La Femme-Oiseau

La Femme-Oiseau, adaptation de Joël Jouanneau et mise en scène d’Alain Batis.

La-femme-Oiseau-Photo-Laurencine-Lot Dernière création d’Alain Batis «La Femme Oiseau», adaptation de la légende japonaise de la femme grue. Très connu au Japon, ce texte, lui même né d’une vieille fable chinoise met en scène Yohei qui, par un matin de neige soigne une grue à  l’aile blessée. Dans la soirée une mystérieuse jeune femme, frêle et grelottante frappe à sa porte, lui demandant l’hospitalité et propose même de devenir sa femme et de tenir la maison. Pour subvenir à leurs besoins, la  femme tisse une étoffe somptueuse qui attise les convoitises. Elle ne demande qu’une seule chose à Yohei : ne jamais la regarder lorsqu’elle tisse. Elle passe trois jours et trois nuits à tisser sans discontinuer et elle en ressort  à bout de forces, à peine vivante. Dans un dernier effort elle tisse et impose un dernier défi à Yohei en lui  demandant d’aller vendre l’étoffe dans la lointaine et grande ville. Le titre de la pièce ne laisse que peu de mystère quand à la découverte finale …
Sur le plateau ils sont cinq, comédiens, musiciens, chanteurs, manipulateurs de marionnettes, ils font un peu tout, on peine parfois à les reconnaître  et  c’est un joyeux bazar organisé. L’économie de production du spectacle jeune public  a plutôt tendance à nous proposer des spectacles jeunes public avec une distribution des plus réduites. Ici un plancher clair, un fond opaque propice au théâtre d’ombre, quelques arbres et d’une cloison amovible représentant la maison de Yohei. Quand tout ça est en lumière c’est très réussi: la forêt est particulièrement profonde. Les grands panneaux transparents sont peut être un peu de trop:
manipulation délicate et utilité douteuse.
Il y a une belle unité dans ce plateau, quelque chose d’ artisanal, d’un peu « papier mâché » qui colle bien avec l’univers de l’enfance et de tout ce que les enfants construisent de leurs mains pour se raconter des histoires. La superbe marionnette de la grue est l’œuvre  de Camille Trouvé, qui, avec sa compagnie les Anges au Plafond  a récemment incarné Camille Claudel. On  trouve aussi une critique virulente du capitalisme qui nous sort un peu de notre rêverie  Les comédiens sont justes; mention spéciale à la comédienne  du rôle titre qui insuffle toute la légèreté, le tremblement, bref la chorégraphie nécessaire à cette femme-grue. Malgré quelques  noirs un peu trop longs entre les séquences, peu à peu on entre bien dans cette histoire dont on sent que la fin sera tragique. La musique se partage entre bande sonore et interprétation sur le plateau avec harpe, piano, flûte, et  très présente, parfois peut être un peu trop pour  ne pas perdre l’attention des enfants . Le chant lyrique  surprend les enfants mais il est relativement bien intégré et pas trop récurent.
C’est une proposition pour la jeunesse, intelligente, avec une réécriture juste et une belle mise en scène  d’Alain Batis, on y retrouve le talent d’un Joël Jouanneau qui sait mieux que personne s’adresser aux enfants.

Julien Barsan

Théâtre Dunois jusqu’au 16 mars, puis du 18 au 20 mars à l’espace Georges Simenon de Rosny-sous-Bois,  et Théâtre Antoine Vitez d’Ivry du 27 au 29 mars.

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