Le Festival Interceltique de Lorient (FIL)

Festival Interceltique de Lorient (FIL) du 2 au 10 août 2013

Pour la troisième fois au Festival Interceltique de Lorient (le FIL), les Asturies sont à l’honneur, ce sont « les hautes terres de la Celtie du Sud », de tradition musicale vivante – vocale et instrumentale – dont la célèbre gaita, la cornemuse du pays.
L’ouverture des festivités a fait entendre « Les Voix de la Terre » au Grand Théâtre de Lorient, le 3 août, grâce à trois groupes asturiens qui se sont mis à l’écoute du travail de collecte de chants et musiques traditionnels de générations de chercheurs.
Les esthétiques de ces groupes diffèrent en se frottant à la modernité.
D’abord, en solo, Mariluz Cristobal Caunedo, la grande dame de la chanson traditionnelle asturienne, chanteuse soliste a capella ou accompagnée à la gaita, dont le chant profond est aussi un cri existentiel échappé des temps les plus enfouis. La silhouette frêle de l’artiste pleine de conviction et d’évidence impose le respect.
Puis, le quintet « Aire » fait se conjuguer le jazz et la tradition, tout en jouant sur l’émotion et la complicité entre les interprètes. La souriante et ludique Mapi Quintana mène la danse auprès de Xuan Nel Exposito à l’accordéon diatonique et Jacobo de Miguel au piano.
Le Festival Interceltique de Lorient (FIL)  tuenda-ramscs-llesies-300x182Ensuite, Tuenda, un trio de musique traditionnelle de sensibilité folk dont les arrangements acoustiques sont proches des sources, avec Elias Garcia au bouzouki, le virtuose José Servando Menendez à la flûte et le chanteur Xosé Anton Fernandez.
Enfin, Herbarmora, la formation de femmes chanteuses décidées, accompagnées de tambourins ronds et carrés, qui allient tradition et modernité, soutenues par l’accordéoniste Marcos Garcia Alonso.
Le 4 août, au même Grand Théâtre, l’heure est à un photos-concert,  Pêcheurs d’Images , à partir des photos exceptionnelles de beauté naturelle de Philip Plisson, peintre de la Marine, avec  la musique puissante du Bagad Men Ha Tan de Quimperlé – sonneurs de binious et bombardes, accordéon, guitare et claviers- conduit par Pierrick Tanguy.
Le voyage est onirique et réel, sur les mers bretonnes et autres qui connaissent la même respiration, le même souffle abyssal propre au biniou, la même colère grandiose. Des vagues blanches élevées et tendues vers le ciel se fracassent sur les embarcations fragiles. Bleu du ciel et bleu de la mer se confondent quand volent les mouettes blanches.
L’aventure est propice au rêve alors que l’on fraie en même temps avec l’horreur de la marée noire et des oiseaux en perdition.
La musique  s’allie avec justesse à la majesté onirique de ces marines souveraines, et ce spectacle fort emporte tous les cœurs.
Au Grand Théâtre encore, le 5 août, rendez-vous est donné à  Gouanv Bepred (Toujours l’hiver) par Yann-Fanch Kemener et Aldo Ripoche avec, en première partie, Kerden En Awel (Cordes au vent) » du trio JOA.
Cette première partie est  vive et tonique, portée par la voix chaude et créative d’Armel An Hejer et ses chants bretons, la flûte traversière de Malo Carvou et l’accordéon diatonique de Ronan Bléjean. Avec, pour invités, Soig Sibéril et sa guitare, Jamie Mc Menemy et son bouzouki, et enfin Xavier Lugué et sa contrebasse.
On retiendra l’émouvante gravité de la chanson d’amour par Armel An Hejer.

y-f-kemener-et-cie-amzer-nevez-175x300Quant à la création de Yann-Fanch Kemener,  Toujours l’hiver , elle fait suite à Bientôt l’été  dans une suite consacrée aux quatre saisons. Inspirée de la musique populaire de langue et de traditions bretonnes et d’une musique savante d’expression baroque, cette création singulière associe le travail attachant de notre chanteur et collecteur Kemener, cheminant entre Centre Bretagne et Pays vannetais, en compagnie du violoncelliste Aldo Ripoche.

À leurs côtés, résonnent les présences intenses du joueur de viole de gambe Damien Cotty et du joueur de théorbe Hervé Merlin. Similitudes entre la tradition de la voix dans la musique française des XVIIe et XVIIIe siècles et celle de la musique bretonne: le public attentif goûte à des saveurs  inouïes, vocales et linguistiques de Sant yann bubri, d’une gavotte, de Plainte pour les violes, de Job ar gallow… Un plaisir de goûteur de mets rares.

Entre tradition et modernité, le FIL ne rompt pas sous le soleil de Lorient mais sa trame se consolide sous la direction éclairée de Lisardo Lombardia, asturien d’origine.

