Rencontre avec Fabrice Luchini

Rencontre avec Fabrice Luchini dans le cadre du forum Télérama au théâtre de la Ville

 

photo  « Nous ne faisons pas vivre les textes, nous restituons la vie qu’il y a dans les textes » nous dit Fabrice Luchini lors de cette rencontre avec le public, animée par Fabienne Pascaud. qui  l’a interrogé  sur la question du public et de son lien avec lui.
Pour Fabrice Luchini, le théâtre est un rituel à trois intervenants, l’auteur, l’exécutant, le comédien qui doit être au service de l’auteur et le public. Ce public doit faire l’effort de se hisser à la hauteur de ce qu’on lui propose.
Même si aujourd’hui il avoue jouer une pièce de boulevard de Florian Zeller qui ne demande pas d’effort pour « qui ne veut pas se prendre la tête ».
Fabrice Luchini préfère un public qu’il qualifie d’ « Actant », un public non aliéné, et il cite Michel Bouquet qu’il admire, «Ils ne viennent pas te regarder jouer, ils viennent jouer avec toi !». Il cite Thomas Bernhard qui invite le comédien à ne pas pactiser avec le public afin de ne pas trahir les propos d’une œuvre.
Il parle de Louis-Ferdinand Céline qu’il va rejouer en janvier au théâtre Antoine, avec cet auteur le public acquiert sa condition d’ «Actant», il lui permet de progresser, dans ce cas le comédien transmet la puissante énergie du texte. Au décours d’une question il parle de l’ambiguïté de Céline,  à la fois formidable écrivain et homme très discutable vu ses prises de positions pendant la deuxième guerre mondiale. « Un être génial peut être un homme dingue et immonde » c’est effectivement de cette réalité que va parler le comédien, entre douleur et admiration pour celui qui a écrit le « voyage au bout de la nuit », « un pavé immense dans l’histoire de la littérature, un hymne aux hommes à la pauvreté et la misère ».
Fabrice Luchini invite les spectateurs à lire et à écouter Roland Barthes ou Charles Péguy dont il lit un extrait de  L’Argent en guise de conclusion.  « Ainsi les ouvriers n’ont point conservé les vertus ouvrières et c’est la petite bourgeoisie qui les a conservées. La bourgeoisie capitaliste elle seule a tenue le coup, elle a tout infecté, elle s’est infectée elle-même et a infecté le peuple de la même infection. Elle a infecté le peuple comme antagoniste et comme maîtresse d’enseignement. Elle a infecté le peuple elle-même en elle-même et restant elle-même. Si la bourgeoisie était demeurée non pas tant peut être ce qu’elle était que ce qu’elle avait à être et ce qu’elle pouvait être,  la classe ouvrière ne demandait qu’à demeurer ce qu’elle avait toujours été la source économique de la valeur qui se vend »
Au bout d’une heure et quart d’intervention entrecoupée de questions du public, le comédien se demande comment il va retrouver l’énergie qui lui permettra de rejouer le soir même sur scène, c’est aussi cette fragilité qui est belle.

 

Jean Couturier

Journée Télérama au théâtre de la Ville le 20 novembre

 

 

 

 

 


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