Blaise Cendrars

Blaise Cendrars, la légende bourlingueuse par Patrice Delbourg et Eric Cénat.

 

  Il se passe toujours quelque chose à Paris, et souvent tout près de chez soi !

cendrars Ce soir-là, à la Mairie du deuxième arrondissement, La Scène du Balcon qui, depuis dix ans, propage la littérature dans le quartier, nous proposait, dans le cadre d’une lectothèque idéale,* de bourlinguer dans l’œuvre multiforme de Blaise Cendrars.
Patrice Delbourg, poète, membre de l’émission de France-Culture,Les Papous dans la tête, lit des extraits de la biographie qu’il lui a consacrée, coiffé d’un galurin digne de son modèle.
En écho, Eric Cénat donne voix aux textes de Cendrars, témoins d’une vie personnelle et littéraire aventureuses.
Les mots de Cendrars et ceux de Delbourg se mêlent intimement, tandis que défilent sur un écran les portraits que peintres et photographes ont faits de l’écrivain suisse,
né à La Chaux-de-Fonds en 1887. Louis Sauser, qui courut le monde, fut naturalisé français, et mourut à Paris  en 1961.
De cet exercice d’admiration composé avec brio, Delbourg privilégie pour le public des détails marquants comme l’Alpha Roméo du poète.
« Dans le coffre de son bolide (…), le poète allumé trimballe dix caisses de livres immensément lourdes, avec, notamment, Nerval, Huysmans, Villon et Rémy de Gourmont. Quand il se trouve en transit maritime, ces livres chéris lui coûtent une fortune en transport. Il relève aussi le contraste entre l’apparence physique de l’auteur, sa mine vaguement patibulaire de maraudeur rastaquouère à l’expression gouailleuse, brute de fonderie, et son écriture, si pure, si limpide, si tendue et si intense d’émotion charmeuse. Delbourg attire aussi l’attention sur la ressemblance de son chien Wagon-Lit avec un Cendrars vieillissant.
Mais, dit Delbourg,
 «ne voir en Cendrars qu’un bourlingueur affabulateur, c’est manquer d’emblée cette conscience souvent inquiète que le poète eut de naître à tout instant.»Le double visage de l’homme  au bras coupéest toujours présent chez son biographe. Il nous révèle ainsi les déboires de l’écrivain à New-York qui donnèrent lieu à un poème fulgurant : Pâques à New York.
Laissons cependant le mot de la fin à celui qui vitupérait sur la poésie de son époque, «beau cénacle de culs-de-plomb », en empruntant un vers à un opus de jeunesse préminitoire, La Prose du Transsibérien :“Toute vie n’est qu’un poème en mouvement. Je ne suis qu’un mot, un verbe, une profondeur dans le sens le plus sauvage, le plus mystique, le plus vivant.”
  Et replongeons-nous sans tarder dans ses écrits, guidés par Delbourg qui nous balade dans l’Odyssée Cendrars (éditions Écriture) par ordre alphabétique. D’Apha Roméo (Cendrars était fou de vitesse et de voitures) à Zone (sa proximité/rivalité avec Apollinaire).

 

Mireille Davidovici

 

Vu à la Mairie du 2ème de Paris le 30 novembre.*Prochaine lecture du cycle : Cet Allais vaut bien le détour vendredi 31 janvier à 19h 30, à la mairie du 2 ème, 8 rue de la Banque 75002

 


Archive pour décembre, 2013

Partita 2

Partita 2

D’après Partita n°2de Jean-Sébastien Bach

Chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker

Avec Boris Charmatz

 00460025Amandine Beyer, dans le noir au bord du plateau joue en solo la Partita ; le violon fait danser la musique, l’obscurité la sublime. Quand la musique se tait, dans la pénombre, deux silhouettes se dessinent. Course poursuite entre les danseurs. Anne Teresa De Keersmaeker et Boris Charmatz se cherchent, se trouvent, se repoussent établissant des points de contact entre leur univers respectifs. La chorégraphe mène la danse, son partenaire lui emboîte le pas : sauts, petits galops, roulés-boulés, pirouettes suspendues, équilibres précaires, chacun pour soi ou en dialogue, leur corps à corps sont des pas de deux subreptices plus ludiques que sensuels.
Puis le violon revient et chaque interprète rejoue sa partition, en trio. La chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker prend alors tout son sens en résonnance avec l’architecture complexe de Bach. Un style minimaliste, à la mesure d’une musique épurée.
Cette danse sans fioriture a quelque chose d’austère et si ce n’est la musique qui la sous-tend, tient plus d’un exercice, d’une répétition en cours car, comme le mentionne le programme, la chorégraphie est née d’une séance d’improvisation spontanée en plein air, entre les deux danseurs tôt un matin en 2010, sur le plateau vide du Cloître des Célestins. Sur le grand plateau vide du théâtre, la chorégraphie a quelque chose de figé, de mental, comme fixer ce moment de grâce auroral était resté de l’ordre de l’intention.