Véronique Hotte



Archive pour 7 août, 2013

Le Festival Interceltique de Lorient (FIL)

Festival Interceltique de Lorient (FIL) du 2 au 10 août 2013

Pour la troisième fois au Festival Interceltique de Lorient (le FIL), les Asturies sont à l’honneur, ce sont « les hautes terres de la Celtie du Sud », de tradition musicale vivante – vocale et instrumentale – dont la célèbre gaita, la cornemuse du pays.
L’ouverture des festivités a fait entendre « Les Voix de la Terre » au Grand Théâtre de Lorient, le 3 août, grâce à trois groupes asturiens qui se sont mis à l’écoute du travail de collecte de chants et musiques traditionnels de générations de chercheurs.
Les esthétiques de ces groupes diffèrent en se frottant à la modernité.
D’abord, en solo, Mariluz Cristobal Caunedo, la grande dame de la chanson traditionnelle asturienne, chanteuse soliste a capella ou accompagnée à la gaita, dont le chant profond est aussi un cri existentiel échappé des temps les plus enfouis. La silhouette frêle de l’artiste pleine de conviction et d’évidence impose le respect.
Puis, le quintet « Aire » fait se conjuguer le jazz et la tradition, tout en jouant sur l’émotion et la complicité entre les interprètes. La souriante et ludique Mapi Quintana mène la danse auprès de Xuan Nel Exposito à l’accordéon diatonique et Jacobo de Miguel au piano.
Le Festival Interceltique de Lorient (FIL)  tuenda-ramscs-llesies-300x182Ensuite, Tuenda, un trio de musique traditionnelle de sensibilité folk dont les arrangements acoustiques sont proches des sources, avec Elias Garcia au bouzouki, le virtuose José Servando Menendez à la flûte et le chanteur Xosé Anton Fernandez.
Enfin, Herbarmora, la formation de femmes chanteuses décidées, accompagnées de tambourins ronds et carrés, qui allient tradition et modernité, soutenues par l’accordéoniste Marcos Garcia Alonso.
Le 4 août, au même Grand Théâtre, l’heure est à un photos-concert,  Pêcheurs d’Images , à partir des photos exceptionnelles de beauté naturelle de Philip Plisson, peintre de la Marine, avec  la musique puissante du Bagad Men Ha Tan de Quimperlé – sonneurs de binious et bombardes, accordéon, guitare et claviers- conduit par Pierrick Tanguy.
Le voyage est onirique et réel, sur les mers bretonnes et autres qui connaissent la même respiration, le même souffle abyssal propre au biniou, la même colère grandiose. Des vagues blanches élevées et tendues vers le ciel se fracassent sur les embarcations fragiles. Bleu du ciel et bleu de la mer se confondent quand volent les mouettes blanches.
L’aventure est propice au rêve alors que l’on fraie en même temps avec l’horreur de la marée noire et des oiseaux en perdition.
La musique  s’allie avec justesse à la majesté onirique de ces marines souveraines, et ce spectacle fort emporte tous les cœurs.
Au Grand Théâtre encore, le 5 août, rendez-vous est donné à  Gouanv Bepred (Toujours l’hiver) par Yann-Fanch Kemener et Aldo Ripoche avec, en première partie, Kerden En Awel (Cordes au vent) » du trio JOA.
Cette première partie est  vive et tonique, portée par la voix chaude et créative d’Armel An Hejer et ses chants bretons, la flûte traversière de Malo Carvou et l’accordéon diatonique de Ronan Bléjean. Avec, pour invités, Soig Sibéril et sa guitare, Jamie Mc Menemy et son bouzouki, et enfin Xavier Lugué et sa contrebasse.
On retiendra l’émouvante gravité de la chanson d’amour par Armel An Hejer.

y-f-kemener-et-cie-amzer-nevez-175x300Quant à la création de Yann-Fanch Kemener,  Toujours l’hiver , elle fait suite à Bientôt l’été  dans une suite consacrée aux quatre saisons. Inspirée de la musique populaire de langue et de traditions bretonnes et d’une musique savante d’expression baroque, cette création singulière associe le travail attachant de notre chanteur et collecteur Kemener, cheminant entre Centre Bretagne et Pays vannetais, en compagnie du violoncelliste Aldo Ripoche.

À leurs côtés, résonnent les présences intenses du joueur de viole de gambe Damien Cotty et du joueur de théorbe Hervé Merlin. Similitudes entre la tradition de la voix dans la musique française des XVIIe et XVIIIe siècles et celle de la musique bretonne: le public attentif goûte à des saveurs  inouïes, vocales et linguistiques de Sant yann bubri, d’une gavotte, de Plainte pour les violes, de Job ar gallow… Un plaisir de goûteur de mets rares.

Entre tradition et modernité, le FIL ne rompt pas sous le soleil de Lorient mais sa trame se consolide sous la direction éclairée de Lisardo Lombardia, asturien d’origine.

Véronique Hotte


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