Festival d’Avignon: Lettres de l’intérieur.

Festival d’Avignon : Lettres de l’intérieur, de John Mardsen, adaptation et mise en scène Marie Dupleix.

Festival d'Avignon: Lettres de l'intérieur.  lettresUn jour, Mandy, quinze ans, décide de répondre à l’annonce de Tracy, quinze ans elle aussi, qui cherche une correspondante. Petites histoires de filles, de chiens et de chats, de lycée, joies du basket… Mandy est joyeusement éblouie par la famille  » idéale » de sa correspondante, jusqu’au jour où elle s’aperçoit que finalement, elle ne sait rien d’elle.
La vérité apparaît : Tracy écrit d’une prison pour mineurs, et, apparemment, elle n’est pas là pour avoir pris le bus sans ticket. De l’autre côté, ce n’est pas rose non plus : le frère de Mandy accumule des signes de violence extrêmement inquiétants, que les parents refusent de voir.
L’auteur distille les indices avec une extrême habileté, installant un suspense d’autant plus efficace qu’il est fondé à la fois sur la vérité de la société australienne (qui ressemble beaucoup à ce que nous savons des Etats-Unis) et sur la justesse de ton des deux adolescentes qui  y vont,  à fond les ballons, que ce soit dans le rose ou dans le noir. Exigeantes, extrêmes, obstinées, elles ont la radicalité de leur âge, la peur au ventre, parfois, le rire aux dents. Elles se lancent dans l’absolu de l’amitié malgré le mensonge et les fuites de Tracy, jusqu’à en être profondément changées.

John Mardsen est pessimiste pour ses personnages et optimiste pour l’humanité : oui, l’amitié, l’amour peuvent changer les êtres;  oui, cela aide les adolescents à devenir adultes et à dessiner un monde où la violence n’aurait plus sa place.
La compagnie des Mistons partage cet optimisme en travaillant–comme l’indique son nom , emprunté à Truffaut- pour le jeune public. Mais celui du off,  à onze heures du matin, a plutôt l’âge des grands-parents: un conseil, réveillez vos ados, et emmenez-les voir Lettres de l’intérieur, ils vous en remercieront (ce qui n’est pas facile pour un ado). Comme vous, ils auront ri, pleuré, devant deux comédiennes épatantes et une scénographie juste est efficace.

Christine Friedel

Théâtre Arto, jusqu’au 31 juillet.

 

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