La Divina Fatalidad de las cosas

La Divina Fatalidad de las cosas, de José Flórez.

La Divina Fatalidad de las cosas portrait-jose-florez-jessika-montoyaQuand il se met en marche, lentement, et rentrant en lui-même pour entrer dans le sujet, José Flórez est magnétique. Son regard se pose au-delà, concentré, réfléchi, et ce qu’il a à dire vient de très loin.
La Colombie est son pays, Médellin sa ville, la danse le détourne du climat de violence et de la délinquance : «Chaque fois que je me lance dans une chorégraphie, je me lance dans une bataille, une guerre et un combat avec l’amour, la vie et la mort… où je veux pousser tout mon être à ses limites physiques, intellectuelles et émotionnelles. Pour moi c’est ça. Je suis ça. Je suis d’où je viens et je suis pour le monde».
Avec Beatriz Vélez, José Flórez interprète cette pièce, créée tout spécialement pour Paris Quartier d’été, dans laquelle il joue son propre rôle. « Cuidado… cuidado en el barrio, por la calle, cuidado…. Fais attention, surtout fais attention, dans le quartier, dans la rue…. » Quand la danseuse trace au sol les contours de son cadavre, on comprend qu’on vient d’assister à une mise à mort.
José Flórez relate, par les gestes, avec retenue et pudeur, l’agression dont il a été victime et qui l’avait laissé quasiment sans vie. L’enregistrement de battements de cœur désignent les soins intensifs reçus à l’hôpital, et les cicatrices se lisent sur son corps. «Quieres decir algo ? Tu veux dire quelque chose ?» lui demande son tortionnaire, et sa réponse ne peut tenir que dans un souffle.
Puis les rôles s’inversent et la danseuse subit à son tour une agression, son corps marqué à la craie. Un sentiment de solitude domine le spectacle à travers ces deux personnages-danseurs pris au piège d’une histoire, inachevée. «Je crois que je danse en remerciant la mort de m’avoir fait comprendre la vie et je remercie à chaque pas, chaque mouvement, la chance que j’ai d’être vivant».
Le message est ici plus fort que l’art et se suffit à lui même, mais un regard extérieur pourrait permettre, artistiquement, d’aller plus loin encore.

Brigitte Rémer

Vu le 1er août, au Square des Amandiers, 75020. Les 2 août, à 17h et 19h30, à Bercy Village et 3 août à 19h30, à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Festival Paris quartier d’été. www.quartierdete.com

 


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