Souls

Souls, création et chorégraphie d’Olivier Dubois, création musicale de François Caffenne.

 

souls  Six danseurs étendus sur le sable, comme des ombres, dont certains déjà à demi-enfouis, à l’arrivée des spectateurs. La mort, peut-être. Lent réveil et effleurement des corps qui s’enroulent au sol les uns aux autres, en duo, comme une résurrection décomposée, dans un temps arrêté. L’un charge l’autre sur son dos, cadavre-frère, et, s’ancrant au sol, se met à tourner lentement, à la manière des derviches.
Face au public et sans expression, comme des morts-vivants, ils accomplissent des gestes rituels, foulant imperturbablement le sol de manière répétitive, à la nuit tombée.  Puis ils se jettent des poignées de sable comme on s’éclabousse avec l’eau, en signe de purification,  eau qui a valeur de sacré. Ils s’affairent ensuite à disparaître, en construisant un muret  avec la terre des ancêtres, et en creusant une tranchée où  ils s’enterrent. Un seul d’entre eux reste debout, traçant des gestes symboliques autour de ces âmes mortes, qu’il tire, une à une, de terre.

Souls se compose d’un enchaînement de séquences où les six interprètes africains, originaires de différents pays, accomplissent des gestes chargés, rituels de passage et traversée du royaume des morts. Leur concentration est grande, ils puisent loin leur énergie vitale, ouvrant aux spectateurs la porte des cosmogonies. Tambours et rythmes de mort composent un paysage sonore qui contraste avec le silence et la lenteur du plateau .
C’est un livre des morts qu’écrit Olivier Dubois, nouveau directeur du Centre chorégraphique de Roubaix-Nord-Pas-de-Calais. Sommes-nous sur la rive occidentale du Nil que le chorégraphe affectionne, là où se couche le soleil, en Egypte où il vient de créer ce spectacle en décembre dernier ? Sommes-nous chez des morts sans sépulture, condamnés à errer, ou dans le culte de retournement des morts tel qu’on le pratique à Madagascar ?
Olivier Dubois a sélectionné ses interprètes, au Sénégal, à l’Ecole des Sables de Germaine Acogny en Algérie, au Maroc, en République démocratique du Congo et en Egypte, lors d’échanges avec Karima Mansour, directrice du centre chorégraphique créé il y a deux ans, au Caire.
Du solo qui le révèle, en 2006 : Pour tout l’or du monde, à Faune, créé en 2008 à partir de L’après-midi d’un faune de Nijinsky, suivi de Tragédie, en 2012, troisième volet d’une trilogie après Révolution et le solo Rouge, ses spectacles nous interpellent. Dans Souls, l’altérité passe par le choix des interprètes (Ahmed El Gendy, Djino Alolo Sabin, Hardo Ka, Jean-Paul Maurice-Noël Mehansio, Tshireletso Molambo et Youness Aboulakoul) mais aussi  par une méditation ouverte sur la destinée.

 Brigitte Rémer

 Spectacle v u le 17 janvier, au Tarmac à Paris. Prochaines représentations: le 11 mars au Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi et du 14 au 16 mars, au Cent Quatre, 75019. Paris.
contact@ccn-roubaix.com
 

 


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