Voyage en Loden. Vers Wanda

Voyage en Loden vers Wanda

 

Voyage en Loden. Vers Wanda wanda

© Elizabeth Carecchio

Un projet de Marie Rémond autour de Barbara Loden, création collective. Marie Rémond part à la rencontre de Wanda : de l’héroïne du film et de celle qui lui a donné vie, Barbara Loden.
Un parcours mené en compagnie de Clément Bresson et Sébastien Poudéroux qui tiendront tous les rôles masculins du spectacle, tour à tour protagonistes, narrateurs, présentateurs.
Quant à elle, elle interprète alternativement la Wanda du film et  Barbara , comédienne et seconde épouse d’Elia Kazan, traçant de ce fait un parallèle entre la vie privée et l’œuvre de l’actrice. Comme si cette dernière avait inventé le personnage pour se raconter.
Le spectacle se revendique d’entrée de jeu comme un montage bricolé à trois, dans l’atelier de menuiserie qui accueille le spectateur. Des bruits de marteau et de perceuse interrompront parfois les doctes analyses du film ou les propos machistes d’un Kazan. Une amorce de burlesque qui se poursuivra toute la soirée. Il ne faut donc pas s’attendre à un remake théâtral du film ou à une biographie de Barbara Loden.
Il s’agit plutôt d’un habile tricotage entre des scènes de la vie domestique de Barbara et quelques séquences de Wanda,  notamment la fameuse scène du bar où la jeune femme en cavale est recueillie par une autre paumé, un petit voleur sans envergure. Le tout agrémenté de matériaux d’archive (commentaires autour du film, extraits d’entretiens).
Wanda
, film culte, unique réalisation de Barbara Loden disparue prématurément en 1980, fait figure d’ovni dans le glamour hollywoodien des années soixante-dix, préfigurant les rôles féminins et le style d’un Cassavetes ou, sans l’intellectualisme, La Femme gauchère de Handke. Il met en scène une femme floue et banale qui déserte sans raison son foyer pour suivre, au hasard, un petit voyou sans envergure, jusqu’à commettre un hold-up raté. « Wanda ne peut survivre qu’avec un homme et en s’accordant à son ambition. Elle pense ne pas pouvoir vivre autrement. En Amérique, une femme n’a d’identité qu’à travers l’homme qu’elle attrape », a confié la réalisatrice, ce qui fait écho aux scènes où se manifeste le paternalisme de Kazan vis à vis de sa femme.
Le spectacle replace aussi le film dans son contexte historique. On apprend que, malgré la révolte silencieuse que nous percevons aujourd’hui chez Wanda, il fut dénigré à l’époque par les féministes, avant d’être réhabilité, en France, par Marguerite Duras et Isabelle Huppert et  on entendra des extraits de leurs déclarations.
Abordant Wanda par sous les angles, l’équipe artistique organise un jeu de piste ludique grâce à des trouvailles de mise en scène, de bande-son, de décor que nous vous conseillons d’aller découvrir.
Elle a su trouver une manière originale et juste d’allier cinéma et théâtre.

Mireille Davidovici

 

Théâtre de la Colline jusqu’au 26 octobre.

01 44 62 52 52 ; www.colline.fr

 


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