On sort du spectacle avec une perplexité frustrée sans pourtant regretter d’être venu, eu égard au talent incontestable des trois interprètes.

 

Mireille Davidovici

 

Création au Kunstenfestivaldesarts, mai 2013 

Vu au Théâtre de la Ville de Paris, 28 novembre 2013

http://www.rosas.be/fr/production/partita-2

 

Les Journées de Lyon

Les journées de Lyon des auteurs de théâtre

 

Créées, il y a vingt-quatre ans, par René Gachet et le regretté Jean-Jacques Lerrant, un homme qui a fortement marqué la vie théâtrale lyonnaise, ce concours d’écriture dramatique reçoit chaque année quelque quatre cents textes, et en couronne sept, dont une traduction; trois d’entre eux feront l’objet d’une édition.
En ce dernier jour de la manifestation, la salle est comble à la médiathèque de Vaise qui abrite un important département Arts du spectacle. Pourtant l’objet du débat : « Spécificit
20131119095442-4ad442da-cu_s9999x190é de l’écriture théâtrale entre le livre et la scène » est peu engageant. Un de ces sempiternels colloques pourrait-on craindre! Non, ici, rien de tel : l’intérêt tient à la variété et la disparité des réponses des lauréats : Patrick Dubost, Perrine Gérard, Clémence Weill, Solenn Denis, Claire Audhuy, Stanislas Cotton, et la traductrice Séverine Magois. Ils ont chacun leur approche et ne trancheront pas sur ce qui prime à leurs yeux: la scène, ou le livre qui doivent selon eux, trouver sa langue, son rythme, avec, ou sans personnages, même si, selon la célèbre phrase d’Antoine Vitez: « On peut faire théâtre de tout ».
Cette rencontre o
ffre un panorama de la dramaturgie contemporaine dans toute sa diversité, et ce panel comprend plus de femmes-dont de très jeunes-que d’hommes, confirmant ainsi l’accès massif des femmes, autrefois marginal, à l’écriture dramatique. Elles viennent essentiellement du plateau, comme une bonne part des homme, et souvent après une solide formation littéraire.
L’après-midi sera consacré à deux lectures. Dans Sandre, Solenn Denis confie son monologue à une acteur, bien qu’il s’agisse du récit d’une femme infanticide. Un pari qui permet de distancier cette sordide histoire racontée avec une grande délicatesse : des mots simples, une sincérité désarmante, une certaine dérision. Transposé dans le corps d’un homme, en l’occurrence Stéphane Daublain, le crime de cette Médée, version fait divers, prend un tour universel.
« Nous ne rions jamais/Sinon par erreur/ Nous sommes/Mélancoliques » : loin du quotidien sordide de la pièce précédente, Mélancolie douce de Patrick Dubost lauréat du Prix Jean-Jacques Lerrant, nous attire, en 49 respirations, dans le monde doux amer de la mélancolie. Cette partition chorale en demi-teintes aborde avec humour, la pensée noire qui habite le poète. « Je sais que la nuit/me va bien/Je suis là ce soir pour tenter /quelque chose avec vous », écrit-il, dans son livre publié aux éditions La Rumeur libre.
La mise en espace très élaborée et illustrative a l’avantage de nous aider à décrypter un texte difficile, au risque cependant d’en perdre la substance et le véritable souffle. C’est la difficulté pour des pièces à la lisière du théâtre et de la poésie.
Ce n’était là que l’épilogue de ces Journées… L’événement a mis en lumière le travail souterrain d’une vingtaine de lecteurs bénévoles venus de tous bords par amour du théâtre : enseignants, metteurs en scène, comédiens, journalistes…Certains de ces textes, par le bouche à oreille, trouveront les chemins de la scène dans la région ou ailleurs, et c’est l’essentiel

 

Mireille Davidovici

 A Lyon le 23 novembre 2013. Pour en apprendre davantage sur Les journées de Lyon : T: 04 72 85 09 04

 

www.auteursdetheatre.org

 

Liquidation

Liquidation, d’après le roman d’Imre Kertész, traduction du hongrois de Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, mise en scène de Julie Brochen.

