Claire Lasne-Darcueil

Claire Lasne-Darcueil,  nommée directrice du Conservatoire national.

Claire Lasne-Darcueil dans actualites a-45-ans-claire-lasne-darcueil-s-offre-un-nouveau-challenge_276051_536x381pEnfin une bonne nouvelle dans les nominations à la tête de grands établissement nationaux … A 47 ans, Claire Lasne-Darceuil  sera la première femme-pas trop tôt! -à diriger le Conservatoire national.
Cela n’allait plus du tout, et depuis trop longtemps, entre l’équipe de professeurs  et le directeur du Conservatoire national.  Daniel Mesguisch avait sans doute accumulé trop d’erreurs de tir et de  réformettes inutiles, si bien que l’on ne voyait plus très bien la ligne pédagogique de cette école. Et les petites phrases assassines se succédaient donc à un rythme soutenu. Plus grave,  Mesguisch avait récemment subi les attaques  régulières et impitoyables des élèves auxquelles il avait répondu de façon plus que maladroite. Il était donc grand temps qu’Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, règle la chose!
Nous avons tous en mémoire le Platonov de Tchekov que Claire Lasne-Darcueil-et elle n’avait pas trente ans- avait monté au Paris-Villette et qui l’avait aussitôt consacrée comme une excellente metteuse en scène.
Elle avait ensuite, de 98 à 2010, dirigé le centre dramatique de Poitou-Charentes où elle avait innové en créant des spectacles sous chapiteau puis elle fut ensuite à la tête de la Maison du comédien Maria Casarès.
Claire Lasne-Dracueil avait dirigé un stage Tchekov associé à un autre stage consacré à des exercices physiques à L’École du Théâtre national de Chaillot il y a quinze ans, et un des ex-élèves rencontré par hasard aujourd’hui, quand nous lui annoncions la bonne nouvelle, se souvenait encore de tout ce qu’elle avait,
une semaine, apporté d’énergie et d’efficacité pédagogique. C’est un signe qui ne trompe pas!
  Elle en aura bien besoin pour ramener la paix et relancer cette école au passé prestigieux qui commençait aussi à souffrir  de la concurrence des autres écoles et conservatoires français, faisant preuve de plus d’imagination… Mais on sait que diriger une école de théâtre et en particulier celle-ci-pourtant richement doté- n’est pas toujours un cadeau. Bon vent Claire Lasne-Darcueil, vous avez largement le potentiel indispensable pour réussir.

Philippe du Vignal


Archive pour 9 novembre, 2013

La Bonne Âme du Se-Tchouan

La Bonne Âme du Se-Tchouan de Bertolt Brecht, mise en scène de Jean Bellorini

La Bonne Âme du Se-Tchouan labonneame-polo-garat-odessasc_6810Bertolt Brecht a écrit La Bonne Âme du Se-Tchouan de 1938 à 42, pièce « constructive », à portée dialectique dont la parabole prend racine dans la province éloignée du Se-Tchouan.
Trois dieux visitent cette région orientale sinistrée, enclavée au milieu du continent asiatique. A la recherche de la bonté humaine, puisque notre monde à la dérive, vieux de deux mille ans, ne peut décidément pas continuer ainsi, dans l’errance de valeurs universelles bafouées : « Qu’est-ce qu’ils ont tous à faire des affaires ? »
Il faut trouver aux «éclairés» d’en haut, des âmes d’en-bas dignes de leur gouvernement. Au centre de la fable brechtienne, il y a Shen Té, la petite prostituée qui accepte d’ouvrir sa porte aux trois dieux, tandis que Wang, le porteur d’eau aux bonnes intentions, n’assume pas le choix de l’hospitalité; il préfère un salut égoïste à travers sa survie individuelle.
De son côté, la belle âme, une fois repérée, ne peut assumer seule les travers obligés d’une société moribonde : « Elle a commis l’erreur impardonnable de donner asile à des malheureux…»La jeune femme trop sensible, alors qu’il lui faut être pragmatique et réaliste, se voit dans l’obligation de bifurquer de son droit chemin, et « se divise » en s’inventant un cousin, Shui Ta, une moitié d’elle-même masquée et masculine. Cette face-là virile remédie à la compassion féminine en usant de rigueur et de brutalité dans la violence du commerce qui fait vivre d’ailleurs bon nombre d’autres âmes. Shen Té résiste même à la puissance de l’amour et aux « démangeaisons de la chair » car aimer coûte trop cher au cœur et aux finances.
Même les dieux semblent dépassés par la rigueur des temps : comment sortir de la spirale oppressante des sifflements entre liberté et aliénation ?
Pour Jean Bellorini et sa compagnie Air de Lune, l’atmosphère brechtienne se rapprocherait plutôt des Bas-Fonds de Gorki ou bien des Misérables de Hugo, une œuvre à partir de laquelle il a inventé avec bonheur Tempête sous un crâne. Et dernièrement,  il avait réussi un  spectacle truculent Paroles gelées d’après Rabelais.
Cette mise en scène, un rien mélo, de La Bonne âme aurait gagné à avoir  davantage de lumière et de peps. L’ambiance noire ne sort pas de la mélancolie : petit peuple misérable des exclus de tous les temps, costumes de récup des années cinquante, chaises en formica, sacs poubelle  noirs et rappels d’images des petits roumains dans les rues…
La leçon-assez austère et démonstrative-pèse  et  manque de rythme et d’intensité dans les changements de tableaux.Toutefois, le spectacle est de qualité, grâce à l’enchantement d’un art instinctif de la scénographie : guirlandes souriantes de petites lumières  qui forment  magiquement  une  voûte céleste et jeu glamour des éclairages de cabaret quand un personnage fait avec brio un solo sur le plateau.
Un petit escalier en colimaçon monte à l’étage où se tiennent les musiciens et le chœur des comédiens. On retrouve ces mêmes comédiens choristes en bas, modestement assis en rang comme à l’école. Près d’un triporteur bleu-vert, caractéristique de l’Asie, des prostituées adossées à un mur chantent un Requiem ou un Stabat Mater. La griffe Bellorini est magique, et, militant avec rage pour que « cesse ce bruit sur la terre qu’il n’y a plus de vie possible pour les bons… », il arrive à ensorceler la salle.
Tous les acteurs excellent, illustrateurs d’un théâtre engagé de sens et d’émotions. Travestis, déguisés, ou eux-mêmes, Karyll Elgrichi, Marc Plas, Marie Perrin, François Deblock, Geoffroy Rondeau, Camille de la Guillonnière… et, remarquables, des comédiens d’une toute autre génération: Danièle Ajoret et Claude Evrard.
Malgré sa touche mélo, La Belle Âme fait vibrer les cœurs au-delà des pleurs.

Véronique Hotte

Ateliers Odéon- Berthier 17e jusqu’au 15 décembre. 

Tél : 01 44 85 40 40

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