Un barrage contre le Pacifique

Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, mise en scène de Juliette de Charnacé

 

pacifiqueCent ans après sa naissance au Viêt Nam, Marguerite Duras reste plus que jamais vivante sur les scènes françaises. Après Didier Bezace qui présente trois de ses pièces au Théâtre de l’Atelier (voir Le Théâtre du Blog) et  il y a deux ans, le bel Eden Cinéma, (voir aussi Le Théâtre du Blog) monté par Jeanne Champagne,  Barrage contre le Pacifique nous plonge dans son enfance sauvage et passionnée, auprès d’une mère devenue veuve  qui se lança dans de folles aventures pour repousser l’océan.
À quinze ans, Suzanne grandit dans un amour  pour son jeune frère Joseph qui lui permet de tenir face aux extravagances de « la mère » qui, dès sa retraite, vend à trois reprises tout ce qu’elle a réussi à économiser en jouant du piano à l’Eden Cinéma pour compléter son salaire d’institutrice. La mère s’obstine a à faire cultiver une immense étendue régulièrement envahie par l’océan Pacifique, et les enfants se réfugient dans leurs rêves.
Pour tenir financièrement, il y a une issue: elle envisage le mariage de Suzanne avec le riche Monsieur Jo, propriétaire d’un splendide voiture, une Morris Léon Bollée, amoureux fou mais pas jusqu’au mariage. Malgré le don de trois diamants que la mère cherchera vainement à vendre à Saïgon, le barrage ne sera jamais édifié. Épuisée, elle finit par mourir sous la garde de sa fille, Joseph , lui,  est parti pour des amours lointaines.
Le décor de Goury, un grand bastingage de bateau ouvert sur l’horizon, entourant un espace de bidonville où se réfugie la famille, et les lumières  subtiles  de Rémy Nicolas offrent un cadre réussi à ce drame familial. Mais les acteurs s’enlisent dans une mise en scène maniérée, Suzanne se tortille dans des danses sans intérêt, la mère avec sa longue natte blonde et ses oripeaux  est quasiment absente et Jo, le petit frère visiblement plus vieux que son aînée; quant à Monsieur Jo, l’amant refusé,  il manque singulièrement de charisme. Munkhtur, le caporal  au service de la famille, manipule les accessoires silencieusement. Nous restons néanmoins attentifs devant cette incroyable épopée lyrique éclairée par la musique de  Ghedalia Tazartès.
Premier grand succès en librairie publié en 1950, Barrage contre le Pacifique avait manqué de peu le prix Goncourt, mais cette chronique noire de son enfance souvent portée à la scène et au cinéma, rayonne de légèreté et d’humour.

 Edith Rappoport

Théâtre de l’Athénée jusqu’au 22 mars, mardi à 19 h, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20 h, dimanche 16 mars à 16 h.

 

 

 


Archive pour 11 mars, 2014

Un barrage contre le Pacifique

Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, mise en scène de Juliette de Charnacé

 

pacifiqueCent ans après sa naissance au Viêt Nam, Marguerite Duras reste plus que jamais vivante sur les scènes françaises. Après Didier Bezace qui présente trois de ses pièces au Théâtre de l’Atelier (voir Le Théâtre du Blog) et  il y a deux ans, le bel Eden Cinéma, (voir aussi Le Théâtre du Blog) monté par Jeanne Champagne,  Barrage contre le Pacifique nous plonge dans son enfance sauvage et passionnée, auprès d’une mère devenue veuve  qui se lança dans de folles aventures pour repousser l’océan.
À quinze ans, Suzanne grandit dans un amour  pour son jeune frère Joseph qui lui permet de tenir face aux extravagances de « la mère » qui, dès sa retraite, vend à trois reprises tout ce qu’elle a réussi à économiser en jouant du piano à l’Eden Cinéma pour compléter son salaire d’institutrice. La mère s’obstine a à faire cultiver une immense étendue régulièrement envahie par l’océan Pacifique, et les enfants se réfugient dans leurs rêves.
Pour tenir financièrement, il y a une issue: elle envisage le mariage de Suzanne avec le riche Monsieur Jo, propriétaire d’un splendide voiture, une Morris Léon Bollée, amoureux fou mais pas jusqu’au mariage. Malgré le don de trois diamants que la mère cherchera vainement à vendre à Saïgon, le barrage ne sera jamais édifié. Épuisée, elle finit par mourir sous la garde de sa fille, Joseph , lui,  est parti pour des amours lointaines.
Le décor de Goury, un grand bastingage de bateau ouvert sur l’horizon, entourant un espace de bidonville où se réfugie la famille, et les lumières  subtiles  de Rémy Nicolas offrent un cadre réussi à ce drame familial. Mais les acteurs s’enlisent dans une mise en scène maniérée, Suzanne se tortille dans des danses sans intérêt, la mère avec sa longue natte blonde et ses oripeaux  est quasiment absente et Jo, le petit frère visiblement plus vieux que son aînée; quant à Monsieur Jo, l’amant refusé,  il manque singulièrement de charisme. Munkhtur, le caporal  au service de la famille, manipule les accessoires silencieusement. Nous restons néanmoins attentifs devant cette incroyable épopée lyrique éclairée par la musique de  Ghedalia Tazartès.
Premier grand succès en librairie publié en 1950, Barrage contre le Pacifique avait manqué de peu le prix Goncourt, mais cette chronique noire de son enfance souvent portée à la scène et au cinéma, rayonne de légèreté et d’humour.

 Edith Rappoport

Théâtre de l’Athénée jusqu’au 22 mars, mardi à 19 h, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20 h, dimanche 16 mars à 16 h.

 

 

 

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