 

_Liquidation_©FranckBeloncle_012 Prix Nobel de littérature en 2002, date à laquelle il se fixe à Berlin avant de revenir en 2013 à Budapest pour raisons de santé, l’écrivain d’origine hongroise, Imre Kertész, se définit d’abord comme juif européen. L’expérience, à quinze ans, du camp de concentration -Auschwitz, Buchenwald puis le camp de travail de Zeits- l’éprouve intérieurement à vie.
Libéré en 1945, il revient en Hongrie où sa famille a été exterminée. Son premier roman sur une « formation à l’envers », Etre sans destin, paraît en 75, mais n’est publié en France qu’en 98 (Actes-Sud).
Le public de théâtre se souvient de Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas, créé par Joël Jouanneau, avec Jean-Quentin Châtelain. D’autres ouvrages paraissent, Un autre : chronique d’une métamorphose, Le Refus, Le Chercheur de traces, Liquidation, l’Holocauste comme culture, Journal de galère, Sauvegarde, L’ultime Auberge …, des titres révélateurs d’un indicible et irréversible mal-être existentiel.
Ainsi, Liquidation (2004) que met en scène Julie Brochen, directrice du Théâtre National de Strasbourg avec  son École supérieure d’art dramatique-depuis 2008 et jusqu’en 2014 -, est un titre éloquent.  Comment se débarrasser d’un passé trop lourd qui entrave les jours de la vie ? Comment apurer le compte des douleurs qu’a pu proposer l’aventure humaine ? Parfois, la fatalité du destin se retourne contre soi avec le suicide, une mort choisie.
Liquidation propose le cheminement d’un éditeur, Kerusü- « amer » en hongrois, peut-être le double de Kertész- à travers les méandres d’une recherche personnelle autant que professionnelle. Il s’agit de mettre la main sur le manuscrit introuvable de
B., son ami écrivain , qui a mis fin à ses jours. Ce manuscrit énigmatique, clé de voûte d’une œuvre essentielle destinée à la publication, devient une question de survie pour celui qui se dit éditeur par erreur : « Je raconte ma carrière, ma déchéance totale, celle du monde entier, pas le monde littéraire mais celui des guerres et des dictatures… »
Adaptée pour la scène, cette création est à l’origine un roman composé de théâtre, de récit, de lettres. L’histoire est  fondée sur une recherche obstinée de l’éditeur qui recueille les témoignages de ceux qui ont été en contact avec le disparu, dont deux femmes, Sara (Marie Desgranges), une amie qui travaille dans l’édition, et Judit (Fanny Mentré), son ex-épouse. Des êtres de sensibilité et de cœur avec lesquels on peut parler.
À l’intérieur même de l’œuvre, une mise en abyme, une pièce laissée par l’écrivain, intitulée Liquidation encore, met en scène l’éditeur et tous ceux qu’il interroge. Théâtre dans le théâtre, répétition et variation, Liquidation ne se liquide pas aussi facilement, le spectacle se décline de toutes parts, à la façon d’un kaléidoscope.
Julie Brochen et Lorenzo Albani  ont imaginé un espace vide inhumain, submergé par les bruits de voiture d’un périphérique proche, un souterrain hanté par des figures de clochards ou autres exclus, dont pourrait faire partie le directeur de la maison d’édition en liquidation. Des travées de bois s’accumulent pour esquisser des bibliothèques de vieux manuscrits, à moins que ne se dessinent dans les mémoires et sur le plateau, les lits superposés des prisonniers des camps. Sur le bord de scène, un lit seul où repose B. (Fred Cacheux), vivant et puis mort.
L’éditeur plein d’étrangeté,  (Pascal Bongard),  doute et se pose la question de son existence, celle d’un homme de seconde main, qui se nourrissait jusqu’alors des paroles de son ami écrivain, vivant ainsi de la vie d’un plus fort que lui. Or, l’éditeur croit en l’écriture : « Le monde se compose de tessons qui s’éparpillent, c’est un obscur chaos incohérent que seule l’écriture peut maintenir… elle est la toile d’araignée invisible qui relie nos vies.» La toile faisait tenir debout l’écrivain B., né à Auschwitz, et Sara  dont la famille a été décimée. À la manière de Celan salué par Kertész, l’homme de lettres reste à la fois lucide face à « la grande misère du monde » et au « grand miracle de la vie »: la survie grâce à l’amour. La passion reste la valeur, quand bien même « sur cette terre, le destin de l’homme se résume à détruire toute tendresse, toute beauté, tout ce qui est plus faible et plus fragile que lui ».
L’éditeur défend l’écriture, et  Judit le sentiment. Quand bien même un monde de bourreaux se serait spécialisé dans l’art du meurtre, physique ou mental, il reste l’absolue beauté de l’art-les lettres-mais aussi l’amour, un sentiment qui ne se solde pas. Apuré déjà.
Un spectacle fascinant sur les raisons de vivre.

