L’Ecole des femmes

L’École des femmes de Molière, mise en scène de Philippe Adrien.

 

TL'Ecole des femmes l-ecole-des-femmes-philippe-adrien-credit-drout aficionado du théâtre voit la pièce régulièrement sur les scènes depuis son enfance…La mise en scène de Philippe Adrien et le décor de Jean Haas redonnent de façon inattendue à l’œuvre de Molière  un coup de fouet, un bol d’air frais salvateur, un nettoyage de printemps vivifiant et décalé.
Sur le plateau, à cour comme à jardin, les contreforts de la maison où est retenue caché la tendre Agnès (Valentine Galey) est digne d’une belle photographie de jeune communiante qu’aurait  prise en son temps Nadar, plutôt enclin aux portraits d’artiste, comédiens et écrivains.
Si l’orpheline vit ainsi dans ces lieux reculés, c’est par la volonté absolutiste de son tuteur Arnolphe, un bourgeois entêté aux allures de taliban, un tout nouveau baptisé de La Souche( Patrick Paroux) qui  porte en lui une conviction folle, dont une parole éberluée, comme mécanique, rend compte, avec le ton de fausset et comique inquiétant d’un pantin ravageur.
Ce diable fait homme court sur le plateau, de-ci, delà, essoufflé mais porté par une détermination hors-normes. À l’insu de tous, il pénètre dans la maison de sa prisonnière avec une clé ouvrant l’entrée secrète de cette caverne où il ne vit pas, tel un tartuffe geôlier qui ne saurait voir sa demoiselle que voilée, cachée des pieds jusqu’à la tête, toute liberté étouffée.
Le lierre encombre l’entrée de
ce  cloître religieux,  que soulignent les apparats immaculés de la fiancée de Dieu et de ce barbon autoritaire. La fausse innocente  coud,  près des carrés de choux et des simples du jardin. Personne ne protège Agnès, si ce n’est un couple de valets benêts mais terriblement drôles, à l’allure paysanne et triviale. Georgette (Joanna Jianoux) et Alain (Gilles Comode), qui s’aiment d’un amour spontané, et qui batifolent à leur gré sans se lasser jamais.
Mais Horace ( Pierre Lefebvre) un jeune homme de bonne famille, fils d’un ami d’Arnolphe, est le rival par lequel tout le mal va arriver. Attiré par cette beauté entrevue, Horace la séduit grâce au talent et à la  fougue que donne la jeunesse.  Horace à la voix assurée, le comédien s’amuse,  comme il convient, de sa sveltesse.
Cet amoureux sait que la dulcinée le reconnaît comme son double. Quelques pas de danse, et le tour est joué, Arnolphe est bafoué, quoiqu’il fasse. Et les deux amants seront réunis, grâce à d’autres pères, Oronte, Enrique et consorts, autres maîtres finalement aussi dangereux que le premier.

Philippe Adrien les imaginés en Amishs,  membres d’une secte chrétienne  bien connue en  Amérique du Nord,  paysans, charpentiers ou ouvriers en  chemise,  pantalons à  bretelles, et   grand chapeau noir. Reste Chrysalide, l’honnête homme du XVII ème, sage et raisonnable, qui sauve la face, et que la belle vitalité et le plaisir de vivre de Pierre Diot agrémentent, entre rires et bons mots.
Une École des femmes aérée et tonique.

 

Véronique Hotte

Théâtre de la Tempête : T: 01 43 28 36 36 jusqu’au 27 octobre du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h.



 

 

 

 


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