Vaterland/Le pays du père

Vaterland/Le pays du père, d’après le récit de Jean-Paul Wenzel, en collaboration avec Bernard Bloch, adaptation et mise en scène de Cécile Backès.

 

90b36206b8115ea140d0244dd152fbb5 Saint-Etienne, 1944 : par amour pour une jeune fille et pour la vie en France, le soldat allemand Wilhelm Klutz échange ses papiers d’identité avec ceux de Louis Duteil, copain de beuverie tué au cours d’une bagarre. Sous son nom, il épouse Odette et devient père du petit Jean. Une famille parfaite, mais… Henri Duteil, revenu de captivité, part à la recherche de son frère, découvre l’usurpation et poursuit Wilhelm Klutz jusqu’en Allemagne. Premier suspense. Le second suspense commence en 1882 : Jean saisit l’occasion d’une tournée en Allemagne avec son groupe de rock pour partir, armé des lettres d’Henri, en quête de son géniteur.
En 1984, aux rencontres de Hérisson, Jean-Paul Wenzel et Bernard Bloch, avec une vraie troupe, avaient créé une histoire collective transfrontalière.
Cécile Backès, en resserrant la focale sur l’histoire intime n’efface pas cette dimension, mais la fait reculer en arrière-fond. La France de l’après guerre, l’Allemagne en ruines et occupée à son tour, sont présentes, à hauteur d’homme, dans le quotidien difficile, les trains interminables… Les quatre récits, de Klutz, d’Odette, d’Henri, de Jean, se complètent se croisent, se rencontrent, s’évitent.

Chacun nous tient en haleine, sans préférence pour l’un ou pour l’autre, ou avec l’envie de les préférer tous les quatre. Ce dont on peut remercier les comédiens, comme, de leurs apparitions collatérales.
La scénographie, très réussie, s’empare de l’idée de «road-movie », avec une succession d’écrans de cinéma emboîtés dans la profondeur du plateau, et débordés (côté cour et côté jardin) par leurs hors-champ à vue. Les projections vidéo n’illustrent pas les voyages de Klutz, d’Henri, de Jean, mais le mouvement, la quête, presque la boiterie de l’insatisfaction, en images brumeuses, rêveuses. Sur fond d’une Allemagne qui pourrait être nulle part, le rock très doux de Jean n’est pas non plus illustratif, il fait partie du mouvement, de la tournée.
C’est la limite de ce spectacle: il a quelque chose de trop doux, et il nous manque juste une ou deux taches d’encre bien noire sur l’écran, une petite déchirure, pour que ce spectacle d’une très grande qualité, qui emmène bien le public, prenne toute sa hauteur…

 

Christine Friedel


Théâtre de l’Aquarium, 01 43 74 99 61, jusqu’au 16 mars.

 

Le texte est publié aux Éditions Théâtre Ouvert, collection Enjeux.

 


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