savoir enfin qui nous buvons

Savoir enfin qui nous buvons,  de et par Sébastien Barrier.

savoir enfin qui nous buvons cg-savoir-site02-660x380La Ferme du Buisson propose un cycle de conférences Gonzo », soit une conférence (et plus souvent un spectacle) basée sur l’ultra-subjectivité. Sébastien Barrier, lui, n’hésite pas à s’immerger dans son sujet, le vin.
A l’entrée de la salle, chaque spectateur reçoit un verre et s’installe autour de tables rondes  où  il trouvera une cartographie  dessinée  de la Loire,  de Nantes à Blois. Sept vignerons y sont matérialisés et nous allons  faire le voyage avec eux, Et, comme le dit le proverbe que nous rappelle Sébastien Barrier : « Nul n’est censé ignorer la Loire » !
Sébastien Barrier vient du théâtre de rue: connu pour son personnage de Ronan Tablantec (voir Le Théâtre du Blog), il s’adresse au public en toute spontanéité. Il s’est intéressé à sept vignerons du Val-de-Loire qui font chacun un vin naturel, c’est à dire sans recours à la chimie,que ce soit pour la culture de la vigne ou pour  la vinification. Il les a rencontrés, pris en photo, a passé du temps avec eux, si bien que quand il boit leurs vins, il ne peut s’empêcher de se souvenir d’eux, ce qui  explique ce beau titre « Savoir enfin qui nous buvons ».
Derrière un vin, et,à plus forte raison, un vin naturel, il y a un 
vigneron qui aura passé du temps à scruter le ciel, à tailler sa vigne, à la récolter, à en suivre scrupuleusement la vinification, puis la mise en bouteille.  On goûtera donc les  sept vins, servis par le personnel du théâtre, qui  respectera les trois centilitres  autorisés pour ne pas sombrer dans l’ivresse!
Dés l’entame du spectacle, Sébastien Barrier débute avec un débit de paroles qui rappelle le théâtre de rue et son personnage de Tablantec. Pas un temps mort, pas une respiration, peut-être pour contrer son trac et sa peur du
silence. Même si c’est un spectacle très écrit et maîtrisé, cette attaque a quelque chose de désagréable, qui heureusement, ne dure pas. En arrivant aux portraits des vignerons, il se fait plus humain, moins « slameur » qu’au début,  et semble lâcher un peu son texte. Ses portraits sont toujours drôles, tendres et nous en apprennent autant sur eux que sur lui.
Il y a aussi, comme un fil rouge au spectacle,  un rapport à l’ivresse qui est un peu dérangeant, on frise l’apologie de l’excès de boisson, et on en rit comme de cette question lancée au public à peine entré dans la salle: « Les alcooliques,  levez le doigt ». Il propose à la fin un diaporama en musique sur lequel il pose un mot ou une expression à chaque photo,  un peu comme pour une rétrospective.
Et c’est toujours avec un rire pudique, qu’il parle de son
affection pour ses copains de boisson et le souvenir de « soirées habituelles » (avec encore une fois des preuves d’ivresse manifestes : photos floues, déguisements ridicules, fesses montrées, voiture dans le fossé…)
  C’est un bon moment avec de la générosité, beaucoup d’humour mais aussi des moments où  on l’on rit un peu
jaune. C’est aussi un bel hommage aux femmes et aux hommes qui ont fait le choix courageux de produire des vins de grande qualité.

Julien Barsan

La Ferme du Buisson

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Un commentaire

  1. jean couturier dit :

    rappelons nous à ce propos les deux citations de Michel Audiard: « Si quelquechose devait me manquer ce ne serait plus le vin, ce serait l’ivresse » et « l’alcool ne procure pas la gaité mais la cirrhose »

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