Horribilis

 Horribilis par la compagnie Gravitation.

Horribilis horribilisNous cheminons le long d’un canal avant de découvrir cette médiathèque et salle de spectacles moderne édifiées à la sortie de Baumes les Dames. La compagnie Gravitation créée en 1994 par Fabien et Jean-Charles Thomas se consacre à des publics qui ne fréquentent pas les institutions, elle aime aller à la rencontre des  « vrais gens » en dehors des théâtres.
Nous avions découvert avec plaisir Vendez tout au Château de Joux, il y a une dizaine d’années, puis Monsieur Kropps, un débat sur l’habitat collectif à la Franc Comtoise de rue au Festival Chalon dans la rue en 2012 et aussi Le village d’à-côté dans le Nord Pas de Calais. Gravitation aime dialoguer avec les spectateurs avec un humour décapant.
Horribilis se présente comme une vraie/fausse conférence sur les films d’épouvante pour des enfants qui en ont « assez de Tchoupi et Doudou ». Une jeune femme interpelle les enfants assis autour d’elle pour leur demander ce qui leur plaît dans ces films d’horreur qui sont généralement interdits aux moins de 12 ans.
Avec l’aide de son acolyte,  elle va leur démontrer ce qui fait peur dans Frankenstein, Dracula, et dans les histoires de loup-garou et le maisons hantées. La lumière, la musique, les accessoires et les maquillages, le faux sang, autant de moyens de terrifier le public. Des extraits de films, des démonstrations comiques avec des visages aux dents de vampire et le travestissement de son partenaire provoquent les rires salutaires et joyeux d’un public très majoritairement adulte qui remplit la salle.

Edith Rappoport

Compagnie Gravitation, Centre d’Affaires et de Rencontres de Baume les Dames

http://gravit.org


Archive pour 31 octobre, 2013

Cyrano de Bergerac

Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand,  mise en scène de Georges Lavaudant.

 

Cyrano de Bergerac cyranoUn rôle titre de plus de 1.400 vers, cinq  décors,  des  actes  de style  très différent qui vont des scènes d’amour à la grande bataille d’Arras, et un grand nombre de personnages, dont trois principaux, Cyrano, Christian et Roxane jeunes encore, puis quinze ans plus âgés.
Des  costumes d’époque  qui donnent la couleur à la pièce, et un texte qui,  pour être formidable,  est  en général très peu  apprécié des universitaires!  Ce qui est plutôt bon signe.
Notre amie, elle,  Christine Friedel  ne renie pas la pièce mais pense qu’un Cyrano tous les dix ans, cela suffit…Pas de pot, après celui de Gilles Bouillon, puis celui de Dominique Pitoiset repris en janvier  au Théâtre National de Bordeaux, qui va être dirigé par Catherine Marnas, voici celui de Georges Lavaudant
.
C’est en tout  cas  la seule pièce française qui soit encore plus que l’Avare, très populaire et  devenue comme une sorte de petit trésor collectif que les générations se refilent, et qui est sans cesse reprise depuis sa création triomphale en 1897.  Tout le monde l’a lue ou étudiée à l’école,  vue au théâtre ou du moins au cinéma.
C’est  écrit en alexandrins parfois faciles et un peu mirlitonesques, où on a parfois l’impression que  Rostand se moque de lui-même, et la pièce a quand même des longueurs, surtout au début. A la fois bourrée de fantaisie et absolument tragique: à la mort de Christian et le désespoir de Roxane, et à celle de Cyrano, il y a toujours un  grand silence rare dans la salle! 
Rostand,  encore jeune écrivain a su,  avec un sens de la dramaturgie redoutable,  mettre en scène un personnage des plus attachants, qui sait qu’il va perdre, et qui dépense beaucoup d’ énergie  à se lancer dans des rêves inaccessibles. Pour la beauté du geste,  la seule chose qu’il réussit à faire. Comme il le dit lui-même, il aura tout raté , même sa mort digne d’un fait divers et non d’un militaire.

Et les quatre  amoureux:  Christian mourant,  Cyrano mourant aussi mais plus tard,  comme  de Guiche  et Roxane, comme devenue deux fois veuve, sans enfant, retirée dans un couvent, seront eux aussi  tristes et déçus par une  vie qu’ils n’auront pas réussi à maîtriser!
Il ne restera donc personne pour témoigner  de leur  combat et de leur grand amour sans issue. L’échec et la mort sont  au bout du chemin de ces quatre  personnages don Quichottesques. Rostand connaît les bonnes et vieilles grosses ficelles  qui faisaient autrefois pleurer Margot,  et maintenant des petites filles qui s’appellent Mélanie ou Léontine…
Georges Lavaudant, qui a une sacré parcours-il aura  monté Shakespeare mais aussi Pirandello, Brecht, Labiche et Feydeau mais aussi des écrivains contemporains comme Jean-Christophe Bailly ou Michel Deutsch- a créé ce Cyrano pour Les Nuits de Fourvière donc pour le plein air, dans une version moins classique. Avec une scénographie des plus légères. Il lui aurait été impossible évidemment d’y installer des décors imposants qui n’auraient pas fonctionné  dehors et  il a demandé à Vergier son scénographe, de lui recréer juste un  bosquet d’arbustes  verts qui servira à tout et en particulier à la fameuse scène du balcon, et quelques bancs, et aussi quelques vidéos en surimpression. Ce qui fait quand même un peu pauvret…C’est comme un curieux cas d’école: comment monter Cyrano dehors avec des moyens, somme toute,  limités?Bon exercice pour les élèves scénographes des Arts Déco.
Lavaudant a  coupé tout le début du texte et il a sans doute bien fait; il a aussi  raccourci un peu certaines scènes, de façon à gagner du temps et à pouvoir supprimer l’entracte. Mazis de temps en emps, cela sent quand même les coupes. Et il a introduit une sorte de rupture radicale en choisissant des costumes dits d’époque et d’autres tout à fait contemporains, ce qui n’était sans doute pas la meilleure idée du siècle mais bon…
On a donc affaire à une sorte de lecture personnelle format poche de Cyrano où tout est recentré sur l’interprétation de Cyrano par  Patrick Pineau, et de Roxane par Marie Kauffmann, comme s’il avait craint que les personnages ne soit étouffés par les autres et par les nombreux comparses.

