Le Parc

Le Parc,  chorégraphie d’Angelin Preljocaj,  avec le ballet de l’Opéra de Paris.

leparcIl est rare qu’une chorégraphie, depuis sa création en 1994, soit devenue mythique grâce à un seul  tableau, Abandon, l’avant-dernier du duo .. Connu du monde entier, il a aussi fait l’objet d’une belle reprise publicitaire filmée par Preljocaj pour Air France, avec Benjamin Millepied et Virginie Caussin.
A l’Opéra de Paris et ailleurs, (la chorégraphie est entrée au répertoire du théâtre Mariinski de Moscou et de la Scala de Milan), plusieurs duos se sont succédés. Le couple, (ce soir là Isabelle Ciaravola et Karl Paquette), doit danser en parfaite harmonie, tant l’abandon est physiquement réel, avec un mouvement tournoyant de l’héroïne autour du cou de son soupirant.
La scène traduit l’extrême sensibilité du chorégraphe, qui offre aussi  à ce couple, deux autres duos d’une grande beauté, dansés sur un andantino et un adagio d’un Concerto pour piano de Mozart, dont la musique accompagne aussi les jeux de séduction de l’ensemble du corps de ballet.
Hommes et femmes tentent de se surprendre entre les bosquets très stylisés  imaginés par Thierry Leproust; c’est une épreuve difficile pour les danseuses qui portent parfois de magnifiques robes à paniers du costumier Hervé Pierre. Angelin Preljocaj dit s’être inspiré de La Princesse de Clèves:C’est, dit-il, «l’histoire de cette femme qui résiste à l’amour. J’avais envie de transmettre, à travers les mouvements, la danse, la relation entre deux interprètes, cette résistance, cette pérégrination, ce qu’elle ressent. A part elle, tous les autres personnages sont des libertins».
C’est un très beau travail qui explique ses multiples reprises depuis sa création. La touche Preljocaj, décalée et provocatrice,  depuis que nous avions découverte avec  Liqueurs de Chair au Théâtre de la Ville en 88, est présente ici à travers le quatuor de jardiniers qui ouvre et ponctue à la fin le spectacle, sur une création sonore de Goran Vejvoda. C’est un peu comme si le chorégraphe avait peur que cette inaccessible harmonie amoureuse, transformée en beauté douloureuse, n’apparaisse comme trop romantique. Comme le dit Alain Platel pour ses propres  créations, «il ne faut pas toujours refuser l’émotion».

Jean Couturier

A l’Opéra Garnier jusqu’au 31 décembre.

 


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