Le tourbillon de l’amour

 

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Le tourbillon de l’amour,  texte et mise en scène de  Daisuke Miura, en japonais, surtitré en français.

 

  Comme Sacha Guitry ou Georges Feydeau, Daisuke Miura est l’auteur et le  metteur en scène  de ses pièces, comme cette comédie de mœurs contemporaine. Cela se passe le temps d’une nuit dans un club échangiste de Tokyo. «J’ai écrit la pièce, dit-il, à partir de mes propres expériences». Mais ce sont  des gens seuls ici et il n’y aura pas ici d’échange  entre couples.
Tous les éléments d’un vaudeville sont en place. Décor à deux niveaux avec sur la mezzanine, trois lits, et,  en bas des canapés, une table basse et un écran plat, des toilettes à cour et une douches à jardin. Les personnages tous jeunes sont un peu trop caricaturaux. Il y a le puceau, qui va se révéler un excellent amant de l’habituée du lieu.  Un garçon sans travail,  qui met tout l’argent donné par ses parents dans les 180 euros du prix d’entrée! Il va rencontrer une autre âme solitaire, une étudiante frustrée et craintive, «désolée de ne pas être jolie», qui va se révéler ensuite une grande consommatrice sexuelle: «Je passe un super bon moment».
Pour beaucoup, c’est leur première venue dans un tel club. Il y a l’inévitable mari qui vient, seul,  vivre ses fantasmes en cachette de sa femme. Il y a un personnage plus surprenant, une maîtresse d’école maternelle, «On dit souvent qu’il y a beaucoup de mes collègues qui aiment le sexe, j’en fais partie…, A l’école, il  y a un petit garçon trop beau, il s’appelle Takumi, je me masturbe en l’imaginant adulte me faisant l’amour».
Mais ici on ne fait pas l’amour, on baise, pour remplir une vraie solitude, «Ici ce n’est pas un endroit pour tomber amoureux». La notion de plaisir n’est mentionnée qu’une seule fois: «Tu sais qu’on est là pour prendre du plaisir!».
Pour l’auteur: «Ce n’est pas le contenu du message qui m’intéresse, c’est la façon de combiner les dialogues et de montrer la complexité des relations». Il y a des moments comiques  dans les situations engendrées, au milieu de quelques scènes d’accouplements montrées furtivement. Les comédiens jouent juste et incarnent bien les personnages, et une bonne direction d’acteurs rend les situations crédibles, grâce aussi à un surtitrage tout à fait correct, y compris quand plusieurs comédiens s’interpellent.
La pièce nous parle aussi du Japon, de la complexité des rapports humains entre  hommes et femmes, du rapport au corps, particulier à ce pays, de la pudeur paradoxale ici, (chacun garde sa serviette), et de l’hygiène indispensable que ce type de jeu implique. Entre les personnages, il faudra de longs silences, de longues hésitations matinées de politesse, de longs dialogues, avant que la réalité des échanges ne survienne, alors qu’en France, 
dans ce  genre de lieu, les consommateurs  passent vite  à l’action, puis  se parlent quelquefois ensuite!
e metteur en scène réussit à nous emporter dans un voyage à 14 heures d’avion de Paris, pour  nous montrer une forme de théâtre… proche de notre théâtre de boulevard! Mais il sait montrer la triste réalité d’êtres  qui repartent tous  seuls, à l’heure du premier métro. Ici: « Il est interdit de demander les numéros de téléphone de ses partenaires»…

Jean Couturier

 

 Festival d’automne en Normandie à Rouen, et à Paris à la Maison de la culture du Japon jusqu’au 7 décembre.

 


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