Sun, Hofesh Shechter

Sun, chorégraphie de Hofesh Shechter.

 

Ça promet d’être bruyant : en prévision, on distribue aux spectateurs des bouchons pour les oreilles. Et drôle, annonce Hofesh Shechter dans le programme. Il lance une vanne pour commencer, assurant, en voix off, que «no animals were armed» (aucun animal n’a subi de violence): en effet, un mouton grandeur nature en carton découpé apparaît, manipulé par un danseur. Puis deux, puis trois, puis le loup. Et quelqu’une dans la salle de hurler au loup.
Suit, dans un effroyable vacarme, une danse furieuse à la fois fluide et saccadée : quatorze interprètes en transe, une tribu affolée. Dans une atmosphère à la fois campagnarde (cornemuse) et urbaine (percussions hard métal) les danseurs déploient une énergie effrénée, sous la conduite rageuse de leur chef.
Chorégraphe et compositeur, Shechter combine musique et danse, et ce, depuis son premier spectacle en 2003, Fragments, dont il signe aussi la bande-son. Avant de s’installer à Londres, l’artiste israélien fut élève de l’Académie de danse et de musique de Jérusalem, puis membre de la Batsheva Dance Company de Tel-Aviv où il côtoie William Forsythe et Wim Vandekeybus.
Pianiste de formation, converti à vingt-deux ans aux percussions,  et batteur d’un groupe rock, il fait cohabiter le rythme et le geste. Et du rythme, il en insuffle à ses ouailles. «Au début, dit-il, j’apporte des idées, de la musique, des atmosphères. Je commence par créer des mouvements et je leur demande d’improviser dans l’énergie que je leur propose»,dit-il. Et de l’énergie, il en a à revendre, si bien que parfois ça sature, comme le son monté au maximum de décibels tolérés.
Même s’il ne fait pas dans la dentelle, le chorégraphe s’avère un roi de la rupture, impulsant à sa troupe des silences abrupts d’autant plus précieux que l’ensemble est sonore, de petits laps de suspens, un solo ou un duo par ci, un chœur des femmes par là, un jeu des corps avec les lumières, une vague moutonnantes de moutons en carton, une farandole et autres variations chorales.
Dans le bruit et la fureur de cette danse tellurique, le chorégraphe se démène comme un beau diable, et sorte de démiurge, il convoque ou disperse sa horde sauvage, et impose un style à une pièce qui semble décousue. Toutefois, ses interventions donnent une cohérence à un ensemble de tableaux qui restent … hétéroclites.

 

Mireille Davidovici

 

 Théâtre de la Ville, Place du Châtelet 75004 Paris ; T. 01 42 74 22 77 du 6 au 14 janvier; www.theatredelaville-paris.com et du 17-21 janvier, Maison de la Danse, 8 Avenue Jean Mermoz, 69008 Lyon, T. 04 72 78 18 18

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Archive pour 7 janvier, 2014

Sun, Hofesh Shechter

Sun, chorégraphie de Hofesh Shechter.

 

Ça promet d’être bruyant : en prévision, on distribue aux spectateurs des bouchons pour les oreilles. Et drôle, annonce Hofesh Shechter dans le programme. Il lance une vanne pour commencer, assurant, en voix off, que «no animals were armed» (aucun animal n’a subi de violence): en effet, un mouton grandeur nature en carton découpé apparaît, manipulé par un danseur. Puis deux, puis trois, puis le loup. Et quelqu’une dans la salle de hurler au loup.
Suit, dans un effroyable vacarme, une danse furieuse à la fois fluide et saccadée : quatorze interprètes en transe, une tribu affolée. Dans une atmosphère à la fois campagnarde (cornemuse) et urbaine (percussions hard métal) les danseurs déploient une énergie effrénée, sous la conduite rageuse de leur chef.
Chorégraphe et compositeur, Shechter combine musique et danse, et ce, depuis son premier spectacle en 2003, Fragments, dont il signe aussi la bande-son. Avant de s’installer à Londres, l’artiste israélien fut élève de l’Académie de danse et de musique de Jérusalem, puis membre de la Batsheva Dance Company de Tel-Aviv où il côtoie William Forsythe et Wim Vandekeybus.
Pianiste de formation, converti à vingt-deux ans aux percussions,  et batteur d’un groupe rock, il fait cohabiter le rythme et le geste. Et du rythme, il en insuffle à ses ouailles. «Au début, dit-il, j’apporte des idées, de la musique, des atmosphères. Je commence par créer des mouvements et je leur demande d’improviser dans l’énergie que je leur propose»,dit-il. Et de l’énergie, il en a à revendre, si bien que parfois ça sature, comme le son monté au maximum de décibels tolérés.
Même s’il ne fait pas dans la dentelle, le chorégraphe s’avère un roi de la rupture, impulsant à sa troupe des silences abrupts d’autant plus précieux que l’ensemble est sonore, de petits laps de suspens, un solo ou un duo par ci, un chœur des femmes par là, un jeu des corps avec les lumières, une vague moutonnantes de moutons en carton, une farandole et autres variations chorales.
Dans le bruit et la fureur de cette danse tellurique, le chorégraphe se démène comme un beau diable, et sorte de démiurge, il convoque ou disperse sa horde sauvage, et impose un style à une pièce qui semble décousue. Toutefois, ses interventions donnent une cohérence à un ensemble de tableaux qui restent … hétéroclites.

 

Mireille Davidovici

 

 Théâtre de la Ville, Place du Châtelet 75004 Paris ; T. 01 42 74 22 77 du 6 au 14 janvier; www.theatredelaville-paris.com et du 17-21 janvier, Maison de la Danse, 8 Avenue Jean Mermoz, 69008 Lyon, T. 04 72 78 18 18

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