 

Véronique Hotte

 

 Théâtre national de Strasbourg jusqu’au 19 décembre T: 03 88 24 88 24

 

Tempête

Tempête par la compagnie Gérard-Gérard, mise en scène de Muriel Sapinho.

 

  IMG_1343C’est un « crash-test » d’un nouveau spectacle,  après plusieurs résidences de cette compagnie issue de l’Ecole du Théâtre National de  Chaillot, et installée à Rivesaltes, où elle a travaillé depuis un an sur ce projet de théâtre de rue à partir de La Tempête de Shakespeare. Elle a ensuit répété à Céret, au Bleymard et enfin à la Maison Unité d’Audincourt. Il reste encore du travail, mais cette ébauche est tout à fait prometteuse…
  Les comédiens nous présentent d’abord, disent-ils, tout ce que nous ne verrons pas: ils ricanent, en tenue BCBG, chaussent des lunettes pour présenter des pistes destinées à résorber la dette : « Donnez un avenir à votre futur ! (…) Audincourt, huitième  commune de Franche-Comté n’est pas condamnée à disparaître (…) Notre équipe a construit un projet audacieux, le premier projet public privé du monde, grâce auquel vous pourrez devenir actionnaires de votre clocher ». Ils s’emparent d’une grande carte de la ville, mettent à prix le collège, découpent l’hôpital, déchirent la ville en morceaux, en bourrent leurs poches, et la mangent!
  Après une danse façon Bollywood, il n’y a plus rien à valoriser, sauf un certain Thomas Müller choisi dans le public qu’on revêt d’un costume, et qui va être le premier homme coté en Bourse, il sera le « Che Guevara du capitalisme nouveau » !
Impossible de décrire ce spectacle encore fragile qui se cherche, mais il y a une scène finale très réussie sous la pluie qu’on peut voir, une fois levé le rideau de fer, qui ressemble au fameux Radeau de la Méduse : « Nous sommes tous nus, égaux dans les éléments qui se déchaînent. L’avenir se joue maintenant… »
Une vraie troupe, treize comédiens et techniciens  sous la direction de Muriel Sapinho.

Edith Rappoport

Studio des trois Oranges, Audincourt.

www.compagniegerardgerard.fr

 

 

Ylajali

Ylajali de Jon Fosse,mise en scène de Gabriel Dufay. 

Au fond du plateau, une grande toile peinte: un paysage lugubre dans la pénombre, et un réverbère sur le sol jonché de feuilles mortes. Un homme dépenaillé porte une couverture sur les bras-il vient de quitter son logis sinistre qu’il ne peut plus payer-et il aperçoit une forme émergeant de la poussière: un homme qui a faim et qui réclame de l’aide.
L’autre se précipite chez un prêteur à gages, échange son gilet contre de la monnaie qui permettra au mendiant de s’acheter un sandwich. Mais lui-même, qui n’a pas mangé depuis plusieurs jours, est
tenaillé par la faim, : « Je ne peux quand même pas juste errer dans les rues… ».
Une jeune fille passe, il la suit et lui rend son livre qu’elle a laissé tomber. Un vieux à lunettes n’arrive même plus à lire les gros titres du journal, mais il ne peut l’aider et continue à marcher. « Je dois trouver quelque chose à manger »…Il devient fou, tente de trouver de l’argent en mettant en gage ses lunettes, sa couverture, peine perdue !
La jeune fille revient, il esquisse des contacts amoureux, elle ne se dérobe pas, puis s’enfuit. Il voulait juste savoir son nom. Il l’appelle d’un doux nom, Ylajali, qu’il répète avec tendresse. Un vagabond lui vole ses chaussures, il marche, il marche, puis s’effondre.
Cette errance poétique rythmée par le piano rappelle les vers de Rainer Maria Rilke :  » Car les grandes villes Seigneur, son maudites/ La panique des incendies couve en leur sein »…La puissance de jeu des trois comédiens nous maintient en alerte, et il y a une étrange attente: on voudrait voir cet homme trouver une planche de salut,  autre que l’étreinte amoureuse volée à cette femme.
Mais le néant se referme sur lui. Étrangement, on ne sort pas désespéré de cette pièce inspirée par La Faim de Knut Hamsun dont nous admirons aussi  Le Cri, qui a inspiré à Munch son célèbre  tableau!

 
Edith Rappoport

Créé à l’Apostrophe de Cergy-Pontoise au cours de la saison dernière, Ylajali sera joué à la Cabane du Monfort du 3 au 14 décembre du mardi au samedi à 19 h tél 01 56 08 33 88;  les 30 et 31 janvier Espace Beaulieu à Poitiers, du 4 au 8 février à la Manufacture de Nancy,  et du 2 au 6 avril au Théâtre National de Toulouse.

Image de prévisualisation YouTube

123456

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...