les Ecrits de M. Girardot de Nozeroy

Les Ecrits de M. Girardot de Nozeroy.

Nous sommes conviés à rencontrer Girardot de Nozeroy et à en découvrir les écrits, exhumés par les archives départementales du Jura. Ce Girardot de Nozeroy était un érudit franc-comtois du 17ème siècle, au travers de ses  écrits, on fait connaissance avec un homme d’une modernité confondante. A la recherche du bonheur, il nous fait part des chemins qu’il emprunte, chemins qui lui permettront d’échapper à la barbarie ambiante au milieu du 17ème siècle, où la population jurassienne, sous administration espagnole, subira des exactions d’une grande cruauté.
Sa quête passe d’abord par la découverte et le ressenti de son propre corps; il  pratique la respiration consciente, dans  un yoga qui ne dit pas son nom. Il écoute son corps, jeûne, médite et se rapproche de la nature. Il ne dit pas non aux charmes féminins,  avec audace mais sans vulgarité.
On est face à une démarche philosophique et simple qui est un peu celle du gai savoir : jamais torturé, toujours dans l’expérience, il s’interroge sur sa vie comme on pourrait s’interroger nous aussi sur la nôtre, sur le rythme, le temps que l’on se donne. La mort ne le tracasse pas, et, dans un discours parfois un peu simple, il s’interroge sur la peur de mourir qui n’a pas de sens pour lui,  puisqu’au moment de s’endormir, la nuit, il n’a peur de ne pas se réveiller. Le sommeil est pour lui comme une réparation après la fatigue d’une journée et donc, la mort est de même, comme le repos après la vie.
Christian Pageault incarne Girardot avec une  belle proximité, il lui donne ce sourire qui transpire de la lecture, cette volonté joyeuse de mieux connaître l’homme, et comme un brin de naïveté. D’une belle voix, il égrène les chapitres des écrits avec un rythme lent où l’on se sent bien. Par son physique imposant et sa chevelure à la Léo Ferré, le comédien montre une vraie  sympathie pour ce philosophe franc-comtois inconnu du grand public.
La scénographie d’Isabelle Jobard se veut figurative et minimaliste, mais c’est presque dommage
quand on s’attaque à la pensée de ne pouvoir s’échapper de la réalité exprimée sur un plateau.
Ce spectacle qui au départ était lecture « sous le manteau »  s’offre une création lumière minimaliste
mais efficace qui colle bien au propos de la pièce et qui offre quelques beaux tableaux.
Ce parcours initiatique de Girardot de Nozeroy se termine d’une  surprenante façon qui ne sera bien évidemment pas dévoilée mais qui nous fait encore plus apprécier ce petit objet théâtral sans prétentions. Si on accepte de passer sur un aspect visuel un peu désuet et un  rythme très lent, la rencontre avec cet étrange personnage ne laisse pas  vraiment indemne !

Julien Barsan

Théâtre du Lucernaire jusqu’au 19 octobre, du mardi au samedi à 18h30.

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