Amor Fati

 

Amor Fati – Il faut bien que quelqu’un y soit pour quelque chose, mise en scène et scénographie de Maxime Franzetti. 

  «Avec Nietzsche, dit le metteur en scène, scénographe et comédien, Maxime Franzetti, nos convictions les plus intimes-sociales, politiques, familiales ou religieuses-sont ébranlées. La quête de vérité questionne la vie, la morale, la volonté, le Bien et le Mal, la guerre.. » L’Amor Fati -l’acceptation de son destin-fait de la souffrance de l’homme une épreuve qui aboutit à la maîtrise de soi et à la création. A l’inverse, « des concepts tels que dieu, l’âme, la vertu, le péché et la vie éternelle sont des imaginations, inventées par les mauvais instincts de natures malades. »
Réévaluons nos valeurs faillibles, à travers des formules cinglantes, des invectives lapidaires, des visions puissantes et une liberté de pensée enfin retrouvée. La troupe du Théâtre du Balèti de Franzetti, une dizaine d’interprètes, accompagnée d’une formation instrumentale tout aussi nombreuse de cuivres, répond présente à cette volonté nietzschéenne d’être maître et sculpteur de soi.
D’abord, descendons le Christ de sa croix – le rapprochement physique avec Le Christ à la Colonne de Caravage est souligné.Et ici, le Christ se relève donc, traîne sa croix à l’envers et l’abandonne pour se lancer, tel un satyre dionysiaque  recouvert de boue pour la circonstance, dans des transes sur un sol de terre meuble.
La croix est ensuite remisée pour revenir régulièrement sur la scène, nue ou bien ré-habitée par son locataire de prédilection qu’une horde de femmes s’applique à couvrir de baisers.
Amor Fati amor2Les images se succèdent : un carnaval d’anges nus-des hommes et des femmes avec  des ailes-fait sa ronde chorégraphiée. Ils sont  assis, debout, les corps se renversent et font des galipettes arrière au ralenti. Ils reviendront plus tard-vêtue de façon urbaine et chic-costume sombre et chemise blanche pour les hommes, jolie robe fluide pour les femmes dans un rappel des images mythiques de Pina Bausch-. Alignés face public, avancées, reculs, gestes collectifs et rassemblements. Avec aussi des déclamations en solo ou en duo:  une fille vindicative face à un père indifférent, une femme qui aspire à la liberté à côté de son mari revenu du front.
Avec, en accompagnement, d es musiques qui vont  du Stabat Mater de Pergolèse à Porque te vas de Jose Luis Perales dans Cria Cuervos de Carlos Saura. De temps à autre, un acteur murmure devant un micro sur pied  quelques réflexions d’un cœur en révolte. La troupe de jeunes comédiens est physiquement rodée à mort, pleine d’énergie et de vitalité, très engagée dans le projet artistique qui l’habite et ne réfrénant en rien ses ardeurs.
Toutefois, les visions proposées sur la scène, si travaillées et soignées soient-elles, sont souvent longues, comme si l’auteur/metteur en scène voulait à tout prix prouver l’évidence:  une rage d’être et de signer un pacte de rébellion en quête d’amour et de liberté.
Mais trop descriptif, trop insuffisamment ressenti, l’ensemble reste comme  affiché et perd sa capacité subversive, proclamée haut et fort : « Nous allons droit au mur… Déjà nous sommes une génération morte sur pied… ».
Pas tout à fait! Mais la troupe recèle des promesses de théâtre qui ne demandent qu’à être tenues.

 Véronique Hotte

Spectacle joué au Théâtre de Vanves les 23 et 24 octobre. 

 


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