Wonderland

 Wonderland chorégraphie d’Andrea Miller avec les danseurs de Gallim Dance.

phontoNous découvrons pour sa première venue en France la compagnie new-yorkaise dans un spectacle vif et surprenant qui débute par un fond sonore de galops de chevaux, comme pour mieux nous faire comprendre l’animalité de cette danse.
Il se termine par le hurlement inutile de la danseuse, chef de meute penchée sur le corps inerte d’un de ses protégés mâles. Andrea Miller a travaillé au Batsheva Ensemble en Israël, et s’inspire ici d’une œuvre du plasticien Cai Guo-Qiang (connu pour avoir participé à la dernière Nuit Blanche parisienne) qui met en scène une meute de loups.
« Nous travaillons, dit-elle, sur l’idée de horde». C’est en effet sur la relation dominant/dominé qu’elle a construit sa chorégraphie, les êtres dominant étant ici les femmes-en particulier une chef de meute ,danseuse exceptionnelle par sa présence, entourée de ses partenaires.
Sur un tapis de danse vert morcelé dont un fragment dépasse sur le fond de scène, les lumières de couleur changeantes sont surtout constituées de poursuites et de latéraux. L’assemblage sonore est, lui,  assez disparate : cela va de la musique tribale aux comédies musicales américaines des années 50.  Quant aux costumes d’un esthétisme déconcertant, ils  sont en lycra gris troué pour laisser passer la chevelure telle une crinière.
Les hommes portent des bustiers et des collants gris, les femmes des grandes culottes avec ou sans collants gris et des hauts allant du mini soutien gorges au bustier, et tous dansent pieds nus, et semblent avoir participé à une compétition de natation synchronisée!
Le groupe semble parfois manquer de cohésion sur le grand plateau de la salle Jean Vilar. Beaucoup de mouvements se font au sol, accumulation de corps empilés les uns sur les autres, ou corps en particuliers masculins que ces lionnes des temps modernes traînent avec délectation. Une danseuse tente parfois de s’individualiser, avec des sauts ou des mouvements au sol, accroupis ondulants, tel un félin cherchant sa proie. Domine alors le jeu d’une interaction permanente entre la chef de meute et le groupe, en adoration devant elle et qui la porte en triomphe, ou bine c’est la chef de meute qui écrase de ses pieds, avec plaisir, un de ses vassaux masculins.
Andrea Miller a sans doute cherché à parler des liens de domination qui existent dans la vie des mammifères et sa chorégraphie se laisse voir pour un spectateur curieux de nouveauté. La performance physique est réelle mais l’émotion n’est pas toujours au rendez-vous, et paradoxalement, par manque d’une animalité plus sauvage…

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot jusqu’au 7 décembre

 


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