Variations sur Hiroshima mon amour

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Variations sur Hiroshima mon amour* d
e Marguerite Duras, mise en scène de Patrice Douchet.

 

« Nous sommes dans l’été 1957, en août, à Hiroshima, où une jeune française, d’une trentaine d’années est venue pour jouer dans un film sur la paix… C’est la veille de son retour que cette Française – cette femme anonyme – rencontrera un Japonais et qu’ils auront ensemble une histoire d’amour… Hiroshima sera le terrain commun (le seul au monde peut-être ?) où les données universelles de l’érotisme, de l’amour et du malheur, apparaîtront sous une lumière implacable. » Marguerite Duras résume  ainsi le scénario d’Hiroshima mon amour qui créa l’événement du festival de Cannes 1959.
Par la suite, Duras publiera le scénario destiné à Alain Resnais, en y superposant commentaires et descriptions des images du film. Un texte palimpseste, interprété dans son intégralité dans ces Variations sur Hiroshima mon amour
Seule en scène, Dominique Journet-Ramel donne corps et voix aux protagonistes du film dont quelques séquences surgissent au ralenti. Elle joue tantôt les deux personnages, tantôt dialogue avec une bande sonore, ou lit le texte de façon neutre, les images prenant alors des allures de didascalies. Ces différents modes d’interprétation produisent un effet de montage renvoyant non seulement à la mémoire du film mais aussi à la trace qu’en gardent certains spectateurs ou encore à l’histoire de cette mise en scène.
Patrice Douchet, directeur du Théâtre de la Tête Noire, fréquente Duras depuis plus de quinze ans et revient ici sur une réalisation antérieure de 1998. Il fait de son côté un travail de mémoire, mêlant les voix enregistrées des acteurs de la première version avec Marie Landais, Gilles Dao et Dominique Journet-Ramel),  à celle bien vivante de l’actrice en scène. La mise en scène manie avec délicatesse le contraste entre ces sons d’un autre âge et le jeu parfois distancié, parfois ému de la comédienne. Cette mise en abîme peut sembler parfois trop systématique, cassant l’émotion du texte, et morcelant par trop le rythme.
Mais n’est-ce pas là le sujet même d’Hiroshima mon amour où, au présent absolu de l’histoire d’amour japonaise, se superposent, sur fonds de ruines et de mort, les souvenirs de Nevers en France ?
Au cours du spectacle, et c’est sa vertu, reviennent des images du film, d’autres images de guerre ou d’amour. Reviennent aussi d’autres voix : celle d’Emmanuelle Riva ou celle d’actrices dans des  films de Marguerite Duras, celle surtout de La Dame de Trouville, si présente dans son écriture.

 

Mireille Davidovici

 

 

Théâtre du Lucernaire 53 rue Notre-Dame des Champs 75006 jusqu’au 26 avril à 18 h 30

T. : 01 45 44 57 34 ; www.lucernaire.fr

Hiroshima mon amour est publié aux éditions Gallimard.

 


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