Nous n’irons pas ce soir au Paradis

Nous n’irons pas  ce soir au Paradis d’après Dante, mise en scène de Serge Maggiani.

danteAprès La Vita nuova consacrée à la fameuse Béatrice qui vient de mourir à vingt quatre ans en 1290, Dante Alighieri écrit sa  non moins fameuse Divine Comédie. A une époque où la guerre civile entre le parti blanc et le parti noir  faisait rage à Florence que Dante devra quitter à jamais, en 1300 abandonnant femme et enfants, et sa ville tant aimée. Exilé pendant vingt ans, soit quatre de plus que Brecht, le temps d’écrire son chef-d’œuvre, avant de mourir.
  Serge Maggiani reprend ce spectacle qu’il avait créé avec l’aide Valérie Dréville. Il s’agit plus précisément d’extraits des chants I et V du dernier livre L’Enfer, sans doute le plus beau et moins hermétique parmi les autres, et qui est celui qui nous parle encore le plus facilement. Mais pour les deux premiers livres, s’il n’y avait les notes en bas de pages, c’est quelque 80 % du texte qui nous échapperait.
  Mais quand Maggiani s’en empare  seul sur le plateau avec parfois un micro sur pied devant un rideau qui cache le décor de, comme il le dit finement, de la Comédie humaine avec Le Faiseur de Balzac qu’il interprète deux heures plus tard sur cette même scène, le miracle se produit.
Et comme avec une clé secrète, l’ai de ne pas y toucher il sait rendre les choses  claires, c’est avec une sorte de discrète et des plus vivantes  explications de texte, comme une véritable résurrection.
Il sait rester au plus près de cet Enfer qu’il admire,  et nous entraîner dans sa passion. Avec à la fois beaucoup
d’humilité et un grand savoir-faire, et quand il lit des moments du texte en italien de sa belle voix chaleureuse, on craque complètement.
  Maggiani, on le connaît depuis le mémorable Soulier de satin monté par Vitez, et on l’a vu bien souvent ensuite, en particulier , tout fait remarquable dans  un  solo consacré à A la Recherche du temps perdu de  Proust qu’il avait présenté dans le Studio à Chaillot, puis dans le Rhinocéros, mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Motta. Mais il est ici exceptionnel. Ne ratez pas cette reprise, il nous donne à entendre la poésie de Dante avec une intelligence et un sensibilité exceptionnelle.

Philippe du Vignal

Théâtre des Abbesses à Paris, à partir du 26 février.


Archive pour 19 mars, 2014

Nous n’irons pas ce soir au Paradis

Nous n’irons pas  ce soir au Paradis d’après Dante, mise en scène de Serge Maggiani.

danteAprès La Vita nuova consacrée à la fameuse Béatrice qui vient de mourir à vingt quatre ans en 1290, Dante Alighieri écrit sa  non moins fameuse Divine Comédie. A une époque où la guerre civile entre le parti blanc et le parti noir  faisait rage à Florence que Dante devra quitter à jamais, en 1300 abandonnant femme et enfants, et sa ville tant aimée. Exilé pendant vingt ans, soit quatre de plus que Brecht, le temps d’écrire son chef-d’œuvre, avant de mourir.
  Serge Maggiani reprend ce spectacle qu’il avait créé avec l’aide Valérie Dréville. Il s’agit plus précisément d’extraits des chants I et V du dernier livre L’Enfer, sans doute le plus beau et moins hermétique parmi les autres, et qui est celui qui nous parle encore le plus facilement. Mais pour les deux premiers livres, s’il n’y avait les notes en bas de pages, c’est quelque 80 % du texte qui nous échapperait.
  Mais quand Maggiani s’en empare  seul sur le plateau avec parfois un micro sur pied devant un rideau qui cache le décor de, comme il le dit finement, de la Comédie humaine avec Le Faiseur de Balzac qu’il interprète deux heures plus tard sur cette même scène, le miracle se produit.
Et comme avec une clé secrète, l’ai de ne pas y toucher il sait rendre les choses  claires, c’est avec une sorte de discrète et des plus vivantes  explications de texte, comme une véritable résurrection.
Il sait rester au plus près de cet Enfer qu’il admire,  et nous entraîner dans sa passion. Avec à la fois beaucoup
d’humilité et un grand savoir-faire, et quand il lit des moments du texte en italien de sa belle voix chaleureuse, on craque complètement.
  Maggiani, on le connaît depuis le mémorable Soulier de satin monté par Vitez, et on l’a vu bien souvent ensuite, en particulier , tout fait remarquable dans  un  solo consacré à A la Recherche du temps perdu de  Proust qu’il avait présenté dans le Studio à Chaillot, puis dans le Rhinocéros, mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Motta. Mais il est ici exceptionnel. Ne ratez pas cette reprise, il nous donne à entendre la poésie de Dante avec une intelligence et un sensibilité exceptionnelle.

Philippe du Vignal

Théâtre des Abbesses à Paris, à partir du 26 février.

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