L’ile des esclaves

L’ile des esclaves de Marivaux, mise en scène de Benjamin Jungers

 

1c0b7eacc435373a1de07d13ff22b69eCette comédie en un acte de Marivaux «Une bergerie révolutionnaire de 1792 », selon Sainte-Beuve, apparaît aujourd’hui comme pré-révolutionnaire, alors qu’elle date de 1725.
Son format explique peut-être le fait qu’elle ait été peu montée, à moins que ce ne soit sa radicalité. Mais elle figure au programme du baccalauréat, et en voici plusieurs mises en scène.
Marivaux propose ni plus ni moins que, sur l’île où Hiphicrate et Euphrosine ont échoué, accompagnés de leur esclave respectif, Arlequin et Cléanthis, les esclaves deviennent maîtres et vice et versa, afin que les maîtres fassent l’expérience et se corrigent de leur « barbarie  ».
S’ensuit comme toujours chez Marivaux, un chassé croisé d’identités, de jeux et de troubles amoureux . Mais le propos de la pièce sous sa légèreté apparente, est profondément moral.
Pour sa mise en scène, Benjamin Jungers a choisi la simplicité, ce qui permet de bien entendre la pièce. Sur le petit plateau du studio de la Comédie-Française, il était difficile de faire figurer la mer. De grands rideaux blancs rappellent astucieusement les voiles d’un navire ; ils clôturent l’aire de jeu et ouvrent sur des espaces ombreux. Nàzim Boudjhena interprète, avec la rigueur qui s’impose Trivelin, le gouverneur des lieux qui fixe aux protagonistes les règles du jeu.
Arlequin, que Marivaux a voulu facétieux, est un amoureux bien terne quand il fait sa cour à Euphrosine. Il faut dire que le personnage n’est pas à la hauteur de sa dulcinée. Catherine Sauval, en Euphrosine, est plus convaincante dans son désarroi de maîtresse déchue, que ne l’est sa servante (Jennifer Decker) dans son impertinence vengeresse.  Son jeu, nerveux et rigide,  prête en effet peu au rire, même lors du portrait hilarant qu’elle brosse de sa maîtresse.
La vigueur de Marivaux est bien  là, et  sa langue brillante et efficace, ses facéties et son impertinence aussi. Même si le spectacle hésite souvent entre la comédie et la satire morale, il mérite le détour, surtout pour ceux qui ne connaissent pas la pièce ou qui préparent leur bac.

 

Mireille Davidovici

 

6 mars – 13 avril – 18 h 30

Studio-Théâtre de la Comédie-Française – 99 rue de Rivoli (Carrousel du Louvre)

– T. 01 44 58 98 58 www.comedie-francaise.fr

 


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