Tauberbach

Tauberbach par les ballets C de la B conception et mise en scène d’Alain Platel. 

 

photoC’est la scénographie qui frappe d’emblée le  public de cette nouvelle création d’Alain Platel. Le grand plateau de la salle Jean Vilar est couvert de  fripes multicolores symbolisant une décharge publique. A jardin,  un amas plus important de tissus vient amortir la chute des danseurs,  quand ils se jettent d’une des deux potences mobiles manipulées par les artistes eux même à partir d’une console.
La chute ou la perdition est symbolique, que cela soit celle, mentale d’Elsie de Brauw, la comédienne qui incarne cette femme schizophrène perdue dans une décharge de Rio de Janeiro, (son histoire a donné lieu à un documentaire en 2004, Estamira réalisé par Marco Prado, dont s’est inspiré Alain Platel), ou que cela soit celle des deux danseuses et des trois danseurs dont les silhouettes se confondent au sol avec cet amas de tissus, donnant à voir ainsi la négation de leurs propres corps, qui caractérise habituellement le ressentis des sans-abris.
Le spectacle fait alterner le discours de cette femme parasitée par un automatisme mental que l’on entend en voix off, avec des chants, (Tauber Bach: Bach chanté par les sourds), qui induisent des chorégraphies de groupe. Cette alternance  est  parfois trop systématique et manque de rythme d’où la sensation de longueurs pour un spectacle qui dure au total… une heure trente.
La musique de Bach est sublime et l’engagement physique de chacun des artistes  total. Plus on travaille le corps plus l’âme de celui-ci peut se révéler, c’est ce que recherche Alain Platel; ancien orthopédagogue auprès d’enfants handicapés, il  aime nous montrer des êtres fracturés de la vie et mis à l’écart de la société.

  Et cette création dérange, au point que les spectateurs hésitent dans un premier temps à applaudir, quand, à la fin d’une séquence de vingt très belles minutes de danse pleine de folie, les six artistes se présentent face à eux et les questionnent du regard.

 Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot jusqu’au 1er février.

 

 

 


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