Symphoca Princess Bari- The World

Symphoca Princess Bari- The World,  chorégraphie d’Eun-Me Ahn,

Symphoca Princess Bari- The World 8309_img1Devenu opéra pop, spectacle total mêlant théâtre, chant et danse (Symphoca) sous la direction de la chorégraphe Eun-Me Ahn, l’épopée millénaire de la Princesse Bari a fait l’objet dans son pays d‘origine de nombreux romans, mangas, adaptations pour la jeunesse.
Les Coréens possèdent donc  tous les codes de ce conte chamanique. Le spectateur occidental, lui, devra se contenter d’en décrypter le sens, sans tout comprendre. Peu importe, tant le spectacle fonctionne sur une énergie et des images fortes, musique, costumes et lumières à l’appui.
A partir de là,  on se raconte ce qu’on veut et surtout,  on se laisse submerger par le mouvement continuel qui règne sur le plateau de ce  théâtre éphémère. En fond de scène, l’orchestre mêle instruments traditionnels et contemporains ; il appuie l’action de ses percussions, vibrations du zheng et stridences du erhu et de la flûte. Musique lancinante et répétitive aux accents contemporains et anciens dont les variations rythmiques et modales marquent les tableaux successifs.
Le dispositif scénique distingue deux niveaux, figurant la hiérarchie prévalant en ce bas monde. Hiérarchie constamment bousculée par Eun-Me Ahn, qui  se joue de l’identité sexuelle des danseurs, mélange les genres et confie le rôle de la princesse à un homme.
En haut, les grands de ce monde : le roi, la reine, la princesse, le prêtre… figures hiératiques figées auxquelles le chant pansori sied particulièrement puisque cet art du récit chanté accompagnaient, à l’origine, les chamans : d’où son côté mystérieux et inhumain.
En bas,  s’agite le peuple : serviteurs, paysans, pêcheurs côtoyés par les esprits peuplant les eaux et les bois avec  un chœur de danseurs bondissant sautillant, pirouettant. Dans un grand déploiement de couleurs et de costumes, les tableaux s’enchaînent sans répit,  déclinant les périls que la princesse affronte à la suite de sa répudiation par le roi son père : diablotins en robes à pois fluo, sorciers montés sur talons aiguilles, monstres concupiscents, serviteurs du temple gantés de caoutchouc rose, démons flottant dans le plus simple appareil, voyous en scooter vrombissant…
Si l’on ne craint pas le dépaysement, on se laissera totalement séduire par ce spectacle flamboyant, en regrettant un peu de rester à la surface des choses,  faute de clefs pour aller au plus intime de la fable, que nous laissent entrevoir de purs moments de poésie, comme celui où une  ombrelle rouge est abandonnée au gré des vents.
C’est toujours un bonheur de découvrir de nouveaux artistes, même si Eun-Me Ahn n’est pas inconnue au bataillon, puisqu’elle a œuvré à New York, a été l’invitée de Pina Bausch à Wuppertal, et présenté ses spectacles dans de nombreux festivals. On espère que sa première apparition en France ne sera pas la dernière.

Mireille Davidovici

 

Théâtre éphémère du Palais Royal à 20h 30 jusqu’au 18 juillet.

Festival Paris quartier d’été 2013

Tél : 01 44 94 98 01


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