Et cela donne quoi? Côté scénographie, passent un peu à la trappe les scènes dans la pâtisserie de Raguenau comme le siège d’Arras et l’unité donné par  ce bosquet d’arbres- pas très réussi sur le plan plastique- est un peu artificielle. Certes,  monter Cyrano est aussi une épreuve budgétaire! Ici, les cadets de Gascogne sont en nombre limité. Et le panache et  le faste, qu’on le veuille ou non,  font partie du plaisir visuel qui disparait un peu dans cette version janséniste…
On repense  aux magnifiques toiles peintes de Michel Lebois pour la mise en scène de Jérôme Savary,  et sur un plateau, on peut suggérer bien des choses sans pour autant l’encombrer de carrosses et de nombreux  accessoires.

Aux meilleurs moments, on retrouve la verve du langage de Rostand  et Lavaudant a  bien traité les scènes d’amour, et la mort de Christian comme celle de Cyrano. Mais la grande salle de Bobigny n’est pas un cadeau en matière d’acoustique,  et comme Patrick Pineau boulait souvent son texte- la fatigue en fin de semaine?-on ressort de là quelque peu frustré. D’autant qu’il n’est pas très fameux dans les grandes tirades, et celle du nez- abrégée par Lavaudant comme s’il avait craint qu’il n’y arrive pas- est carrément ratée.
La jeune personne de neuf ans assise pas très loin de moi, a déclaré à la fin:  » C’est bien, mais on ne comprend pas  tout  ce que disent  les acteurs. Ils parlent trop vite et c’est dommage ». Il faut toujours écouter les enfants, Monsieur Lavaudant…
Alors à voir? Oui, pour les scènes avec dialogue, le reste- c’est à dire les scènes de groupe est vraiment un peu juste et vous risquez d’être déçu. A vous de décider…

Philippe du Vignal

Spectacle vu  à la Maison de la Culture de Bobigny  et actuellement en tournée.Le Grand T – Nantes7 < 16 Novembre 2013-Le Carreau, Scène nationale de Forbach et de l’Est Mosellan19 < 20 Novembre 2013-L’espace des Arts, Scène nationale de Chalon-sur-Saône.27 < 30 Novembre 2013-Les Gémeaux – Scène nationale de Sceaux.4 < 15 Décembre 2013-Scène nationale de Sénart.17 < 20 Décembre 2013-Théâtre de L’Archipel – Perpignan.9 < 11 Janvier 2014-La Criée – Théâtre National de Marseille.15 < 18 Janvier 2014-Maison de la Culture d’Amiens.22 < 24 Janvier 2014-La Comète – Scène nationale de Châlons-en-Champagne.27 < 28 Janvier 2014-Théâtres en Dracénie.31 Janvier < 1er Février-Sortie Ouest – Béziers.6 < 9 Février 2014-La Filature, Scène nationale de Mulhouse.12 < 14 Février 2014

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Borderline

Borderline,  chorégraphie de Sébastien Ramirez en collaboration avec Honji Wang

Borderline photo2Ce n’est pas la première fois que l’on fait se mouvoir des danseurs au bout de câbles, mais ici ces jeux suspendus s’associent à d’autres formes de danses moins couramment accueillis dans les institutions, le hip hop, et la break dance, dont le chorégraphe est issu.
Avec sa compagne Honji Wang qui vient de la danse classique et urbaine, il a conçu ce spectacle pour trois danseurs et deux danseuses dont elle-même.
Cette chorégraphie se situe à la lisière de différentes formes de danses, mais ce que l’on retient ici, ce sont les moments où les danseurs se jouent de la pesanteur grâce à un système très élaboré de poulies et de câbles, dirigées par  un responsable du gréage.
Parfois des mouvements  de break danse sont initiés avec une belle énergie,  en solo, en duo ou en trio, ce qui  permet aux danseurs de retrouver le sol. D’une  présence physique certaine sur ce plateau nu,  parfois occupé par  une sorte de mobile géant en forme de cube sans cloisons, les artistes ne s’économisent pas.
Il est difficile de trouver le lien dans cette succession de tableaux  et l’accompagnement musical  est du même ordre : plaisant mais quelque peu inclassable. D’autant que des fragments de textes nous ramènent à la «vraie vie», confidences du père ouvrier du chorégraphe, ou  témoignage sur une irruption de policiers dans une classe, sont peu compréhensibles…
Ce patchwork, qui manque  réellement d’unité, comporte de beaux moments mais cela suffit-il à faire un  spectacle?  Un travail dramaturgique  approfondi donnerait sans doute plus de valeur à ces performances dansées.
Malgré tout,  le public semble ravi et fait chaque soir un bel accueil à cette jeune troupe.

Jean Couturier

Au théâtre des Abbesses jusqu’au 31 octobre

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