Quand je pense qu’on va vieillir ensemble
Quand je pense qu’on va vieillir ensemble par Les Chiens de Navarre,
Sur le grand plateau du Théâtre d’Aurillac, un sol de tourbe, une vieille baignoire, et des morceaux de palette… Le tout éclairé d’une lumière blafarde.
Des hommes et des femmes, balafrés de sang, jouent aux boules avec exaltation, sur, répétée en boucle, la formidable musique des trompettes de Maurice Jarre qui accueillaient au temps de Vilar , et qui accueillent encore le public, à Chaillot comme au Festival d’Avignon.
Puis un duo de musique soul en play-back, fort bien mimé par une chanteuse accompagnée d’un guitariste armé d’un seul balai. Suit une parodie de stages d’insertion dirigés par un couple pédant (un homme crédible mais suffisant et une jeune femme blonde aux cheveux décolorés, sûre d’elle-même qui donnent des conseils impossibles à suivre aux candidats à un emploi qui doivent pourtant les suivre à la lettre. Les stagiaires en perdent la raison font n’importe quoi, et sont promis à un échec certain.
Cela a un petit air de déjà vu mais c’est bien fait et le plus souvent d’un humour décapant… mais beaucoup trop long. Et on se demande bien pourquoi le sketch est répété sans raison apparente plusieurs fois de suite, de façon légèrement différente.
Il y a aussi une petite séquence assez drôle où un couple conduit une voiture chargée à l’arrière de deux chiens.. bien joués par deux comédiens qui, comme leurs camarades, possèdent une énergie indéniable. Mais le spectacle manque à l’évidence d’un véritable fil rouge, et on s’ennuie souvent un peu. Mais ils nous font par moments, rire de bon cœur. Certains débordements peuvent écoeurer comme la longue exhibition de l’appareil génital d’un comédien au demeurant plutôt bon comme le reste de la distribution.
(Précision de du Vignal: belle pudeur d’Edith… En fait, pour dire les choses crûment, le dit comédien passe plusieurs minutes à s’étirer le sexe et à l’entourer autour d’un bâton. Plus racoleur, et plus provoc, je meurs! ). Il y a une belles images dont une, à la toute fin: un homme et une femme, costumés en gros ours sont perdus dans les nuages en montagne. Puis, le couple sort par la porte des décors en fond de scène, qui s’ouvre sur la petite rue d’Aurillac: le truc est loin d’être neuf mais cela fait toujours plaisir!
En tous cas, le spectacle-souvent facile, sur fond de sexe et de petites scènes tirées d’impros et avec beaucoup de longueurs -fait quand même un tabac et emporte l’adhésion de la plus grande partie du public visiblement pas très exigeant mais pas la nôtre…
Edith Rappoport/ Philippe du Vignal
Théâtre d’Aurillac et à la rentrée, au Théâtre du Rond-Point, aux Subsistances de Lyon, à la Mac de Créteil etc…

