Hot House

Hot House d’Harold Pinter, mise en scène de Valéry Forestier.

hot house2La compagnie Adada et le collectif A.A proposent au Lucernaire jusqu’au 11 janvier une version  de Hot House d’ Harold Pinter. Entre « La Clinique de la forêt noire » et « L’hôpital et ses fantômes » de Lars Von Trier… Cela se passe dans une maison de convalescence. Les  personnages, « cadres hospitaliers », comme ils aiment à se qualifier, évoluent dans cette grosse machine kafkaïenne où les patients sont débaptisés et portent désormais un numéro de matricule.
Tous les personnages ont un côté loufoque très appuyé, au premier rang desquels le directeur, en proie à une mélancolie permanente, et qui ne cesse de pleurer. On sent bien que quelque chose n’est pas normal dans la manière dont sont traités ces patients (jamais incarnés durant la pièce). La machine aux  grands rouages poussifs va s’enrayer à cause de deux événements : le décès d’un patient et l’accouchement d’une autre, (l’accouchement étant ici presque plus grave que le décès…).

Il y a ici le même type de mise en scène qu’on avait adoré (ou détesté !) dans Ubu Roi monté par  la même équipe : utilisation d’un castelet et d’objets dans le jeu, prise de parole en plan serré. Trois  châssis coulissants, un peu comme une grande armoire, réservent des cadres ou des ouvertures. Quand les comédiens jouent à l’intérieur du castelet,  on ne voit que leur buste, visage et mains.
hot house1Il s’agit souvent de scènes à deux, et le troisième, caché,  procède à la manipulation des châssis ou d’objets divers. Souvent, les  têtes des personnages se rapprochent par l’effet du mouvement des panneaux qui les coincent très près l’une de l’autre, ce qui crée un effet de zoom. Heureusement,  ces comédiens ont aussi un corps et savent évoluer en dehors de cet ingénieux dispositif.
On est ici dans un sur-jeu assumé, tirant vers l’humour anglais, ce qui donne au spectacle une véritable absurdité comique. Certains textes sont débités à une vitesse folle mais avec une articulation très sûre: belle p
erformance d’acteurs! On est ici dans la caricature assumée, drôle, et maîtrisée de bout en bout, ce qui permet de s’éloigner  du texte,dont les circonvolutions peuvent lasser…
Mais il ne faut pas bouder son plaisir  et on passe quatre vingt dix minutes à rire de gags un peu gros mais très efficaces

Julien Barsan

Théâtre du Lucernaire à 21h jusqu’au 11 janvier.

 


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