Les Nuits

Les Nuits, chorégraphie d’Angelin Preljocaj.

Comment aborder un ballet fusillé par les critiques pour sa vulgarité à sa création et qui a enthousiasmé un vaste public, engouement confirmé le soir de cette première à Paris. Critiqué par son manque de singularité, et pour avoir caricaturé un récit très connu, le chorégraphe le dit: « Les nuits illustrent des impressions glanées à la lecture des Milles et une nuits». Ce spectacle ressemble à un divertissement érotique à la mode comme pourrait le concevoir Philippe Decouflé au Crazy Horse.
La musique de Natacha Atlas manque d’originalité, et nous plonge dans un orient caricatural. Les costumes d’Azzedine Alaia ne stimulent pas notre imaginaire, et nous sommes loin du travail de qualité d’un Issey Miyake q
Ballet-Preljocaj-Les-Nuits-JC-Carbonne_1771-2uand il collaborait avec William Forsythe. Ils n’apportent rien de plus aux chorégraphies, qui,  elles,  sont d’une remarquable précision et répondent à un véritable engagement physique des danseurs tout au long d’un spectacle d’une heure trente.
Angelin Preljocaj pourtant nous dit: «Les costumes vont donner de la sensualité au corps»! Mais, ici, la sensualité est visible, elle répond plus sûrement à la présence corporelle forte des artistes liée au travail d’ombres et de lumières. Le début, assez esthétique nous rappelle les photos de David Halmilton, avec des jeunes femmes ,torse nu, une serviette autour de la taille et dans les cheveux, qui se prélassent, se massent et se caressent dans les brumes d’un hammam.
Surgissent alors brutalement des hommes cagoulés ,tout de noir vêtus (qui pourraient être des extrémistes religieux) et qui  égorgent ces odalisques! Deux duos avec des danseuses asiatiques sont d’une grande beauté,  comme certaines chorégraphies  avec  toute la troupe. Mais trop de tableaux ont un goût de déjà vu: quand , seules, les jambes des  interprètes apparaissent derrière quatre tapis d’Orient suspendus, ou quand des couples miment l’acte amoureux avec des mouvements saccadés de robots. Toutes les variations fantasmées érotiques sont présentes, sur fond de bisexualité, homosexualité, sado-masochisme chic, etc …
Prejlocaj nous dit:  » La dimension politique à travers la figure de Shéhérazade, apparaît en posant la question de la place de la femme dans nos sociétés et pas seulement dans le monde musulman. Dans la France profonde, il y a un machisme rampant qui est terrifiant».  Mais ici, point de dénonciation! Mais une BD érotique en trois dimensions, une fantaisie légère qui se rapproche plus des revues de music-hall, que d’une chorégraphie qui cherche à avoir du sens.

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot jusqu’au 19 janvier.

Une journée avec Angelin Preljocaj le 11 janvier à ce même théâtre .

 

 


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