Top girls

Top girls de Caryl Churchill, mise en scène d’Aurélie Van Den Daele.

Top girls f-2ff-4ca9a9825200aMarlene assure. Devenue cadre sup à la force du poignet dans une entreprise de recrutement–heureux temps où la question n’était pas le chômage mais la chasse aux têtes-elle fête sa promotion avec une bande de copines, « top girls» de tous les temps, dont la papesse Jeanne, toutes triomphantes et toutes défaites, chacune ayant payé très cher son élévation.
Manque Margaret Thatcher qui n’est pas une légende, mais l’actualité. Après le banquet, après les flots de vin et les cascades de rire, les larmes essuyées, retour au bureau, retour, finalement, au bled d’origine.
Marlene a une sœur, Joyce, restée pauvre, amère et de gauche. Et une nièce, Angie, quinze ans, rebelle sans cause, bonne à pas grand-chose, sinon à idolâtrer sa tante et à jouer avec une gamine plus jeune.
Passons sur le mystère de la naissance de la dite Angie…
La pièce a les qualités et les défauts du théâtre anglo-saxon des années 80 : thèses et débat clairement posés mais l’explicatif l’emporte sur le dramatique, et les personnages bien dessinés: tout cela donne un effet  daté. Apparemment, le public est devenu plus rapide, plus zappeur et comprend plus vite.

Qualités et défauts de la mise en scène sont du même ordre : la pièce avance, avec justesse, pas à pas. La scénographie, forcément étouffée dans ce petit lieu, ne fonctionne pas tout à fait. On aurait aimé un montage plus vif, plus violent et  moins  démonstratif.
On aurait aussi aimé, par exemple, que l’indication de l’auteur: « faire des répliques une musique polyphonique » (surtout dans l’épisode du banquet mythologique) ait été suivie avec plus d’audace, pour arriver à une vraie musicalité plutôt qu’à la confusion des paroles. Et on n’aurait pas regretté de larges coupures dans le long prologue que constitue la scène du banquet.
Malgré cela, il faut saluer les comédiennes, justes, drôles, émouvantes, avec une palme spéciale pour Sol Espeche (Marlene). Le défaut de jeunesse de cette mise en scène: un trop grand respect d’une écriture qui aurait besoin d’être bousculée…

Christine Friedel

Théâtre de l’Atalante jusqu’au 6 octobre. T: 01 46 06 11 90

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