Tempête

Tempête par la compagnie Gérard-Gérard, mise en scène de Muriel Sapinho.

 

  IMG_1343C’est un « crash-test » d’un nouveau spectacle,  après plusieurs résidences de cette compagnie issue de l’Ecole du Théâtre National de  Chaillot, et installée à Rivesaltes, où elle a travaillé depuis un an sur ce projet de théâtre de rue à partir de La Tempête de Shakespeare. Elle a ensuit répété à Céret, au Bleymard et enfin à la Maison Unité d’Audincourt. Il reste encore du travail, mais cette ébauche est tout à fait prometteuse…
  Les comédiens nous présentent d’abord, disent-ils, tout ce que nous ne verrons pas: ils ricanent, en tenue BCBG, chaussent des lunettes pour présenter des pistes destinées à résorber la dette : « Donnez un avenir à votre futur ! (…) Audincourt, huitième  commune de Franche-Comté n’est pas condamnée à disparaître (…) Notre équipe a construit un projet audacieux, le premier projet public privé du monde, grâce auquel vous pourrez devenir actionnaires de votre clocher ». Ils s’emparent d’une grande carte de la ville, mettent à prix le collège, découpent l’hôpital, déchirent la ville en morceaux, en bourrent leurs poches, et la mangent!
  Après une danse façon Bollywood, il n’y a plus rien à valoriser, sauf un certain Thomas Müller choisi dans le public qu’on revêt d’un costume, et qui va être le premier homme coté en Bourse, il sera le « Che Guevara du capitalisme nouveau » !
Impossible de décrire ce spectacle encore fragile qui se cherche, mais il y a une scène finale très réussie sous la pluie qu’on peut voir, une fois levé le rideau de fer, qui ressemble au fameux Radeau de la Méduse : « Nous sommes tous nus, égaux dans les éléments qui se déchaînent. L’avenir se joue maintenant… »
Une vraie troupe, treize comédiens et techniciens  sous la direction de Muriel Sapinho.

Edith Rappoport

Studio des trois Oranges, Audincourt.

www.compagniegerardgerard.fr

 

 


Archive pour 1 décembre, 2013

Ylajali

Ylajali de Jon Fosse,mise en scène de Gabriel Dufay. 

Au fond du plateau, une grande toile peinte: un paysage lugubre dans la pénombre, et un réverbère sur le sol jonché de feuilles mortes. Un homme dépenaillé porte une couverture sur les bras-il vient de quitter son logis sinistre qu’il ne peut plus payer-et il aperçoit une forme émergeant de la poussière: un homme qui a faim et qui réclame de l’aide.
L’autre se précipite chez un prêteur à gages, échange son gilet contre de la monnaie qui permettra au mendiant de s’acheter un sandwich. Mais lui-même, qui n’a pas mangé depuis plusieurs jours, est
tenaillé par la faim, : « Je ne peux quand même pas juste errer dans les rues… ».
Une jeune fille passe, il la suit et lui rend son livre qu’elle a laissé tomber. Un vieux à lunettes n’arrive même plus à lire les gros titres du journal, mais il ne peut l’aider et continue à marcher. « Je dois trouver quelque chose à manger »…Il devient fou, tente de trouver de l’argent en mettant en gage ses lunettes, sa couverture, peine perdue !
La jeune fille revient, il esquisse des contacts amoureux, elle ne se dérobe pas, puis s’enfuit. Il voulait juste savoir son nom. Il l’appelle d’un doux nom, Ylajali, qu’il répète avec tendresse. Un vagabond lui vole ses chaussures, il marche, il marche, puis s’effondre.
Cette errance poétique rythmée par le piano rappelle les vers de Rainer Maria Rilke :  » Car les grandes villes Seigneur, son maudites/ La panique des incendies couve en leur sein »…La puissance de jeu des trois comédiens nous maintient en alerte, et il y a une étrange attente: on voudrait voir cet homme trouver une planche de salut,  autre que l’étreinte amoureuse volée à cette femme.
Mais le néant se referme sur lui. Étrangement, on ne sort pas désespéré de cette pièce inspirée par La Faim de Knut Hamsun dont nous admirons aussi  Le Cri, qui a inspiré à Munch son célèbre  tableau!

 
Edith Rappoport

Créé à l’Apostrophe de Cergy-Pontoise au cours de la saison dernière, Ylajali sera joué à la Cabane du Monfort du 3 au 14 décembre du mardi au samedi à 19 h tél 01 56 08 33 88;  les 30 et 31 janvier Espace Beaulieu à Poitiers, du 4 au 8 février à la Manufacture de Nancy,  et du 2 au 6 avril au Théâtre National de Toulouse.

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