Les Journées de Lyon

Les journées de Lyon des auteurs de théâtre

 

Créées, il y a vingt-quatre ans, par René Gachet et le regretté Jean-Jacques Lerrant, un homme qui a fortement marqué la vie théâtrale lyonnaise, ce concours d’écriture dramatique reçoit chaque année quelque quatre cents textes, et en couronne sept, dont une traduction; trois d’entre eux feront l’objet d’une édition.
En ce dernier jour de la manifestation, la salle est comble à la médiathèque de Vaise qui abrite un important département Arts du spectacle. Pourtant l’objet du débat : « Spécificit
20131119095442-4ad442da-cu_s9999x190é de l’écriture théâtrale entre le livre et la scène » est peu engageant. Un de ces sempiternels colloques pourrait-on craindre! Non, ici, rien de tel : l’intérêt tient à la variété et la disparité des réponses des lauréats : Patrick Dubost, Perrine Gérard, Clémence Weill, Solenn Denis, Claire Audhuy, Stanislas Cotton, et la traductrice Séverine Magois. Ils ont chacun leur approche et ne trancheront pas sur ce qui prime à leurs yeux: la scène, ou le livre qui doivent selon eux, trouver sa langue, son rythme, avec, ou sans personnages, même si, selon la célèbre phrase d’Antoine Vitez: « On peut faire théâtre de tout ».
Cette rencontre o
ffre un panorama de la dramaturgie contemporaine dans toute sa diversité, et ce panel comprend plus de femmes-dont de très jeunes-que d’hommes, confirmant ainsi l’accès massif des femmes, autrefois marginal, à l’écriture dramatique. Elles viennent essentiellement du plateau, comme une bonne part des homme, et souvent après une solide formation littéraire.
L’après-midi sera consacré à deux lectures. Dans Sandre, Solenn Denis confie son monologue à une acteur, bien qu’il s’agisse du récit d’une femme infanticide. Un pari qui permet de distancier cette sordide histoire racontée avec une grande délicatesse : des mots simples, une sincérité désarmante, une certaine dérision. Transposé dans le corps d’un homme, en l’occurrence Stéphane Daublain, le crime de cette Médée, version fait divers, prend un tour universel.
« Nous ne rions jamais/Sinon par erreur/ Nous sommes/Mélancoliques » : loin du quotidien sordide de la pièce précédente, Mélancolie douce de Patrick Dubost lauréat du Prix Jean-Jacques Lerrant, nous attire, en 49 respirations, dans le monde doux amer de la mélancolie. Cette partition chorale en demi-teintes aborde avec humour, la pensée noire qui habite le poète. « Je sais que la nuit/me va bien/Je suis là ce soir pour tenter /quelque chose avec vous », écrit-il, dans son livre publié aux éditions La Rumeur libre.
La mise en espace très élaborée et illustrative a l’avantage de nous aider à décrypter un texte difficile, au risque cependant d’en perdre la substance et le véritable souffle. C’est la difficulté pour des pièces à la lisière du théâtre et de la poésie.
Ce n’était là que l’épilogue de ces Journées… L’événement a mis en lumière le travail souterrain d’une vingtaine de lecteurs bénévoles venus de tous bords par amour du théâtre : enseignants, metteurs en scène, comédiens, journalistes…Certains de ces textes, par le bouche à oreille, trouveront les chemins de la scène dans la région ou ailleurs, et c’est l’essentiel

 

Mireille Davidovici

 A Lyon le 23 novembre 2013. Pour en apprendre davantage sur Les journées de Lyon : T: 04 72 85 09 04

 

www.auteursdetheatre.org

 

 


DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...