El Tigre

El Tigre,  texte et mise en scène d’Alfredo Arias, composition musicale de Bruno Coulais.   p153566_4

« Si on me demande de définir un genre, je dirai qu’ El Tigre est une comédie loufoque avec des chansons », explique Alfredo Arias, «une pantomime de Noël», vient-il préciser, dans un halo de lumière, à l’avant-scène. Le rideau s’ouvre sur un décor kitchissime, tableau en relief représentant El tigre, des îles à la confluence du Gran Paraná et du Río de la Plata, au Nord de Buenos-Aires.
Un quatuor à cordes attaque un tango décalé. Le ton est donné, d’autant que la réputation d’Arias,  fondateur du TSE le précède.  Avec son premier spectacle en France, Eva Peron de Copi,  suivi de nombreux spectacles, entre autres, des comédies musicales aux accents argentins, influencées par le music-hall américain et jouées par des travestis en femmes fatales.
Ici apparaissent une Blanche-Neige en drag queen :Fatafatale ; Holy, travelo cinéfole (l’élégant Carlos Casella), flanqué d’un titi parisien, Fernand Fricotin (Denis D’Arcangelo), déguisé pour les besoins d’un film en Dark, servante confidente accorte, puis Tota (Andrea Ramirez) une incroyable Indienne à qui l’on veut confier le rôle de Lana Turner. Car ce soir, on va rejouer  Mirage de la vie, de Douglas Sirk, le grand maître du mélodrame.
Cette tentative dérape en un furieux vaudeville flirtant avec le mauvais goût. Mais n’est pas ringard qui veut… la machine inventée par Arias  tourne un peu à vide, malgré la grande qualité des chansons (textes et interprétation) et de la musique de Bruno Coulais, le  compositeur des Choristes et du Peuple migrateur. Par bonheur, la vraie Lana Turner surgit enfin d’entre les morts, campée par Arielle Dombasle. Fascinante en diva, ultra-moulée dans un fourreau noir, blonde à l‘extrême, elle incarne parfaitement la star hollywoodienne aux mœurs troubles ; de plus sa voix chaude et souple monte agréablement dans les aigus, se mariant avec celles des autres interprètes.
Une ténébreuse affaire d’extra-terrestres vient embrouiller l’intrigue. La star rejoindra le firmament, kidnappée, au nom des martiens, par Vampira sortie tout droit d’un film d’horreur. Arias jongle entre les styles de film, en parodiant les stars du cinéma. En dépit d’un scénario incertain, il réussit un divertissement déjanté, une revue avec quelques tubes et morceaux de bravoure.
On reste malgré tout sur sa faim,  malgré Arielle Dombasle, et la qualité des comédiens/chanteurs et des musiciens.

Mireille Davidovici

Théâtre du Rond-Point  Paris T: 01 44 95 98 21, jusqu’au 12 janvier. 
www.theatredurondpoint.fr
El Tigre, livre graphique scénario d’Alfredo Arias avec la collaboration de René de Cecatty, dessin José Cuneo, éditions Mes Contrebandiers, 20 euros.

 


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