Quatre heures à Chatila

 

796935_97565747791_357984_largeDe Quatre heures à Chatila, on garde le souvenir vivace de Clotilde Mollet mise en scène par Alain Milianti. Elle reprend les mots de Jean Genet, premier témoin européen avec  Leila Shahid en 1982, de  l’horreur ce massacre qui avait été perpétré au Liban dans un camp de réfugiés palestiniens.
Stéphane Olivié-Bisson, dont on avait pu apprécier le Caligula d’Albert Camus  à l’Athénée, a repris un travail esquissé à la fin des années 90 qui l’emmena, l’hiver dernier, de l’Institut du Monde Arabe, à Beyrouth, Amman et Jérusalem,  avec la mise en scène de ce texte  terrible, avec Carole Abboud, une actrice du Théâtre Monnot de Beyrouth, .
Le Théâtre Paul Éluard de Choisy-le-Roi l’a accueilli pour une soirée unique, en version française, surtitrée en arabe. À l’entrée, on distribue des tracts sur le blocus de Gaza privée d’essence, d’électricité et d’eau potable, où la centrale électrique a cessé de fonctionner… Dans la salle, où de nombreux jeunes d’origine maghrébine côtoyaient des élus de la ville, régnait un silence tendu.
Sur le plateau, un amoncellement de vêtements, de chaussures, et d’objets calcinés, couverts de poussière. La parole de Genet découvrant l’horreur absolue de ce massacre d’enfants, de femmes, de vieillards, d’hommes assassinés dans ce camp de réfugiés palestiniens, s’élève dans les sanglots de Carole Abboud. Terrifiée, elle fouille dans les décombres, en sort un vieil imperméable, et s’en revêt : « Les cadavres noirs et gonflés étaient tous palestiniens ou libanais. Le massacre de Chatila se fit-il dans un murmure ou un silence total ? Il m’a fallu aller à Chatila pour percevoir l’obscénité de l’amour et de la mort (…) On parlait hébreu à Chatila, aucun ne le dira… »
Carole Aboud erre dans les décombres, puis  se couche sur les restes qui jonchent le sol, en  poussant comme des hurlements silencieux ininterrompus.  Mais,malgré de beaux éclairages rasants, et l’investissement de l’actrice, très concentrée, l’émotion ne surgit pas tout à fait comme à la création, il y a plus de vingt ans…

 

Edith Rappoport

 Spectacle vu au Théâtre Paul Éluard de Choisy-le-Roi, le 17 janvier

 


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