À la Périphérie

À la Périphérie, texte de Sedef Ecer, mise en scène de Thomas Bellorini.

280_1314AlaPeripherieBenoitFantonCela se passe dans un bidonville de Turquie où cette auteure  veut nous emmener. C’est une sorte de conte contemporain, celui de Diclha et Bilo, qui ont quitté la campagne où ils n’arrivaient pas à vivre pour arriver dans un des bidonvilles situés à la périphérie d’une grande ville, où il ont aussi le plus grand mal à vivre.
Installés sur la colline des anges et des djinns, près de la décharge, et de l’usine Stop Herbe, qui arrose généreusement tout le monde de ses déchets et vapeurs toxiques… Où lui a succédé une usine de sablage de jeans destinés à l’exportation. et terriblement dangereuse pour les poumons. Mais où tout le monde travaille en désespoir de cause…
Vingt ans plus tard, leurs enfants rêvent de partir pour l’étranger vers une autre misère sans doute, au-delà d’un autre périphérique, un… tout petit moins misérable (le pire n’est pas toujours sûr!). La jeune fille pourra rejoindre son amoureux, grâce aux bons soins d’une animatrice qui réalise les rêves des pauvres, la marque de casseroles dont elle fait la promotion sur une chaîne de télé commerciale  finançant les opérations. Ils rêvent tous les deux d’un avenir meilleur et à deux. Bref, c’est toujours la même misère qu’ils subissent, et les mêmes espoirs qui les font tenir.
C’est joué par de jeunes comédiens et chanteurs autour de Sedef Ecer, qui joue l’animatrice de télévision: Anahita Gohari, Lou de Laâge, Adrien Noblet, Christian Pascale, Céline Ottria, Zsuzsanna Vàrkonyi. Il y a de belles lumières signées par Jean Bellorini, (un Bellorini peut en cacher un autre: c’est Thomas qui assuré la mise en scène et la musique avec Zsuzsanna Vàrkonyi et Céline Ottria à la guitare.)
“P
uisque la musique rend l’émotion universelle et permet de dépasser les frontières, je souhaite, dit-il, qu’elle prenne le relais quand les mots ne suffisent plus.“ Effectivement le chant et la musique occupent une place importante et heureusement! Thomas Bellorini a bien dirigé ses comédiens qui sont tous crédibles, notamment Lou de Laâge,  tout à fait remarquable dans le rôle de la jeune fille.
Mais gros point noir: la dramaturgie, avec un coup de théâtre gros comme une maison: le cadeau par l’animatrice de télé d’un voyage à Paris pour la jeune amoureuse, et  les dialogues imaginés par Sedef Ecer, sont d’une pauvreté affligeante et ne dépassent pas ceux de
Plus belle la vie. Quant à la scénographie, signée aussi Thomas Bellorini censée représenter de façon réaliste, un bidonville, avec des tonneaux métalliques et des tôles ondulées vite noircies, elle est bien conventionnelle.
Restent le jeu et l’énergie des jeunes comédiens mais cela ne suffit quand même pas à faire un spectacle réussi… Alors à voir?  A la  grande rigueur, et si vous êtez vraiment indulgent…

Philippe du Vignal

Théâtre de Suresnes jusqu’au jeudi 27 mars à 21h.

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