Cupidon, propriétaire de l’immeuble situé sur l’enfer et le paradis

Cupidon, propriétaire de l’immeuble situé sur l’enfer et le paradis, sculptur’opéra de Gilbert Peyre, texte d’Yves Garnier, musiques de Gérard Pesson, Caruso, et Raphaël Beau.

Gilbert Peyre, nous l’avions découvert en 95 avec Ce soir, on tue le cochon. Constructeur génial et décapant, il s’inscrivait dans l’événement Quand les Machines rient au pays de Montbéliard. Il a parcouru depuis un long chemin, élaborant les machines les plus insolites dans son atelier, et a participé à nombre d’événements internationaux.
On nous distribue à l’entrée une enveloppe que nous ne devons pas ouvrir. Nous y sommes autorisés une fois assis, mais impossible de lire plus d’une phrase écrite en gros caractères : « Le jour se lève, Suce ma pine, suce sans trêve, car l’aube est pine ».
Sur le grand plateau du Cirque Électrique, une armoire, et deux personnages immobiles, on croirait des mannequins de cire, mais non, ils s’animent, ce sont des acteurs manipulés comme des marionnettes qui vont se déchaîner comme l’armoire qui se démantibule, dans de folles gesticulations, traversant le plateau sur des rails.
Impossible de relater cette histoire d’Adam et Ève dans ce terrain de jeux enfantins, où la sensualité débridée révèle un monde surréaliste et bienfaisant. D’autres personnages montés eux aussi sur rails viennent les servir  en silence.
C’est remarquablement fait; bref, un spectacle à ne pas manquer

Edith Rappoport

Cirque Électrique, Porte des Lilas jusqu’au 22 septembre à 21 h, dimanche 17 h, info/resa 09 54 54 47 24

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Archive pour 18 septembre, 2013

Enjambe Charles

Enjambe Charles, conception et scénographie Sophie Perez et Xavier Boussiron

 

Enjambe Charles enjambecharles31La sculptrice Louise Bourgeois (1922-2010), artiste française naturalisée américaine, a eu une  longue carrière aux Etats-Unis, et elle a obtenu, presqu’à la fin de sa vie « la » reconnaissance dans les milieux de l’art contemporain.
Le recours à l’analyse-l’amour, les relations intra-familiales, la relation au père-et l’expression d’un érotisme brut ont façonné une œuvre initiatrice des chemins les plus éloquents de l’avant-garde.
Les araignées de la plasticienne  issues d’un imaginaire à la fois sombre et flamboyant, sont célèbres par leur monumentalité. Il n’en a pas fallu plus, à côté de la laideur d’un crapaud juché sur les hauteurs du plateau de scène, pour que nos deux larrons en foire, les artistes et  scénographes  Sophie Perez et Xavier Boussiron s’inspirent de la pièce psycho-emblématique de Louise Bourgeois, La Destruction du père, pour concevoir leur dernier spectacle.
Sur scène, un tour de potier avec lequel les comédiens fabriquent jarres et vide-poches de magasin de souvenirs, mais la scénographie évoque ironiquement la chambre de Louise Bourgeois visitée un dimanche à New-York. Un décor en soi, une installation, un capharnaüm, un chaos oriental et kitch de boules dorées, caverne de mauvais goût,  et cul-de-sac infernal où les déplacements s’apparentent à une course d’obstacles.
À la façon de la sculptrice – symbole de colère, de méchanceté et bon sens réunis -  qui souffrait d’avoir été démolie par son père et qui répondait tardivement à ce dernier en le « reconstruisant » plastiquement, affublant cette figure magistrale et maudite d’une paire de seins,  Sophie Lenoir et Stéphane Roger s’emparent effectivement à tour de rôle  de deux seins que le public ne saurait pas ne pas voir…
Pas de place pour les Tartuffe ici, on rit franchement, les comédiens et les spectateurs ensemble, car chacun sait qu’il faut avoir beaucoup pleuré pour pouvoir rire ainsi. « Pourquoi ai-je du mal à sortir le matin de mon lit ? Qu’est-ce qui cloche ? » Il s’agit de se reconstruire pour ne pas mourir.
Pour le fanfaron aux fesses nues, Stéphane Roger, c’est chanter à tue-tête en arménien et parodier rageusement Charles Aznavour dont l’effigie est sur le plateau. Quant à Sophie Lenoir, elle se dandine, portant avec une grâce rieuse une prothèse de ventre arrondi de femme enceinte. Elle n’en chante pas moins et danse, scandant ses quatre vérités sur l’état du monde et de nos sociétés factices, accompagnée par Françoise Klein, plus indépendante.
Le spectacle se fabrique sous nos yeux en  continu,  comme le tour de potier qui ne cesse de tourner…
Avec des masques hideux, des costumes à paillettes de music-hall et la trivialité d’émissions TV. Le rire nourrit le sens des scènes, c’est une belle capacité de salut et de survie car il y a une pudeur à aller mal.

Ce qui peut paraître parfois lourd et insistant, touche pourtant au sublime, dévoilant sur un fil fragile l’humanité des êtres. Une fresque burlesque, profondément vivante.

 

Véronique Hotte

 

Théâtre du Rond-Point 75008. T : 01 44 95 98 21 Jusqu’au 29 septembre à 20h30, dimanche à 15h30, relâche lundi.

 

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