participative de demain,  société de la connaissance autant que des loisirs, tout est à inventer… Alors comment passer d’une approche culturelle « ville centre-banlieues à une ville multipolaire » et comment faire pour que chacun ait un endroit qui ne soit pas laissé pour compte ? La culture se repense dans les périphéries, reconnaît Patrick Braouezec, Président de Plaine Commune qui qualifie de mille feuilles, les contrats de développement territorial, affirmation politique de coopération entre l’Etat et les collectivités territoriales.

S’ils ne comportent pas à ce jour de volet financier, ils devraient comprendre  un volet culturel et citoyen. Braouezec évoque, avec Pierre Mansat, chargé de Paris Métropole auprès du maire de Paris, la recherche d’un autre modèle de ville et de nouvelles méthodes de gouvernance. Fondée sur un système complexe de relations, l’idée de culture ne devrait plus faire référence aux seuls  équipements, mais à la dynamique de projets et à la question du « vivre ensemble ».
2) Des expériences mêlant « acteurs publics et acteurs privés de la culture » ont été présentées: le mécénat de compétence et l’accompagnement des émergences, avec l’exemple donné de la friche industrielle de Pantin comme prototype d’un territoire mixte et d’un éco-système privé/public ; l’évocation de la maîtrise d’ouvrage et des conditions qui en découlent: ouvrir le droit à la concurrence, stopper la loi du moins-disant, utiliser les outils de contractualisation, avoir une vision du territoire en termes de service aux publics et s’inscrire dans une problématique d’adaptation.
Les intervenants ont aussi parlé de la nécessité d’élargir notre conception de la culture et Jean-Louis Bonnin, à partir de son expérience à Nantes, a évoqué la nécessité de créer des lieux de rencontre et de convivialité, avec le besoin de repenser le quartier, en amont des projets.
3) Comment garantir l’équilibre entre développement urbain et service public de la culture, entre droits culturels et ville créative ? Cette table ronde a évoqué, entre autres, la mobilité et le foncier. Charles Ambrosino, de l’Institut d’urbanisme de Grenoble, a reconnu que la ville était créative mais dévorée par les nouvelles technologies, et mis en relief le paradoxe entre  création individuelle et  création collective.

Le Président de Paris Métropole et de la Fédération nationale des collectivités pour la Culture, Philippe Laurent, a donné la statistique : 206 entités administratives adhèrent à ce jour à Paris Métropole, et Nicolas Frize, compositeur, seul représentant de la corporation des artistes, a parlé de son expérience, dans Plaine Commune. La pertinence de son intervention a été remarquée, contre-point salutaire d’une journée de consensus mou. Frize a évoqué le syndrome de Bilbao: un équipement important mais qui ne fait pas émerger de projet artistique, ce qui allume des clignotants. Il a aussi évoqué l’amagalme entre les notions d’identité et de diversité culturelles, d’inter et poly-culturalités, entre les sentiments d’appartenance et de non-appartenance, et suggère plutôt de parler des modalités de vie, d’éducation commune et de conscience collective.
Pour lui, la culture est un «dépôt, ce que nous produisons, des déplacements et de l’action. Tout est culture et chacun de nous est un autre, alors pourquoi nier les parcours individuels et « anthropologiser » les peuples », demande-t-il ? L’exemple du travail qu’il a engagé depuis deux ans chez PSA Peugeot, (entretiens avec les salariés et création musicale à partir de pièces fabriquées dans l’usine), s’apparente à un travail sur la mémoire. La parole collective devient ici action de création.
4/Les participants à la dernière table ronde se sont interrogés sur la «défense du service économique d’intérêt général auprès des instances européennes» qui posent la question vitale du maintien du financement public. Le discours juridique d’Eric Baron, avocat, fut ardu mais utile car il mettait en lumière le danger des textes qui, actuellement, se mettent en place, au niveau européen et l’imprécision de la Commission. La notion d’exception culturelle, quoiqu’à double tranchant, pose la question du respect, dans le cadre européen, des spécificités  françaises.  L’optimisme n’était pas de mise…
A la veille des élections législatives européennes, l’urgence de se fédérer, sans positions sectorielles, pour défendre globalement la culture, est nettement apparue.

Brigitte Rémer

Rencontres du 31 mai, aux Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine



 

 

Le grand bal masqué du château de Versailles.

Le grand bal masqué du château de Versailles.  jc-versailles

Le grand bal masqué au château de Versailles.

Deux mille trois cents personnes-toutes déguisées et masquées-ont occupé  durant une nuit un peu folle, l’Orangerie, construite par Mansart de 1684 à 1686 et les jardins du château de Versailles. Pour 70 euros minimum, elles ont donc dansé dans la galerie de l’Orangerie, après avoir assisté au spectacle des grandes eaux nocturnes, avec feu d’artifice.
Pour cette troisième édition, Kamel Ouali a conçu cette nuit avec cinquante danseurs, musiciens et circassiens. Il y avait aussi plusieurs dompteurs avec des tigres et des aigles, et de minuit à quatre heures du matin, un bal rythmé par les meilleurs D. J.
Au lever du soleil, les participants ont été invités à rejoindre la salle de bal de Grove dans le jardin royal pour poursuivre la danse et partager une frugale collation. Nuit très réussie où les participants, venus de toute la France et d’Europe, ont joué le jeu avec de magnifiques costumes, loués, achetés ou fabriqués spécialement pour l’occasion.
Il fallait compter un budget conséquent qui pouvait atteindre 500 euros (costume loué ou acheté, entrée et consommations)! Jeux de masques et jeux de miroirs où se reflètent nos désirs et nos contradictions, cette fête nocturne, remarquablement organisée a aussi été l’objet d’un narcissisme évident pour beaucoup d’entre eux. Les smartphones remplaçant les miroirs, l’important était souvent  de se prendre en photo pour témoigner, via les réseaux sociaux, de cette nuit de privilégié.
Au point qu’il était difficile de photographier les costumes sans avoir un portable parasitant l’image. Dyonisos avait disparu au profit d’une communication sans frontières via internet. Certains n’ont pas vraiment vécu le moment présent, sauf pour dire :“j’y étais ” ! Mais ce fut une belle fête, et s’il ne fallait ne retenir qu’une image de cette nuit, ce  serait ce couple de marquis et marquise qui, sans téléphone dans les mains, se touchait, s’embrassait et se parlait, en semblant indifférents à la folie ambiante! Sourds profonds, la langue des signes les avait réunis ! Rendez-vous donc l’année prochaine.

Jean Couturier

HYPERLINK « http://www.chateauversailles-spectacles.fr » www.chateauversailles-spectacles.fr

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