32 rue Vandenbranden

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32 rue Vandenbranden, de Peeping Tom, conception et mise en scène de Gabriela Carrizo et Franck Chartier.

Cela se passe quelque part, dans des refuges de haute montagne enfouis sous la neige, peut-être dans l’Everest, ou au Mont Analogue. Mais, au 32 de la rue Vandenbranden, les personnages ne sont pas symboliques comme chez René Daumal , et la communication ne se fait pas avec l’au-delà.
A cette adresse, on trouve trois faux chalets et six personnes qui vont se rencontrer ou s’éviter, se consommer ou se rejeter, se chercher, selon des univers et alphabets différents. On entre dans leurs fantasmes plutôt que dans leurs vies, observateurs-pour ne pas dire voyeurs-quand s’allument les lumières, à l’intérieur des maisons.
Toute la dramaturgie repose sur ce dehors et ce dedans, et cherche à nous surprendre : un homme et une femme forment le premier couple, assez classique, avant que ne se dérèglent les rapports sociaux ; deux hommes, sorte de Lucky et Pozzo à la Beckett, arrivent d’on ne sait où et vont on ne sait où, momentanément dans l’un des chalets, et leur apparition est singulière ; deux femmes étranges, sorte d’oiseaux de malheur, chacune à leur tour, vont jeter des sorts, la première est enceinte et étouffera l’enfant, la seconde, sorte de figure totémique, se glisse, en chantant, d’un chalet à l’autre.
De l’imaginaire des danseurs, naissent des situations,  sans doute issues d’improvisations, mais cela suffit-il à nourrir un propos ? Le travail du  corps  est parfaitement maîtrisé: travail de danse classique ou de gymnaste, de kung fu ou de butô, qui remplit, au cours des différentes séquences, le livre d’images. Danse et création de : Seoljin Kim, Hun-Mok Jung, Marie Gyselbrecht, Jos Baker, Sabine Molenaar/Carolina Vieira, Eurudike De Beul/Madiha Figuigui).
Peeping Tom est une fabrique d’images, éventuellement de belles images, mais qui tourne à vide, et l’heure et demi de spectacle paraît une éternité. Je te prends, je te balance, je te discontinue, je tombe, je pirouette, je m’agite, me secoue, t’oublie, te jette: chacun, dans son vocabulaire, montre ce qu’il sait faire.
La scénographie, cyclo pour hauts sommets, la glisse au petit air de sable et les chalets: le contexte y est, l’infrastructure aussi, mais, à trop d’originalité recherchée, ne reste qu’un absurde dont les limites sont extensibles à l’infini.
On est sur les traces d’Alain Platel et Jan Lauwers, mais se perd ici, le fil de toute dramaturgie, qui, de contrepoints en impromptus, défile comme une bande dessinée dont on aurait arraché quelques pages.

Brigitte Rémer

Monfort Théâtre, jusqu’au 7 août, à 20h30, 106 Rue Brancion, 75015, métro : Pte de Vanves. T : 01-56-08-33-88 – Festival Paris quartier d’été. www.quartierdete.com

 


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