El Pasado es un animal grotesco

El pasado es un

El Pasado es un animal grotesco, texte et mise en scène de Mariano Pensotti. 

  Quatre acteurs qui ont la quarantaine– deux hommes et deux femmes argentins –, Santiago Gobernori, Javier Lorenzo, Laura Paredes, Maria Ines Sancerni, de la même génération que leur metteur en scène Mariano Pensotti, donnent à voir  dix années de leur vie, entre 1999 et 2009, tiraillés qu’ils sont entre leurs désirs et la réalité.
Ils voulaient avoir une vie pleine, au besoin chaotique, mais n’acceptaient pas leur condition sociale ou économique d’origine, comme leurs parents ou leurs grands-parents y auraient été obligés dans un monde forcément plus moderne. Chacun suivra son parcours pour basculer – après une rupture, sentimentale ou professionnelle – dans une direction opposée.
De la dictature à la fin des années 70,  au début des années 80, ces jeunes gens ont assisté au rétablissement de la démocratie, et ont alors fait l’épreuve de la  grave crise socio-économique qui a secoué l’Argentine. Buenos-Aires est une ville très théâtrale, et ses  habitants ont l’impression de  s’y sentir comme des Européens en exil, et non pas comme des Latino-Américains. Avec cette idée au fond d’eux-même qu’ils n’y ont pas la vie qu’ils devraient y avoir, un peu comme s’ils jouaient un autre rôle que le leur !
Sur le plateau, un narrateur passe d’un lieu à l’autre avec les trois autres comédiens puis devient lui-même acteur du drame. Il présente chacune des situations où un homme et une femme, s’affrontent, s’aiment, se disputent, s’injurient, s’embrassent. Le plateau tourne, réparti en plusieurs pièces d’appartements, et on quitte un couple ou un célibataire, pour en découvrir un autre… Des croisements se produisent parfois au hasard, et on retrouvera l’un ou l’autre de ces personnages plus tard dans le spectacle.
Le passé ne peut pas se saisir, variable, à chaque fois qu’on tente de se l’approprier. Et la vie et les jours nous échappent, irréversiblement : « Nous sommes tous faits de récits, nous sommes ce que nous racontons de nous-mêmes. » À côté des vies privées, les événements politiques tiennent aussi leur place. Et l’interrogation esthétique et philosophique se fait ici le lieu juste et vrai du théâtre. Le manège de bois – un gros jouet d’enfant – est joliment fabriqué, fait de lattes de parquet clair; il y a aussi une petite table de bureau, ou de dîner avec une nappe rustique à carreaux blancs et rouges. Des jeunes gens d’aujourd’hui  arrivent, en tenue confortable,  dans un bonheur vif d’être soi et  libre, au plus près de leurs sensations et de  leur partenaire.
La mise en scène de Mariano Pensotti est pleine d’énergie et les comédiens savent  raconter des histoires… Un travail original et amusant, même si on a parfois l’impression de tourner en rond dans ce récit épique qui n’en finit pas de raconter ce qui ne prend jamais fin.
À voir, pourtant.

 Véronique Hotte

 

Festival d’Automne, Théâtre de la Colline. T: 01 53 45 17 17  du 11 au 14 décembre.

 


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