Current location

Current location,  texte et mise en scène de Toshiki Okada.

Current location g_t2g13okadacurrent03bToshiki Okada qui a  fondé sa compagnie Chelfitsch en 97, est connu pour explorer les enjeux de la société contemporaine japonaise en détournant  la gestuelle du quotidien . Il était déjà venu au Festival d’automne en 2010 et a présenté cette année au centre Georges Pompidou Ground and Floor ( voir Le Théâtre du Blog).
Le thème de Current Location, c’est le séisme de mars 2011 et, conséquence tragique que le Japon va payer encore pendant très longtemps, l’accident nucléaire de Fukushima.
En fait,  ce qui le préoccupe à juste raison, c’est le manque d’harmonie entre le monde et les inventions prométhéennes de l’homme du vingtième siècle  incapable ensuite d’en maîtriser les conséquences.
Ce qu’il traduit par une mise en scène d’une rigueur et d’un minimalisme absolu; c’est au public à faire l’effort d’aller vers ses actrices, et non l’inverse… C’est du moins la règle du jeu imposée par 
Toshiki Okada, sinon tant pis…
Sur scène, quelques tables carrées de cafetéria avec des chaises. Et sept jeunes femmes  qui vont se passer le relais, chacune avec sa personnalité, pour dire l’angoisse et l »incapacité d’agir  devant la menace insidieuse et permanente qui s’est abattue en quelques jours sur le Japon. Toutes se demandent quelle attitude adopter dans la vie quotidienne.  Dans de quasi-monologues, à deux, ou seules dans des attitudes très hiératiques, très  sculpturales qui rappellent parfois le théâtre nô. Les autres, assises, écoutant passionnément ce que les autres disent. Il y a aussi un écran vidéo avec des belles images de cieux parfois menaçants un peu redondantes.
Comment faire face à cette absence apparente de risques,  alors que toute une région a été vidée de ses habitants et que les produits de la terre sont contaminés, c’est ce qu’évoque en boucle Current location.
«On veut à tout prix changer les circonstances, dit Toshiki Okada, et si l’on ne peut pas, on est frustré ou en colère. On se promet de changer, ou bien on hésite. On essaye de rester calme en toutes circonstances. On dit que c’est une question de courage ou de lâcheté, ou alors, on ignore la question… On espère ne pas faire d’erreur, pour avoir raison. Et on compare cet espoir aux erreurs irréversibles que l’homme a commises par le passé. Les personnages de Current Location vivent ainsi, et nous aussi. »
C’est une réalisation admirable de précision et de rigueur dans les mouvements, les effets lumineux,et la profération du texte que l’on peut lire sur un écran en traduction simultanée. Mais, comme le dit écran, fort peu lumineux est situé sur le côté cour, si on est comme nous du côté cour, cela devient très fatiguant et on décroche rapidement, si bien que le spectacle très statique qui n’en finit pas de finir. 
Les actrices: Yukiko Sasaki, Saho Ito, Kei Namba, Mari Ando, Izumi Aoyagi, Azusa Kamimura, Shiho Ishibashi ont une belle présence, la scénographie de Husaku Futamura est remarquable et la musique de Sangatsu efficace. mais le spectacle a du mal à convaincre.
Alors à voir? Oui, si vous voulez découvrir une œuvre des plus rigoureuses qui soient mais, attention,  cela suppose une extrême attention de votre part et mieux vaut, pour reprendre l’expression favorite de Jean Couturier, notre confrère et ami du Théâtre du Blog, éviter d’y emmener votre vieille tante, à moins qu’elle ne parle couramment japonais …

Philippe du Vignal

TG 2 Gennevilliers jusqu’au 19 octobre.





Archive pour 18 octobre, 2013

Current location

Current location,  texte et mise en scène de Toshiki Okada.

Current location g_t2g13okadacurrent03bToshiki Okada qui a  fondé sa compagnie Chelfitsch en 97, est connu pour explorer les enjeux de la société contemporaine japonaise en détournant  la gestuelle du quotidien . Il était déjà venu au Festival d’automne en 2010 et a présenté cette année au centre Georges Pompidou Ground and Floor ( voir Le Théâtre du Blog).
Le thème de Current Location, c’est le séisme de mars 2011 et, conséquence tragique que le Japon va payer encore pendant très longtemps, l’accident nucléaire de Fukushima.
En fait,  ce qui le préoccupe à juste raison, c’est le manque d’harmonie entre le monde et les inventions prométhéennes de l’homme du vingtième siècle  incapable ensuite d’en maîtriser les conséquences.
Ce qu’il traduit par une mise en scène d’une rigueur et d’un minimalisme absolu; c’est au public à faire l’effort d’aller vers ses actrices, et non l’inverse… C’est du moins la règle du jeu imposée par 
Toshiki Okada, sinon tant pis…
Sur scène, quelques tables carrées de cafetéria avec des chaises. Et sept jeunes femmes  qui vont se passer le relais, chacune avec sa personnalité, pour dire l’angoisse et l »incapacité d’agir  devant la menace insidieuse et permanente qui s’est abattue en quelques jours sur le Japon. Toutes se demandent quelle attitude adopter dans la vie quotidienne.  Dans de quasi-monologues, à deux, ou seules dans des attitudes très hiératiques, très  sculpturales qui rappellent parfois le théâtre nô. Les autres, assises, écoutant passionnément ce que les autres disent. Il y a aussi un écran vidéo avec des belles images de cieux parfois menaçants un peu redondantes.
Comment faire face à cette absence apparente de risques,  alors que toute une région a été vidée de ses habitants et que les produits de la terre sont contaminés, c’est ce qu’évoque en boucle Current location.
«On veut à tout prix changer les circonstances, dit Toshiki Okada, et si l’on ne peut pas, on est frustré ou en colère. On se promet de changer, ou bien on hésite. On essaye de rester calme en toutes circonstances. On dit que c’est une question de courage ou de lâcheté, ou alors, on ignore la question… On espère ne pas faire d’erreur, pour avoir raison. Et on compare cet espoir aux erreurs irréversibles que l’homme a commises par le passé. Les personnages de Current Location vivent ainsi, et nous aussi. »
C’est une réalisation admirable de précision et de rigueur dans les mouvements, les effets lumineux,et la profération du texte que l’on peut lire sur un écran en traduction simultanée. Mais, comme le dit écran, fort peu lumineux est situé sur le côté cour, si on est comme nous du côté cour, cela devient très fatiguant et on décroche rapidement, si bien que le spectacle très statique qui n’en finit pas de finir. 
Les actrices: Yukiko Sasaki, Saho Ito, Kei Namba, Mari Ando, Izumi Aoyagi, Azusa Kamimura, Shiho Ishibashi ont une belle présence, la scénographie de Husaku Futamura est remarquable et la musique de Sangatsu efficace. mais le spectacle a du mal à convaincre.
Alors à voir? Oui, si vous voulez découvrir une œuvre des plus rigoureuses qui soient mais, attention,  cela suppose une extrême attention de votre part et mieux vaut, pour reprendre l’expression favorite de Jean Couturier, notre confrère et ami du Théâtre du Blog, éviter d’y emmener votre vieille tante, à moins qu’elle ne parle couramment japonais …

Philippe du Vignal

TG 2 Gennevilliers jusqu’au 19 octobre.




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