Motus Too late (Antigone)

Festival d’Aurillac 2013

Motus  Too late (Antigone) , conception et direction d’Enrico Casagrande et Daniela Nicolo.

C’est un spectacle créé au Teatro Stabile de Turin en 2009 et repris ici dans le grand gymnase des Camisières. Une scénographie bi-frontale avec des gradins pouvant accueillir  deux cent personnes. Une scène nue, éclairée par des rampes d’un jaune très glauque au début qui donne un côté statufié à Créon,  comme aux spectateurs situés en face de nous.
Le plateau, nu,  est juste couvert de deux rouleaux de tapis de danse vert pomme qui seront entièrement déroulés plus tard face-à-face. Deux acteurs seulement et deux personnages: Vladimir Aleksic et Silvia Calderoni, lui joue Créon et,  elle, grande et fluette,  avec une perruque, est un être androgyne à la voix modifiée,  celle d’un  très jeune homme qui  incarne Hémon,  le fils de Créon. Ils sont tous les des deux tout à fait remarquables, dans la vérité qu’ils imposent et dans  la distance même qu’ils ont par rapport à leurs personnages. Et quand Créon se tient  affublé d’un masque au visage fermé et au crâne chauve surmonté d’une mince barre de cheveux, absolument sinistre derrière un bureau, cela fait froid dans  le dos.

En fait, quelques vingt  minutes après le début, on s’aperçoit que cet être androgyne est une jeune femme, ce qui rend les choses encore plus fortes.  Il s’agit en fait , dans cet impitoyable face-à-face des deux personnages mythiques de Sophocle, d’une paraphrase de la tragédie antique que Daniella Nicolo (Hémon), qui est aussi responsable de la dramaturgie du spectacle,  veut relier aux nombreuses tragédie de l’Europe actuelle, notamment celle de la mort d’Alexis Grigoropoulos, un jeune grec de quinze ans tué par la police.
Hémon se heurte vite  à son père; pas de conciliation possible.  Ce qui n’est pas toujours évident mais qu’importe:  en 50 minutes, sont décortiqués les mécanismes du pouvoir,  dans une mise en scène d’une rigueur absolue. Créon indique bien quels sont les enjeux:  » Tout est clair: on ne peut pas revenir en arrière ».

Comment transformer l’indignation en action se demandent les deux auteurs de cette Antigone revue et corrigée?
Il n’est pas sûr que l’on perçoive bien tous les enjeux de cette  thématique de ce spectacle qui, certes, n’est pas accessible à tout le monde mais  que Jean-Marie Songy a eu raison  de faire venir. On ressort de là, profondément  troublé; ce n’est aps le genre de spectacle qui s’oublie facilement…

Philippe du Vignal

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