Festival d’Avignon: La Ville

Festival d'Avignon: La Ville laville


La Ville de Evgueni Grichkovets, traduction d’Arnaud Le Glanic, mise en scène d’Alain Mollot.

Dramaturge, mais aussi comédien et chanteur, Evgueni  Grichkovets, est né en 1967 à Kemerovo ( Sibérie). Créateur d’une petite troupe, il monte en solo d’abord ses propres textes inspirés par  la société russe. En 1998,  Comment j’ai mangé du chien  présentée au festival international de  Moscou, le  fait mieux connaître dans son pays-où c’est maintenant un auteur et metteur en scène culte- mais aussi  en Europe et en France où la pièce avait été jouée au Théâtre de la Bastille.
La Ville est  fondée sur sur les errances de Sergei Basin, un intellectuel qui ne se sent pas très à l’aise dans l’entreprise qui l’emploie et qui dit tout le temps à sa femme Tatiana, et à son ami  Maxime qui essaye de lui emprunter de l’argent pour faire des travaux chez lui,  qu’il va tout plaquer. Distrait, il perd agenda, chaussettes ou billet de train selon les jours. Seul, son père fait  preuve de compréhension envers lui.
En fait,  le personnage semble quelque peu mystérieux, et le dialogue du coup en devient presque surréaliste avec des répliques souvent absurdes: personne n’écoute vraiment personne et tous se laissent , surtout lui, entraîné par une sorte de délire collectif. Mais au fait pourquoi Serguei veut-il partir. A-t-il une autre vie quelque part? Quelles sont ses relations avec son épouse et son père? Grichkovets sait créer une sorte de climat bizarre où les personnages nous emmènent dans un monde où règnent l’absurde, le  poétique  et le métaphysique à la fois. Il livre les questions sans apporter les réponses…Et c’est sans doute ce qui avait séduit Alain Mollot qui a créé la pièce à Villejuif en janvier dernier. C’est la première, et malheureusement la dernière fois,  qu’il mettait en scène un texte d’un auteur contemporain.
La pièce, à vrai dire, est un peu longuette  et démonstrative (80 minutes et beaucoup de monologues où Serguei explique sa pensée) et aurait mérité d’être un peu abrégée. Mais, avant de disparaître en juin, Alain Mollot nous a laissé une belle mise en scène, à la fois précise et fine, toute en nuances et servie par  cinq  comédiens de haut niveau: Cécile Métrich, Philippe Millas-Carus, Bruno Paviot, François Roy et Pierre Trapet, et dans une scénographie assez futée de Raymond Sarti.
Malgré les réserves que l’on peut avoir sur ce texte trop bavard, on passe un bon moment et on découvre un auteur.  C’est sûrement un des meilleurs et des plus intelligents spectacles du off… qui ne fourmille pas toujours de bonnes surprises. Il est d’un format, d’une qualité et d’une interprétation qui  ne serait pas du tout déplacée dans le in.  Que demande le peuple?

.Philippe du Vignal

Théâtre des Lucioles à 17h 25

La Ville et les  pièces de Grichkovets sont publiées aux  Solitaires intempestifs.

 


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